Logo
Memoires et Projets de fin d'Etudes

Espace Membres

Identifiant :

Mot de passe :

Espace Echanges

Gestion des résultats et performance comptable et boursière des entreprises émettrices de nouvelles actions

 
accéder au document
• Type de document : Article académique
• Nombre de pages : 20
• Format : .Pdf
• Taille du fichier : 154.37 KB
Extraits et sommaire de ce document
La théorie et la littérature financières sont à la fois riches et entourées d’énigmes en ce qui concerne la performance comptable et boursière des entreprises émettrices de nouvelles actions avant, au moment et après l'annonce de l'augmentation de capital. Dans ce cadre, McLaughlin, Safieddine et Vasudevan (1996), Loughran et Ritter (1997), Denis et Sarin (2001) ont montré que la performance comptable des entreprises émettrices de nouvelles actions est anormalement bonne avant l'augmentation de capital et anormalement faible après. D’autres études ont examiné le comportement des cours boursiers aux alentours des opérations d'augmentation de capital. Les résultats empiriques indiquent que dans la plupart des cas, la performance boursière suit le profil de la performance comptable (Denis et Sarin, 2001 ; Loughran et Ritter, 1995 ; Spiess et Afleck-Graves, 1995). Pour expliquer ce phénomène, et depuis la publication des travaux de Rangan (1998) et de Teoh, Welch et Wong (1998), un bon nombre de recherches se réfère à l’hypothèse de la gestion des résultats comptables1(Ching, Firh et Rui, 2002 (Honk Kong) ; Yoon et Miller, 2002 (Korée) et Pastor et Poveda, 2005 (Espagne)). En effet, Rangan (1998) et Teoh et al., (1998) estiment que la détérioration de la performance boursière, mesurée sur un long horizon dans la période post augmentation de capital, représente la réponse des investisseurs financiers à la gestion des résultats comptables antérieure à l’augmentation. Cette gestion passe par la manipulation des accruals discrétionnaires qui ont, à travers le temps, un caractère réversif. Par conséquent, si les dirigeants gèrent intentionnellement à la hausse les résultats comptables avant l’augmentation de capital, il faudra s’attendre à leur baisse durant la période post augmentation, ce qui expliquerait la baisse des cours boursiers.
Une deuxième hypothèse est développée par Shivakumar (2000) qui semble redonner à l'efficience des marchés financiers sa place de choix. En effet, selon cette hypothèse (dite hypothèse des anticipations rationnelles), le marché anticipe la détérioration de la performance comptable au moment où l’augmentation de capital est annoncée. L'annonce d'une augmentation de capital constitue donc, selon Shivakumar (2000), l'événement dévoilant la gestion antérieure des résultats comptables. Autrement dit, l'annonce de cet événement renseigne les investisseurs sur une gestion probable des résultats comptables dans
la période pré annonce. A la lumière de l’évolution qu’ont connu les recherches en matière de gestion des résultats inhérente aux opérations d’augmentation de capital, notre recherche, basée sur les conclusions de Shivakumar (2000), constitue une continuité par rapport aux explications avancées en matière de comportement du marché et des dirigeants autour desdites opérations.
La recherche que nous développons, prend en considération la modalité de l’augmentation de capital (avec ou sans droit préférentiel de souscription), omise par les travaux antérieurs (Shivakumar, 2000 ; Rangan, 1998 ; Teoh et al., 1998). En effet, et en se référant aux travaux de Gajewski et Ginlinger (1996) et de Heinkel et Schartz (1986)3, nous supposons que la modalité d'augmentation de capital a une influence éminente aussi bien sur l’ampleur de la gestion des résultats comptables que sur son impact sur les rendements anormaux et sur la performance comptable future des entreprises émettrices de nouvelles actions. Cette hypothèse est justifiée par la nature des enjeux caractérisant chacune desdites modalités. Les augmentations de capital françaises, objet de notre étude, se réfèrent à un cadre institutionnel bien particulier. Contrairement aux augmentations de capital américaines, les émissions de nouvelles actions en France se font dans la plupart des cas avec un droit préférentiel de souscription. Ce droit donne le privilège aux anciens actionnaires de souscrire aux nouvelles actions émises. Ce cadre "minimise" théoriquement les enjeux (entre dirigeants et actionnaires) qui accompagnent lesdites émissions. Par conséquent, tout développement qui se réfère à la théorie politico - contractuelle (qui sous-tend l’hypothèse de la gestion des résultats) pourrait être non fondé si notre analyse porte sur un contexte où les augmentations de capital sont, dans la majorité des cas, assorties de DPS. Ce constat est soulevé par la recherche de Heron et Lie (2004). Ces auteurs ne montrent aucune relation significative entre la performance comptable et les accruals discrétionnaires autour des opérations d’augmentation de capital avec DPS. Cependant, il semble que les résultats de ces auteurs ne peuvent pas être généralisés sur d’autres contextes. Par exemple, Ching et al. (2002) ainsi que Pastor et Poveda (2005) montrent que les entreprises émettrices de nouvelles actions avec DPS, cotées successivement sur le marché de Hong – Kong et d’Espagne, gèrent à la hausse leurs résultats comptables pour améliorer leur performance dans l'objectif d'induire en erreur les investisseurs.
Notre objectif est de voir dans quelles mesures l’annonce d’une augmentation de capital permet au marché de résoudre le problème d’asymétrie d’information existant pendant la période pré annonce. Notre variable clé d’analyse est la gestion des résultats mesurée par les accruals discrétionnaires. Elle est définie pour expliquer deux phénomènes qui semblent intriguer les chercheurs et les praticiens:
1. La détérioration de la performance comptable durant la période post augmentation de capital et,
2. La détérioration des rendements boursiers au moment de l'annonce de ladite augmentation.
Cette étude vise donc à tester les deux hypothèses suivantes :
H1 : La gestion à la hausse des résultats dans la période pré augmentation de capital entraîne la détérioration de la performance comptable dans la période post augmentation de capital.
H2 : Le marché financier réagit négativement à toute annonce d’augmentation de capital en réponse à une gestion à la hausse des résultats comptables dans la période pré augmentation. Le reste de cet article s’organise comme suit : la deuxième section exposera les choix méthodologiques de l’étude. Une description de l’échantillon sera présentée au niveau de la troisième section. La quatrième section détaillera les résultats trouvés ainsi que leurs interprétations. Enfin, la cinquième section présentera les conclusions et les voies de recherches futures.
Autres documents qui pourraient vous intéresser !
La performance boursière à long terme et le paradigme de l’efficience des marchés : L’apport de la finance comportementale
La performance boursière est-elle déterminée par la performance opérationnelle : Cas de la bourse de Casablanca
L’impact des mécanismes internes de gouvernance sur les performances financières et boursières des sociétés marocaines cotées
La communication financière des entreprises cotées au Maroc
L’évaluation des entreprises cotées à capitalisation moyenne au sein de la Bourse des Valeurs de Casablanca
Le phénomène de la sous performance économique à moyen et long terme des introductions en bourse
L’impact de la qualité d’audit interne sur la performance financière des sociétés cotées à la Bourse de Casablanca

Audible