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Quelles leçons peut-on tirer de la stratégie d'émergence de l'économie turque ?
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Extraits et sommaire de ce document
Le terme d’« économie de marché émergente » (EME), introduit en 1981 par A. V. Agtmael de la Société financière internationale (SFI) de la Banque mondiale, est né avec le développement des marchés boursiers dans les pays en développement. Mais sa définition comme étant une économie ayant un revenu par habitant moyen, reste floue. En effet, le point commun entre ces pays émergents de tailles très différentes est leur volonté de développement et de réformes, avec un taux de croissance rapide à la clé. Ainsi, la Chine et la Tunisie pourraient être classées dans la même catégorie, puisque les deux pays ont adopté la même stratégie de réformes, de développement et d’ouverture envers le reste du monde. En règle générale, les « économies émergentes » sont considérées comme des économies de transition, engagées dans un processus de transformation profonde. Leur performance économique se conjugue, théoriquement, avec la naissance d’un marché financier plus transparent et plus efficace et un taux de change stable . Ces mesures renforcent la confiance des investisseurs étrangers potentiels et diminuent le désir de fuite des investisseurs locaux. Ces pays émergents se caractérisent donc par leur intégration rapide à l’économie mondiale, d’un point de vue aussi bien commercial (exportations importantes) que financier (ouverture des marchés financiers aux capitaux extérieurs). Ils reçoivent aussi, très probablement, l’aide et les conseils de grands pays donateurs et/ou des organisations internationales telles que la Banque mondiale et le Fond monétaire international (FMI). Pour les firmes internationales, une économie émergente fournit une opportunité de développement et d’expansion assurant une nouvelle source de revenus. Aussi les pays dits « émergents » sont-ils devenus une destination habituelle des investisseurs étrangers qui visent une diversification de leur portefeuille vers des placements plus dynamiques. Pour le pays récepteur, il s’agit d’une accélération de la création d’emploi, une main-d’œuvre plus qualifiée et un transfert technologique impulsant le développement économique créateur de croissance. Nous n’avons pas moins affaire à des économies de transition dont les marchés ne sont pas tout à fait stables. Cette instabilité relative, occasionnant des périodes d’accélération et de décélération, offre une opportunité aux investisseurs financiers qui acceptent de prendre un risque supplémentaire, en contrepartie d’une performance plus importante. La possibilité d’un risque politique, reprise d’une guerre civile ou tout autre changement pouvant entraîner un retour à la nationalisation, peut provoquer une chute subite du marché de capitaux. De légères variations du taux de change peuvent déclencher une dévaluation brutale si certains investisseurs anticipent sur une possibilité de désordre politique, ou une perte de confiance dans le système bancaire. En somme, pour les gestionnaires de portefeuilles, plus le risque est grand, plus forte est la contrepartie. Mais aussi, plus la panique, la spéculation et les réactions automatiques sont importantes dans le pays concerné, plus grand est le risque pour les investisseurs notamment étrangers. La crise asiatique de 1997 a montré à quel point le renversement de tendances peut s’opérer rapidement, les investissements devenant ainsi à haut risque. De fait, les cycles de “stop-and-go” ont marqué le processus d’émergence des pays engagés sur la voie de l’ouverture économique et financière. La libéralisation précipitée des marchés financiers domestiques et la dérégulation d’institutions financières ont constitué les conditions initiales de la formation de cette fragilité.
Conclusion : L’enjeu, pour un « pays émergent », est de s’engager dans une stratégie d’ouverture commerciale qui lui permet de tirer profit de l’accélération des échanges internationaux et de son impact direct, à la fois, sur les secteurs des biens échangeables et non échangeables. Son ouverture financière est censée lui apporter tous les bienfaits des flux d’investissements étrangers réels, mais aussi financiers. Les réformes structurelles, le renforcement des réglementations et la « bonne gouvernance » doivent assurer la pérennité et la stabilité de l’économie réelle et financière. En ce qui concerne la Turquie, son ancrage sur le chemin du « développement », et donc de « l’émergence », commence à porter ses fruits. Parmi les déterminants significatifs de cette réussite (même tardive), nous pouvons citer : la stabilité politique et l’intégration démocratique des nouveaux acteurs ; une meilleure gouvernance financière (stabilisation de l’inflation et introduction d’une nouvelle monnaie plus stable) ; une amélioration quantitative et qualitative des IDE ; des placements financiers de moins en moins volatiles ; ainsi que l’image positive d’un pays géostratégique. Sa position géographique et ses alliances politiques lui assurent un soutien solide au niveau des institutions et organisations internationales économiques et financières. En premier lieu, la réussite de l’ouverture commerciale suppose d’obtenir une amélioration quantitative et qualitative des exportations. Cet objectif devient réalité quand les flux d’IDE progressent en termes de quantité, mais surtout de qualité. Le transfert technologique doit atteindre le secteur des biens non échangeables, afin que ce dernier renforce la compétitivité du secteur des biens échangeables. En deuxième lieu, cette « attractivité-pays » dépend de trois groupes de facteurs : ceux qui ont trait aux ressources ou actifs disponibles sur place ; ceux qui sont liés à la taille des marchés de biens et de services ; et ceux qui sont liés aux avantages comparatifs en matière de coût de production. En troisième lieu, la réussite d’une ouverture financière qui contribue, à terme, à la maturité des intermédiaires financiers, sans les inconvénients des crises financières et bancaires à répétition, suppose avant tout une ouverture progressive qui doit être précédée par une série des réformes structurelles et de « bonne gouvernance » des intermédiaires bancaires et financiers. Les administrations publiques doivent subir les mêmes épreuves si elles veulent redonner à la politique budgétaire toutes ses chances de réussite. La Turquie a opéré cette ouverture suite à une crise de sa balance des paiements : une ouverture précipitée, dictée et exécutée dans des conditions difficiles. Elle n’a donc pas su maîtriser ses dépenses publiques. Son besoin du financement public a pesé lourdement sur son inflation, sur sa maîtrise du taux de changes, sur l’efficacité de sa politique monétaire. Surtout, cela a contribué à l’inefficacité de sa politique des dépenses publiques tout en exerçant un effet d’éviction net sur le secteur privé. Enfin, les perspectives d’intégration régionale jouent un rôle déterminant en Turquie. L’accélération du processus du rapprochement avec l’Union européenne améliore sa stabilité politique, augmente son capital de confiance et améliore sa cotation en matière d’attractivité des investisseurs étrangers, une phase essentielle pour l’émergence de son économie.
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Jumia