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Compétitivité des exportations marocaines : Quel bilan ?
Extraits et sommaire de ce document
La recherche de la compétitivité est devenue un souci majeur et permanent aussi bien de la part des pays développés qu’en développement et ce, dans un contexte mondial fortement concurrentiel et en perpétuelle mutation. En effet, l’environnement économique international a connu au cours des dernières décennies des mutations profondes, à la faveur de la dynamique de la mondialisation. Cette dernière est perceptible à travers différents aspects, à savoir une ouverture croissante des économies aux échanges de biens et services, une mobilité accrue des facteurs de production, une concurrence vigoureuse sur les différents marchés et l’intensification des investissements directs étrangers. Il en a résulté un nouveau monde multipolaire et une nouvelle topographie de puissances et de richesses, suite à l’émergence de nouveaux pays concurrents sur le marché mondial (Chine, Inde, Brésil,…). Dans ce sillage, le Maroc s’est engagé dans un processus de libéralisation graduelle de son commerce extérieur en vue de réussir son intégration dans l’économie mondiale, à travers notamment la signature d’un ensemble d’accords de libre-échange et des efforts considérables en faveur de la promotion du commerce extérieur (adoption du code du commerce, amélioration de l’environnement des affaires, adoption des plans Maroc Export Plus, Emergence,…) ont été déployés en parallèle. Les résultats n’ont pas été, cependant, au niveau des attentes. L’aggravation du déficit commercial avec la plupart des partenaires et la stagnation de notre part de marché en constituent de parfaites illustrations. En effet, en 2012, les exportations de marchandises se sont élevées à 183 milliards de dirhams et les importations se sont chiffrées à 382 milliards, soit un déficit commercial record de près de 200 milliards et un taux de couverture des importations par les exportations de 48%.A elle seule, l’Europe représente 60% dans le total des échanges commerciaux du Maroc, suivie de l’Asie (21%), de l’Amérique (12%), de l’Afrique(6,5%) et de l’Océanie (0,3%). La France en 2012 demeure le premier client du Maroc avec 22,6% du total des exportations de marchandises et le deuxième fournisseur avec 12,5% des importations totales. Les échanges commerciaux avec la France dégagent un déficit de plus de 6 milliards de dirhams et un taux de couverture des importations par les exportations de 87%. De son côté, l’Espagne s’illustre, en 2012, 2èmeclient (17% des exportations) et premier fournisseur (13% des importations). Les échanges commerciaux avec ce pays enregistrent un déficit de 18,3 milliards de dirhams et un taux de couverture de 62,8%. Par ailleurs, le Maroc n’a pas connu, comparativement à d’autres pays concurrents, une amélioration de sa part de marché au niveau mondial. En effet, l’évolution de cet indicateur montre, d’une manière générale, une stabilité autour de 0,11% au cours de la période 2000-2012. Il a atteint son niveau le plus élevé en 2008 (0,121%) en lien, notamment, avec la croissance importante des exportations de phosphates et dérivés au cours de cette année. Toutefois, ce taux a enregistré une baisse en 2012 pour s’établir à 0,112. Il s’avère nécessaire, par conséquent, de s’interroger sur les déterminants de cette sous performance et ce, à travers un diagnostic de la compétitivité extérieure du Maroc, ce qui permettra de faire ressortir les forces et les faiblesses de notre pays à ce niveau et proposer, ainsi, les mesures nécessaires pour dynamiser les exportations marocaines. Dans cette perspective, le présent travail se propose d’établir une analyse de la compétitivité extérieure de l’économie nationale, à travers un ensemble d’indicateurs de la compétitivité. Il dresse, en quelque sorte, un tableau de bord regroupant un ensemble d’indicateurs pour un échantillon de pays émergents et concurrents, afin d’établir un benchmarking de la compétitivité de l’économie marocaine. L’objectif est de mieux situer le Maroc par rapport aux économies émergentes et d’apprécier le schéma de spécialisation internationale de notre pays. La présente étude sera déclinée en trois parties. La première présentera un diagnostic de la compétitivité des exportations marocaines à travers l’évaluation de certains indicateurs de performance. La seconde partie analysera la structure et le profil de nos exportations comparativement à un échantillon de pays émergents. Un troisième point présentera les principales mesures visant à améliorer la compétitivité des exportations marocaines. [...] L'évaluation des principaux indicateurs de compétitivité du Maroc montre que, malgré les efforts des pouvoirs publics et en dépit de certaines réussites ponctuelles ou sectorielles, notre pays n'arrive pas encore à atteindre le niveau adéquat pour affronter la concurrence mondiale et ce, en raison de la persistance de plusieurs handicaps structurels. Il s’agit en particulier de l’inertie de l’offre exportatrice nationale, sa concentration sur quelques produits et sur quelques marchés, la prédominance des produits à basse technologie et à forte intensité de ressources naturelles et de main-d'oeuvre, la faible qualification et scolarisation des employés ainsi qu’une faible productivité comparativement à des pays concurrents particulièrement asiatiques. Le contexte mondial actuel, marqué par l’accélération du démantèlement des barrières à l'échange international et les co-localisations, offre, certes, des opportunités en matière d’extension du commerce extérieur. Cependant, malgré ces opportunités, les risques et les défis restent nombreux. Dans ce contexte, marqué, également, par une crise économique profonde qui affecte la zone euro, le renforcement de la compétitivité devient pour le Maroc un impératif pour relever le défi de la croissance et du bien-être, ce qui nécessite l’association des efforts de tous les acteurs socio-économiques pour développer une économie performante et compétitive. Les pouvoirs publics ont joué un rôle important dans la promotion de la compétitivité et de l’attractivité de l’économie. Ils ont, en particulier, lancé un programme ambitieux de modernisation et de renforcement des infrastructures routière, autoroutière, ferroviaire et aéroportuaire. Ils ont même identifié, dans le cadre du ‘‘Plan Emergence’’, de nouveaux métiers mondiaux. Ces efforts gagneraient, toutefois, à être complétés par la mise en place des conditions propices à l’amélioration des performances des exportations et la consolidation de l’attractivité du Royaume, en continuant à assurer la stabilité du cadre macro-économique et en approfondissant les réformes structurelles et institutionnelles. Remporter le pari de la compétitivité reste tributaire aussi du développement du capital humain. Une importance particulière devrait être ainsi allouée à la formation de ressources humaines de haut niveau, à travers le renforcement de la formation professionnelle, l’amélioration des taux de scolarisation, la recherche d’une bonne adéquation des formations aux besoins du marché de l’emploi et l’accélération de la mise en oeuvre des réformes inscrites dans le cadre de la charte de l’enseignement, dans le cadre d’une gouvernance globale et coordonnée permettant des évaluations régulières et des ajustements continus pour s’adapter aux évolutions et aux nouvelles opportunités qu’elles offrent. L'administration constitue, dans ce cadre, une composante fondamentale de l'environnement de l'entreprise. La compétitivité de celle-ci serait grandement entravée si elle ne trouve pas dans l'administration un interlocuteur souple, efficace et performant. C'est pourquoi, malgré les efforts consentis à ce niveau, la modernisation de l'administration s’affirme de plus en plus comme une exigence incontournable pour relever le défi de la compétitivité. Ces actions devront être accompagnées par l’amélioration de l’environnement de l’entreprise, notamment en facilitant l’accès au financement bancaire pour un grand nombre de PME et en assurant une plus grande flexi-sécurité au niveau du marché de travail. Les autorités devraient aussi, à l’instar de certains pays asiatiques, déployer plus d’efforts pour promouvoir la recherche scientifique, l'innovation et attirer des techniques et du savoir-faire notamment à travers les marocains du monde. Ils devraient, d’un autre côté, continuer l’effort d’investissement dans le développement des infrastructures de Recherche &Développement (parcs scientifiques, laboratoires publics de R-D, ...). Si l'Etat demeure sollicité pour assurer les conditions de la compétitivité de l'économie, il est important de souligner le rôle important que l'entreprise est appelée à jouer pour réussir le défi de la compétitivité. L'entreprise doit ainsi améliorer la qualité de ses produits, développer des techniques de management modernes, investir plus dans l’innovation et la Recherche &Développement. L'entreprise doit aussi intégrer dans sa stratégie de développement la valorisation du capital humain comme facteur central de compétitivité et de promotion économique et social du pays. 1. PERFORMANCE GLOBALE DES EXPORTATIONS MAROCAINES 1.1 Une ouverture croissante de l’économie 1.2 Des exportations moins dynamiques que les importations 1.2.1 Une légère amélioration de l’effort à l’export et une faible contribution des exportations à la croissance économique 1.2.2 Des exportations qui ne profitent pas suffisamment de la demande étrangère adressée au Maroc 1.2.3 Une hausse du taux de pénétration de l’économie 1.3 Une dégradation du taux de couverture des importations par les exportations 1.4 Une amplification du déficit de la balance commerciale 1.5 Une part de marché mondiale plus faible que celle des principaux concurrents 2. STRUCTURE ET PROFIL DE L’OFFRE EXPORTABLE MAROCAINE 2.1 Concentration de l’offre exportable sur quelques secteurs et sur quelques pays 2.2 Profil des exportations marocaines 2.3. Emergence de nouveaux moteurs à l’export 2.4. Consolidation du leadership du Maroc sur le marché mondial du phosphate et dérivés 3. PRINCIPALES MESURES POUR AMELIORER LA COMPETITIVITE DU SECTEUR EXPORTATEUR Autres documents qui pourraient vous intéresser !
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