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Croissance économique et qualité institutionnelle : Quels enseignements pour l’économie marocaine ?

 
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• Type de document : Etude
• Nombre de pages : 23
• Format : .Pdf
• Taille du fichier : 177.77 KB
Extraits et sommaire de ce document
L’architecture de l’économie mondiale a fait l’objet, au cours des dernières décennies, de profondes mutations produisant une hétérogénéité des trajectoires en termes de rythme de croissance et de dynamique de développement. Les études économiques qui se sont penchées sur cette problématique ont révélé que la qualité institutionnelle a un rôle indéniable dans le développement économique, dans la mesure où les normes de conduite explicites et implicites d’un pays conditionnent sa performance économique. Ainsi, l’amorçage d’un processus rapide de rattrapage économique requiert la mise en place d’une armature institutionnelle qui prend en considération les règles du jeu d’une société et les normes de conduites explicites et implicites au regard de la capacité d’encourager un comportement économique souhaitable.
La présente étude s’inscrit dans le même schéma d’analyse et s’essaye de mettre en évidence la prédominance de la qualité institutionnelle dans l’explication de la performance économique. L’analyse s’est basée sur l’exploitation d’un ensemble de base de données, à savoir les données de l’« Institutionnal Profil DataBase 2012 » du Centre d'Études Prospectives et d'Informations Internationales « CEPII », de la Banque Mondiale et de la CNUCED.
Pour déterminer les variables institutionnelles qui expliquent le niveau de développement, une analyse en composante principale (ACP)1 a été effectuée. Les principaux résultats dégagés sont comme suit : Les variables les plus significatives, issues des deux principaux axes factoriels, sont celles relatives au degré d’application des règles formelles, à la transparence et à l’essor du secteur privé ; Une forte corrélation à court terme entre la bonne gouvernance et le niveau de revenu ; La bonne gouvernance n’est pas le seul facteur expliquant les performances économiques : certains pays en développement réalisent des taux de croissance très élevés, mais ne répondent que partiellement aux critères de bonne gouvernance, en lien notamment avec la prépondérance des richesses naturelles.
Une analyse factorielle discriminante (AFD)2 a été, également, effectuée pour déterminer les aspects institutionnels qui discriminent les pays selon leur niveau de développement. Dans ce sens, trois groupes de pays ont été retenus, soit les pays à faible revenu, ceux à revenu moyen et ceux à revenu élevé. Les principaux résultats qui s’en découlent sont :
- Les variables qui discriminent le plus le niveau de revenu sont celles qui tendent vers une meilleure formalisation des règles. Il s’agit de la formalisation du marché de travail, le soutien public à l’innovation, la gestion des conflits intérieurs, le bon fonctionnement des institutions politiques et la solidarité institutionnelle (solidarité entre les segments de la société, répartition équitable des richesses et renforcement de la cohésion sociale).
- Les pays qui réalisent une performance économique soutenue ont tendance à converger à long terme vers le groupe des pays développés, ayant un niveau institutionnel élevé.
Pour appuyer ce dernier constat, un classement des pays en fonction de leurs niveaux de convergence a été effectué. Ces derniers ont été approchés par les écarts de croissance du PIB par habitant en PPA, calculés sur la période 2000-2012, comparativement à la moyenne d’un échantillon de 24 pays développés à haut revenu.
Il en ressort que le processus de décollage économique est amorcé par les pays réalisant des niveaux de croissance importants, entre autre ceux dotés de ressources naturelles importantes et ceux qui ont réalisé des avancées institutionnelles notables, tels que les PECO ayant tiré profit de leur insertion à l’Union Européenne. Par ailleurs, le processus de rattrapage est réussi par les pays qui ont accompli des avancées institutionnelles importantes et qui tendent vers une certaine maturité économique.
Conscient du fait que l’existence d’institutions de qualité est d’une importance primordiale pour un réel décollage économique, le Maroc a multiplié ses efforts en vue d’emprunter le chemin des pays qui ont atteint une maturité institutionnelle. La panoplie de réformes mises en place a accordé une importance particulière au renforcement des institutions d’un Etat moderne dans le respect des principes de la bonne gouvernance.
Ce constat est confirmé par les résultats de l’analyse qui ont montré que le Maroc est caractérisé par un niveau institutionnel intermédiaire. Il est mieux positionné, en termes de bonne gouvernance, comparativement aux autres pays de la région MENA, à la Turquie, à la Roumanie, ainsi qu’à certains pays asiatiques comme la Chine. Par ailleurs, il est devancé par le Brésil, la Corée du Sud, la Thaïlande et les pays développés de l’OCDE. En outre, la position du Royaume tend vers celle des pays garantissant la liberté de l’information, la liberté de création de nouvelles organisations et le bon fonctionnement de la mobilité sociale et la cohésion sociale. Il est du même niveau que le Brésil et la Roumanie et devance les pays du MENA.
Néanmoins, sa vitesse de convergence demeure relativement lente. La transition du Royaume vers le groupe de pays émergents et développés reste tributaire du développement de certaines variables institutionnelles clés, qui tendent vers une formalisation accrue des règles, à savoir, la formalisation du marché de travail, le soutien public à l’innovation, la gestion des conflits intérieurs, le bon fonctionnement des institutions politiques et la solidarité institutionnelle.
[…]
La présente étude a fait ressortir la prédominance de la qualité institutionnelle dans l’explication du niveau de revenu des pays moyennant l’exploitation de la base de données « Institutionnal Profil Data Base 2012 » du Centre d'Études Prospectives et d'Informations Internationales « CEPII », et celle de la Banque Mondiale et de la CNUCED.
Il ressort de cette étude que le degré d’application des règles formelles, la transparence et l’essor du secteur privé sont fortement liés au niveau de développement des pays. Dès lors, les écarts de niveau de revenu constatés au niveau mondial doivent être expliqués non seulement par l’accumulation quantitative des facteurs de production, mais également par la qualité des institutions. Toutefois, il a été constaté que les réformes de bonne gouvernance ne constituent pas le principal déterminant de la vitesse de croissance, comme ils ne produisent pas de manière mécanique les régimes de croissance de long terme.
En zoomant sur le Maroc, il a été noté que le pays est caractérisé par un niveau institutionnel intermédiaire. Il est mieux positionné, en termes de bonne gouvernance, comparativement aux autres pays de la région MENA, à la Turquie, à la Roumanie, ainsi qu’aux certains pays asiatiques comme la Chine. Par ailleurs, il est devancé par le Brésil, la Corée du Sud, la Thaïlande et les pays développés de l’OCDE. En outre, la position du Royaume tend vers celle des pays assurant les libertés de l’information et de création de nouvelles organisations où l’intervention étatique est de plus en plus faible. Il est du même niveau que le Brésil et la Roumanie et devance les pays du MENA, également sur ce volet.
Le Royaume a réussi son décollage économique comparativement à d’autres pays comparables, grâce aux efforts déployés pour la promotion de sa stabilité macroéconomique et à la mise en place des réformes structurelles et institutionnelles nécessaires. Néanmoins, sa vitesse de convergence demeure relativement lente. La transition du Royaume vers le groupe de pays émergents et développés reste tributaire du développement de certaines variables institutionnelles clés, qui tendent vers une formalisation accrue des règles, à savoir, la formalisation du marché de travail, le soutien public à l’innovation, la gestion des conflits intérieurs, le bon fonctionnement des institutions politiques et la solidarité institutionnelle.
“A la différence de nombreux pays de la région MENA, une opportunité existe au Maroc. Elle consiste à renforcer le capital institutionnel et la gouvernance économique du pays et à créer les conditions d’une société ouverte pour une économie plus prospère, inclusive et résiliente”… “En renforçant significativement son capital humain et institutionnel, le Maroc pourrait réaliser d’importants gains de productivité et accélérer son rattrapage économique par rapport aux pays les plus avancés”. D’après le Directeur du département Maghreb du groupe de la Banque mondiale, Simon GRAY.

1. La prédominance du rôle des institutions dans la croissance économique
2. Analyse des indicateurs de gouvernance
3. Forte corrélation entre bonne gouvernance et niveau de développement
4. Décollage économique réussi du Maroc en dépit de la lenteur de sa vitesse de convergence
5. Les indicateurs de bonne gouvernance nécessaires au rattrapage économique du Maroc
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