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La finance islamique : Fondements, théorie et réalité
 
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• Type de document : Article académique
• Nombre de pages : 29
• Format : .Pdf
• Taille du fichier : 224.88 KB
Extraits et sommaire de ce document
L’Islam interdit le ribā, mot arabe signifiant à la fois usure et intérêt. L’interdiction du ribā figure dans la loi islamique, née dans l’Arabie du Moyen Âge. Elle est à la base de la finance islamique qui connut une expansion remarquable durant la deuxième moitié du XXe siècle.
Nous nous interrogeons sur les origines de cette interdiction, sur les problèmes que connaît actuellement la finance islamique et sur ses perspectives d’avenir.
[…]
Depuis cette époque, le phénomène de la finance islamique a pris suffisamment d’ampleur pour que quiconque s’intéressant de nos jours à l’économie internationale et du développement ne puisse plus se permettre de l’ignorer. Finalement, l’histoire de la finance islamique, elle-même, ne manque pas de charme, puisqu’elle nous permettra, ce soir, de faire une brève incursion dans l’Arabie du Moyen Âge.
À ces diverses raisons, qui dictèrent mon choix, s’en ajouta une autre, de nature plus anecdotique, que je ne peux m’empêcher de partager avec vous. En avril 1999, lorsque mes collègues, Marcel Boyer et Georges Dionne, m’offrirent, au nom du conseil d’administration de la Société canadienne de science économique, de prendre la présidence de cette dernière, j’étais en congé sabbatique au Moyen-Orient et reçus la nouvelle par télécopieur dans le petit appartement que mon épouse et moi occupions au Caire.
[…]
Les IFI ont aussi fait leur apparition dans des pays non musulmans, mais où vit une minorité musulmane relativement importante et en expansion : au Danemark, aux États-Unis, particulièrement dans la région de Détroit et en Californie, en Grande-Bretagne, aux Philippines et aussi au Canada.
À Montréal, une société islamique de financement hypothécaire fonctionne depuis 1991 (Vogel et Hayes, 1998, p. 22-23 ; Shepherd, 2000). Certaines des IFI ont en outre choisi d’installer leur siège ou d’effectuer une partie de leurs opérations dans des places financières internationales connues pour leur respect du secret bancaire et leurs avantages fiscaux, comme les Îles Anglo-Normandes, le Luxembourg et la Suisse.
[…]
L’Université de Harvard a, de son côté, considéré le phénomène de la FI comme étant suffisamment important pour créer, à la fin des années 90, son Islamic Finance Information Program, qui promet la mise à la disposition de ses membres, dans les prochaines semaines, d’une base de données sur plus de 60 000 transactions qui furent effectuées selon les règles de la FI.
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La FI est fondée sur l’interdiction par l’Islam de l’usure, appelée en arabe ribā (de rabā, augmenter). Il ne s’agit pas seulement de l’usure au sens usuel du terme que nous lui connaissons, mais aussi de l’application à toute forme de financement d’un taux d’intérêt prédéterminé et fixe, quel qu’il soit, si bien que, dans la religion musulmane, ribā signifie indifféremment usure et intérêt, amalgame de deux notions, qui n’a pas manqué de déconcerter plus d’un observateur extérieur.
La FI, parfois appelée laribā (non ribā), peut ainsi être vue comme l’ensemble des modes de financement qui ont été adoptés par les musulmans pour respecter l’interdiction simultanément de l’usure proprement dite et de l’intérêt au sens conventionnel du terme.
La prohibition du ribā, plus particulièrement dans sa dimension d’usure, comme nous l’entendons en Occident, est inscrite dans le Coran, le livre sacré des musulmans ou, tel que le veut la religion islamique, la parole d’allāh transmise au prophète Muhammad. Le ribā est explicitement condamné aux chapitres 2 (sourate de la génisse, aussi dite de la vache), 3 (sourate de la gent ou famille de iimrān) et 30 (sourate des Romains, qui étaient en fait des Byzantins).
D’aucuns ont aussi vu la prohibition du ribā, mais ici davantage dans sa dimension d’intérêt, dans certains ahādīth, ou dires et actes attribués au Prophète, les ahādīth formant la sunna ou tradition, cette dernière constituant, avec le Coran, la shariia ou loi islamique. Selon un hadith, fréquemment cité, le Prophète aurait en effet interdit l’échange en quantités inégales de l’or, de l’argent, du blé, de l’orge, des dattes et du sel (« or pour or, argent pour argent, etc. »), ce qui a largement été interprété comme une interdiction du prêt à intérêt lui-même (Schacht, 1994).
Les historiens ont longuement épilogué sur les raisons qui poussèrent le Prophète, au VIIe siècle de notre ère, à interdire le ribā. Deux faits sont le plus souvent invoqués.
[…]
La théorie économique islamique et la fi : un paradigme contemporain : Malgré ses racines lointaines, que je viens d’évoquer succinctement, la FI est cependant une construction contemporaine. Durant des siècles, en effet, il n’y eut que l’interdiction du ribā. On ne proposa pas en général des modes alternatifs de financement, les astuces, comme celle du bayial-iīna ou de la mukhatara, pouvant difficilement être considérées comme tels.
Sans modes alternatifs, on ne pouvait évidemment pas parler de finance proprement dite. Si on exclut les essais de FI, au milieu des années 40, en Malaisie (Abdul Gafoor, 2000, chapitre 4), et au Pakistan, à la fin des années 50 (Quershi, 1967), tentatives qui échouèrent à l’époque, la première banque islamique, de dimension modeste, il faut le souligner, fut créée en Égypte, en 1963, dans la bourgade agricole de Mit Ghamr, située dans le delta du Nil, à l’instigation d’un économiste local, grand admirateur, dit-on, du mouvement coopératif allemand, du nom de Ahmed al-Naggar (Mohieldin, 1997, p. 13).
Cette initiative, comme celles qui suivront, s’inscrivait dans le paradigme de ce qui a été appelé la « théorie économique islamique ».
Ce paradigme, bien que fondé sur la shariia, était né au milieu du XXe siècle et est formulé dans un langage économique qui se veut moderne (Ahmad, 1952; Kurshid, 1980; Nazeer, 1981; Awan, 1983; Almisry, 1985; Presley et Sessions, 1994).
Selon la théorie économique islamique, qui, d’essence religieuse, est, on s’en doute, surtout normative, les grands objectifs de l’activité économique sont les suivants : l’augmentation de la richesse, définie comme l’accroissement du capital productif, le moteur de cette croissance étant l’esprit d’entreprise ; l’augmentation de l’emploi, celle-ci étant favorisée par la participation de tous les intéressés à la mise en place et au bon fonctionnement des projets de production.
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