Logo
Memoires et Projets de fin d'Etudes

Espace Membres

Identifiant :

Mot de passe :

Mot de passe oublié ?

La notation du Maroc : Rating global et rating par critère
accéder au document
Nombre de pages : 13
Format : .Pdf
Taille du fichier : 150.2 KB
Nombre de consultations : 40
Note : note (0 votes)
Extraits et sommaire de ce document
Objet de l’étude : Après avoir analysé l’évolution de la notation du Maroc de mars 1997 à octobre 2002 dans des fiches précédentes, la Direction de la Politique Economique Générale présente cette évolution pour la période allant d’avril 2002 à avril 2003. En se basant sur les notations établies par la Caisse des Dépôts et des Consignations (CDC) française, l’objectif est d’étudier le positionnement du Maroc par rapport à un échantillon de sept pays émergents (Chili, Corée du Sud, Malaisie, Pologne, Tunisie, Egypte, Turquie), dans le but notamment de : Souligner les améliorations ou rétrogradations des notations des différents pays de l’échantillon. Mieux situer l'économie marocaine par rapport à l'échantillon. Cerner la contribution des différents critères (qualité de la croissance, équilibre macroéconomique, équilibre des comptes extérieurs et risques politique et bancaire) à la notation globale du Maroc et à celle des pays de l’échantillon. Etablir une hiérarchie au sein des pays de l’échantillon en fonction des risques auxquels ces pays sont couramment exposés et qui sont susceptibles d'affecter le comportement des investisseurs et des marchés financiers internationaux. Aussi, faut-il souligner que la référence aux mouvements de révision des notations souveraines par les agences de rating, Standard & Poor’s (S&P) et Moody’s, devrait permettre de cerner l’évolution de la qualité de crédit des pays émergents et son impact sur l’évolution des primes de risque assorties aux titres traités sur le marché obligataire international. La méthodologie figurant en annexe, présente les sources de données, la définition des critères utilisés dans la notation de la CDC et le choix de l’échantillon.
1. Tendances générales dans les économies émergentes : L’analyse de l’évolution des indicateurs conjoncturels des pays émergents permet de tirer les enseignements suivants : Raffermissement de la croissance tout au long de 2002. Cette évolution reflète toutefois des spécificités locales très marquées. Nette reprise de l’activité dans les pays asiatiques, notamment grâce à la vigueur de la croissance en Chine et dans les pays de l’ASEAN, en lien avec l’accélération du commerce régional, la bonne tenue de l’industrie électronique et le dynamisme de la consommation privée, soutenu par la dépense publique. En revanche, l’investissement a marqué le pas compte tenu de la persistance des problèmes financiers des entreprises. Tassement de la croissance en Europe Centrale, lié notamment à l’atonie de la demande polonaise. En 2003, l’activité des pays d’Europe Centrale accélérerait, en lien avec la consolidation de la demande externe. Parallèlement, la demande intérieure continuerait de soutenir vigoureusement la croissance et sa contribution redeviendrait positive en Pologne. Récession marquée de l’Amérique latine prise dans son ensemble. Elle a été davantage le fait de la conjonction d’événements assez indépendants que d’une véritable contagion financière, comparable aux enchaînements observés lors de la crise mexicaine de 1994 ou de la crise brésilienne de 1998. En 2003, le continent sud-américain renouerait avec la croissance grâce aux effets escomptés sur les exportations de la dépréciation du change. Maintien de l’activité dans les pays tiers-méditerranéens, notamment grâce à la sortie de récession de la Turquie. Cependant, de fortes tensions géopolitiques pèsent sur la croissance de tous les pays, en affectant les flux touristiques et les décisions d’investissement, tout particulièrement au Proche-Orient. Affaiblissement de la croissance économique en Afrique subsaharienne où la persistance des troubles politiques, comme en Côte d’Ivoire, risque d’entacher les initiatives consenties par la communauté internationale en matière d’aide au développement, à travers les divers mécanismes d’allégement de la dette et de lutte contre la pauvreté. Convergence des mouvements de désinflation en Asie et en Europe Centrale. Baisse, en 2002, de l’inflation dans tous les pays d’Europe Centrale et Orientale, prolongeant ainsi le mouvement de désinflation engagé mi-2001 dans la plupart des pays. Ce ralentissement de la hausse des prix répond partiellement à la politique monétaire appliquée par les banques centrales. Fléchissement de l’inflation en Asie, les prix ayant même baissé dans plusieurs pays (Chine, Taiwan, Singapour et Hong Kong). Cette évolution peut s’expliquer par l’intensification de la concurrence entre l’ASEAN et la Chine et par la transmission à d’autres pays de la baisse des coûts de production chinois. En revanche, augmentation significative des niveaux d’inflation en Amérique latine, suite à la dépréciation des taux de change face au dollar et à une montée de l’inflation importée. A l’exception notable du Chili, ce regain d’inflation n’a pas permis d’atteindre les objectifs de stabilité des prix que nombre de pays s’étaient fixées pour la fin 2002, ce qui rend incertaine l’adoption de politiques monétaires plus accommodantes au premier semestre 2003. Bonne résistance des bourses émergentes en 2002. En dépit de la dérive des principales bourses occidentales, l’indice MSCI Emerging Free (EMF) a fait preuve d’une bonne résistance en 2002, pour toutes les zones émergentes, à l’exception de l’Amérique latine. Cet indice n’a reculé que de 5,6%, contre une baisse de 22,5% pour S&P 500 et 36% pour l’Eurostoxx. Toutefois, depuis janvier 2003, l’indice EMF s’est inscrit en baisse en ligne avec le mouvement de repli constaté sur les grandes places boursières (-2,8% contre –2,9% pour le S&P 500 et –6% pour l’Eurostoxx 50). Maintien des PER (ratio prix-bénéfice) à des niveaux faibles, témoignant de l’attractivité encore élevée des titres financiers des pays émergents.
2. Rating global : L’analyse des évolutions entre avril 2002 et avril 2003 démontre une amélioration générale de la notation des pays de l’échantillon. En effet, ces pays ont gagné 6 points de rating. Néanmoins, ils n’en profitent pas tous uniformément. On peut distinguer : Un premier groupe de pays dont le rating poursuit son amélioration. Il s’agit du Chili, de la Corée, de la Malaisie et, dans une moindre mesure, de la Tunisie. La Malaisie a enregistré la plus forte progression sur la période étudiée. Un pays, en l’occurrence la Pologne, qui voit son rating se dégrader. Toutefois, cette baisse demeure, somme toute, limitée. Un dernier groupe constitué d’économies dont le rating n’a pas évolué significativement au cours de la période étudiée, mais qui demeure dans une phase critique : l’Egypte et la Turquie.
3. Rating par critère
3.1. Qualité de la croissance : Nette amélioration de la qualité de la croissance des pays de l’échantillon pris globalement, surtout en liaison avec : Le dynamisme des économies asiatiques de l’échantillon (Malaisie, Corée du Sud), grâce au fort rebond de la demande extérieure tout au long de l’année 2002 et à la bonne tenue du commerce régional, entraînée par la vitalité de l’économie chinoise. La progression de la consommation privée dans la plupart des pays de l’échantillon, dans un contexte de stabilisation globale de l’inflation.
3.2. Equilibre macro-économique : Dégradation des finances publiques de la majorité des pays de l’échantillon induite par la mise en oeuvre de politiques budgétaires accommodantes axées sur la stimulation de la demande intérieure. Toutefois, au Chili, l’adoption, en matière budgétaire, de la politique de l’excédent structurel de 1% du PIB a permis de maintenir le déficit budgétaire à un niveau relativement faible. Repli de l’inflation dans la plupart des pays de l’échantillon, notamment au Chili, en Turquie (33% en glissement annuel en décembre 2002 contre un objectif de 35%) et en Pologne. Dans ce pays, le taux d’inflation est passé de plus de 10% en septembre 2000 à0,5% en février 2003 compte tenu surtout du ralentissement de l’activité et de l’appréciation du taux de change. Important mouvement de dépréciation du taux de change effectif réel dans plusieurs pays de l’échantillon, en particulier : En Egypte, avec la fin de l’ancrage fixe au profit d’un régime de change flottant, ce quia entraîné de facto une dépréciation de 15% de la livre égyptienne. Quatre dévaluations avaient fait perdre à la livre 24,5% de sa valeur contre le dollar depuis l’été 2000. En Pologne, en ligne avec les fondamentaux de l’économie. Cette situation pose toutefois le problème de la soutenabilité de la dette extérieure des entreprises qui se sont endettées en devises fortes compte tenu du niveau élevé des taux d’intérêt réels en monnaie locale. En Turquie, la livre s’est dépréciée, en terme nominal, de 5% contre le dollar. Cette évolution renchérit le service de la dette extérieure de la Turquie, ainsi que la partie de la dette domestique indexée sur le change.
3.3. Equilibre des comptes extérieurs : Léger redressement des comptes extérieurs, du fait essentiellement de : La vigueur des exportations des pays asiatiques et Est-européens de l’échantillon (Corée du Sud, Malaisie, Pologne), en lien avec une demande étrangère plus dynamique que la demande intérieure tandis qu’en Egypte, le déficit extérieur a été contenu par des mesures administratives limitant les importations. L’amélioration des ratios d’endettement extérieur en Corée où la dette à court terme ne représente plus que 30% de la dette extérieure brute (contre 60% en 1997). L’apparition, pour la première fois depuis la crise asiatique, de flux nets de crédits bancaires positifs vers la Corée du Sud et la Malaisie. Perspectives de dégradation des conditions de financement extérieur, en lien avec : L’accentuation du mouvement de fuite vers la qualité des investisseurs internationaux au profit des titres publics occidentaux jugés plus sûrs. Le repli des bourses émergentes dans un contexte international dominé par le conflit en Irak, ce qui risque de freiner la reprise des investissements de portefeuille. La bourse d’Istanbul a ainsi vu son indice reculer de 20% en mars 2003, tandis qu’en Corée du Sud l’indice KOSPI s’est replié de 10% dans le sillage des tensions avec la Corée du Nord et de l’apparition d’un certain nombre d’incertitudes quant à la transparence des pratiques comptables sud-coréens.
3.4. Risque bancaire : Poursuite du cycle de restructurations bancaires dans les principaux pays asiatiques et Est-européens de l’échantillon. Cependant, l’application de normes plus sévères en matière de distribution de crédits devrait conduire à une contraction de l’encours des crédits distribués. En Turquie, une faible dynamique de l’activité, consécutive au prolongement des incertitudes politiques régionales, rendrait difficile la poursuite de l’assainissement du système bancaire.
3.5. Risque politique : Atténuation du risque politique dans les pays de l’échantillon pris globalement. En Turquie, la cohésion de la nouvelle équipe gouvernementale a redonné crédit au mouvement de réformes qui doit nécessairement être mené pour poursuivre la stabilisation fiscale et financière du pays. Parallèlement, la gestion du difficile dossier irakien s’effectue plutôt habilement. En revanche, le gouvernement polonais, devenu minoritaire, est particulièrement affaibli à l’heure où le pays se prépare au référendum sur l’adhésion à l’Union Européenne (8 juin 2003).
4. Typologie et principaux risques : Pour la période considérée, l’hétérogénéité des pays émergents semble s’atténuer. L’analyse des différentes données connues à fin avril 2003 permet néanmoins de dégager une typologie reflétant la capacité d’absorption des chocs extérieurs par les économies émergentes. Cette typologie fait apparaître, également, un net regroupement par zone, en raison de la sensibilité particulière de certaines régions à la demande américaine, ou à la dynamique du secteur spécifique des NTIC. Le Chili, la Corée du Sud et, dans une moindre mesure, la Malaisie, se caractérisent par la qualité de leur fondamentaux macro-économiques, notamment les comptes extérieurs quisont partout excédentaires sauf au Chili où le déficit courant s’est établi à 0,9% du PIB en2002 et serait de l’ordre de 1,5% du PIB en 2003. En Asie, ces évolutions sont le résultat de politiques économiques très expansives destinées à stimuler les composantes internes de la demande. La conduite d’une politique économique rigoureuse permet au Chili de se maintenir parmi les pays à faible risque. La Pologne et l’Egypte sont caractérisées par des rythmes de croissance peu soutenus et des déficits relativement forts. En Pologne, la croissance économique est grevée par la faiblesse de la demande interne. En 2003, la croissance accélérerait grâce à la stabilisation du change et à l’amélioration de la conjoncture européenne. L’Egypte n’arrive pas à redresser son potentiel de croissance bridé par des rigidités structurelles. De plus, l’insécurité régionale a ajouté ses effets dépressifs, faisant reculer l’activité touristique et les investissements directs étrangers. En Tunisie, le régime de croissance fondé, depuis près de dix ans sur l’endettement des ménages, semble s’essouffler. Les soldes extérieurs s’y dégradent avec le ralentissement de la demande en Europe (qui absorbe plus de 75% de ses exportations) au début 2003 ainsi que le recul marqué des recettes touristiques occasionné par les attentas du 11 septembre puis de Djerba. Rapporté au PIB, son besoin de financement extérieur est élevé alors que sa liquidité en devises est relativement tendue (les réserves représentent en moyenne 3 mois d’importations). En Turquie, la note s’est stabilisée depuis décembre 2002, grâce à la reprise de l’activité, tirée par la reconstitution des stocks et le dynamisme des exportations. L’obtention de garanties de financement américaines, en contrepartie d’un rôle plus actif dans la gestion de la crise irakienne, devrait conforter la situation financière de la Turquie, même si les réserves de change (évaluées à 28 milliards de dollars) semblent suffisantes pour assurer la couverture des besoins de financement pour 2003.
5. Ratings d’agences : Conformément aux notations établies par la CDC, les actions de rating opérées par Standard & Poor’s (S&P) et Moody’s laissent apparaître une nette amélioration de la qualité de crédit des émetteurs souverains. En effet, sur les révisions de rating effectuées au cours du 1er trimestre 2003, plus de la moitié d’entre elles se sont inscrites à la hausse. En conséquence, la prime de risque assortie aux titres des pays émergents s’est inscrite en baisse, comme en témoigne l’évolution de l’indice EMBI+ qui est passé de 736 points de base (pdb) le 02 janvier 2003 à 658 pdb le 1er avril. Si l’on exclut le Brésil et le Venezuela, les primes de risques sur l’EMBI+ ne sont que très légèrement supérieures à 500 pdb. Concernant les pays de l’échantillon, leur niveau de notation a été consolidé par les deux agences de notation, sauf dans le cas du Maroc, où la perspective de notation a été revue de négative à stable et celle de la Corée du Sud, qui a été révisée de stable à négative.
6. Rating du Maroc : Malgré des circonstances exceptionnelles liées à la guerre en Irak, la croissance économique dépasserait 4,5% initialement prévue dans le cadre macro-économique qui a présidé à l’élaboration de la Loi de Finances 2003, compte tenu de la campagne agricole attendue. En 2003, l’activité économique serait tirée encore plus par le développement du commerce extérieur. L’équilibre macro-économique continue d’être préservé. L’inflation demeure maîtrisée, ne dépassant pas 2,5%, à fin février 2003 contre 0,8% à fin février 2002. Quand au solde budgétaire (hors privatisation), il a été déficitaire de 17,9 milliards de dirhams en 2002 contre33,4 milliards de dirhams en 2001, soit 4,4% du PIB. En 2002, le solde du compte courant est demeuré positif, s’établissant à 3,7% du PIB en 2002 après 5% du PIB en 2001. Le relatif maintien des comptes extérieurs a permis de couvrir les flux négatifs au titre des financements extérieurs, mais aussi de renforcer les réserves de change du pays. L’endettement extérieur a continué de diminuer, en partie grâce à la conversion de la dette publique en investissements avec certains pays créanciers. A fin février 2003, les flux commerciaux avec l’étranger ont reculé de 1,4% contre une hausse de 1% en 2002. Les exportations se sont repliées de 9,4%, en liaison avec l’affaiblissement de la demande étrangère adressée au Maroc. Celle-ci devrait croître en volume de 3,2% en 2003 et 5,6% en 2004, après avoir enregistré 1,05% en 2002, en raison du ralentissement économique en Europe, notre principal partenaire. Le repli des exportations du Maroc résulte du recul des ventes hors phosphates et dérivés, notamment les produits alimentaires, les produits bruts d’origine minérale et l’or industriel. Quant aux importations, elles ont progressé de 4,7% en lien avec la progression de10,2% des importations hors pétrole, notamment les biens d’équipement et les demi-produits. Ainsi, le déficit commercial global s’est aggravé, à fin février 2003, de 47,9% selon l’Office des Changes. S’agissant des recettes voyages, elles se sont inscrites en hausse de 12,7% par rapport à la moyenne des recettes réalisées à fin février des années 1998 à 2002. Par rapport à la même période, les transferts des Marocains Résidents à l’Etranger ont progressé de 54,4% pour atteindre 2,08 milliards de dirhams. En l’absence d’opérations de privatisation d’envergure, les investissements et prêts privés étrangers ont régressé de 91,2%, soit 5,22 milliards de dirhams, à fin février 2003.En 2002, le risque bancaire s’est légèrement aggravé. Les créances douteuses ont progressé de 8,6% entre 2001 et 2002. Leur part dans les crédits à l’économie est passée de 16,4% en 2001 à 17,1% en 2002. Toutefois, la refonte de la réglementation prudentielle et la révision de la loi bancaire pour renforcer l’autonomie de Bank Al Maghrib en matière de supervision et de contrôle, conjuguées aux mouvements de restructuration de certaines institutions financières publiques (CNCA, BNDE, CIH et BCP), devraient contribuer à la mise en place d’un système bancaire moderne, assaini et performant. S’agissant de la performance du marché boursier marocain, les indices MASI et MADEX ont progressé, à fin février 2003, respectivement de 4,87% et 4,21% par rapport à janvier 2003. Toutefois, la dynamique boursière demeure contrainte par le faible niveau de liquidités des titres cotés et la forte concentration de la capitalisation sur une minorité de valeurs. En dépit de ces limitations, la poursuite de la modernisation de la Bourse des valeurs de Casablanca, à travers la finalisation de deux projets de lois relatifs à la réglementation des offres publiques et au renforcement des pouvoirs de supervision et de sanction du CDVM, serait de nature à promouvoir le rôle de la bourse en matière de canalisation de l’épargne vers les secteurs productifs. Enfin, le risque politique demeure stable. La consolidation du processus démocratique continue d’alimenter un climat de concertation et de cohésion sociale.
7. Révision de la notation du Maroc par Standard & Poor’s : Dans son dernier rapport d’évaluation de la notation du Royaume, S&P a révisé de négative à stable la notation souveraine du Maroc. Une telle action prend appui sur les efforts déployés par notre pays en matière de libéralisation politique et d’amélioration des indicateurs de développement humain. Par ailleurs, l’amélioration des indicateurs externes témoigne de l’efficacité de la politique de gestion de la dette poursuivie par notre pays et l’amélioration significative des réserves de change lesquelles couvrent près de 12 mois d’importations. En revanche, S&P estime que certains facteurs négatifs continuent de peser sur la qualité du crédit souverain du Royaume. Il s’agit en l’occurrence : du maintien d’un déficit public élevé. D’un endettement du gouvernement central s’établissant à 69,2% du PIB contre une moyenne de 49,5% pour les pays disposant d’une notation similaire. De la faiblesse du revenu par habitant, estimé à 1370 dollars en 2003 contre une moyenne de 1920 dollars pour les pays notés BB. Par ailleurs, Moody’s devrait également remettre son rapport d’évaluation prochainement. Or, bien que cette agence adopte en général des opinions plus pessimistes que l’Agence S&P, il est attendu à ce qu’elle opte pour une opinion similaire à celle de S&P.
Annexe : 1. Méthodologie de la notation
La notation est le résultat d'une combinaison de cinq critères - qualité de la croissance, équilibre macro-économique, équilibre des comptes extérieurs, stabilité politique, état du système bancaire - qui possèdent le même poids dans la note finale, soit 20%. Pour chacun des cinq critères, les notes sont obtenues à partir de la définition des valeurs limites de plusieurs indicateurs, ce qui revient à transformer des variables continues en variables discrètes.
1.1. Données : Les calculs se fondent sur des données homogènes collectées par zones (bases nationales et régionales) et confrontées à celles des bases internationales (FMI, Banque Mondiale, Economist Intelligence Unit…). Pour le plus grand nombre possible de variables, les indicateurs annuels traditionnels ont été remplacés par des indicateurs mensuels, calculés à partir des dernières données disponibles. Le recours à des prévisions est volontairement limité particulièrement pour la croissance et la balance courante. Certains aspects, tels que la crédibilité de la politique gouvernementale ou la stabilité politique sont difficilement quantifiables. Il est donc nécessaire d'avoir recours à un système de notation subjectif. Afin d'éviter de biaiser la notation globale par des excès de pessimisme ou d'optimisme, une échelle extérieure homogène est utilisée comme référence initiale. Cette échelle est également utilisée pour évaluer le risque bancaire. Il s'agit des notations trimestrielles de DRI (Global Risk Service).
1.2. Définition des critères utilisés dans la notation : La notation résulte de la pondération des cinq critères suivants : qualité de la croissance, équilibre macro-économique, équilibre des comptes extérieurs et risques politique et bancaire. Ces critères sont définis ci-après et se composent eux-mêmes de sous critères ayant chacun la pondération suivante.
1.2.1. Qualité de la croissance (20%)
• Estimation de la croissance du PIB de l'année en cours (5%).
• Prévision de la croissance du PIB de l'année suivante (5%).
• Taux d'investissement moyen sur la période "année écoulée-trois années précédentes"(5%)
• Taux de croissance des exportations de l'année en cours (5%).
1.2.2. Equilibre macro-économique (20%)
• Tendance des prix de l'année en cours (données mensuelles) (5%).
• Déficit budgétaire primaire en % du PIB de l'année en cours (5%).
• Evolution glissante du taux de change réel sur 24 mois (données mensuelles) (5%).
• Probabilité de modification de la politique économique (notation - échelle de référence trimestrielle) (5%).
1.2.3. Equilibre des comptes extérieurs (20%)
• Présence ou non d'arriérés de paiements supérieurs à 1% du PIB (0% si non ou 20% si oui).
• Solde courant en % du PIB de l'année en cours (5%1 ou 0%).
• Evolution glissante du solde commercial sur 12 mois en % des exportations de l'année passée (5% ou 0%).
• Service de la dette en % des exportations de l'année passée (5% ou 0%).
• Excès des réserves (données mensuelles) sur la dette à court terme estimée de l'année en cours, en % du PIB (5% ou 0%).
1.2.4. Risque politique (20%)
• Probabilité de crise politique nationale ou de conflit extérieur sur les 5 ans à venir (notation
- échelle de référence trimestrielle) (20%).
1.2.5. Risque bancaire (20%)
• Probabilité de défaut du système bancaire sur les 5 ans à venir (notation - échelle de référence trimestrielle) (20%).
2. L'échantillon : La notation du Maroc est comparée à celles d'un échantillon de sept pays composé du Chili, de la Corée du Sud, de la Malaisie, de la Pologne, de la Tunisie, de l’Egypte et de la Turquie. Le choix de ces pays est motivé par le besoin d'avoir des économies comparables aussi bien d'Amérique latine, de l'Europe Centrale et Orientale, du pourtour méditerranéen que d'Asie du Sud-Est. L'équilibre de l'échantillon tient au nombre limité de pays par région pour minimiser l'impact des chocs ou crises localisées et éviter qu'elles biaisent l'interprétation de la notation.
3. La lecture de la notation du Maroc : Pour chaque période est représentée la note globale du Maroc par rapport à l'échantillon. Ensuite sont représentées les contributions des cinq critères qui composent la note pour la même période. Le profil du Maroc est appréhendé par rapport à la moyenne et à l'écart type qui retrace le degré de dispersion qui existe entre les valeurs de la série et la moyenne.
Ces documents peuvent également vous intéresser !

contact
Grocery Category