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Les opérateurs étrangers face à la fiscalité marocaine
Extraits et sommaire de ce document
Dans ce sens, les pays en développement ont institué, durant les vingt dernières années, lorsqu'ils ont compris l'importance de l'investissement étranger dans le développement économique, et avec les contraintes du recours aux moyens de financement externes, chacun à sa façon, des mesures d'incitation à l'investissement. En effet, jusqu'au début des années 80, les besoins de financement extérieur des pays en développement, ont été assurés par des emprunts à l'étranger qui constituaient l'issue de secours, pour ces pays, chaque fois que l'accroissement des dépenses l'emporte sur celui des recettes. Des mesures dérogatoires d'incitation à l'investissement sont, ainsi, introduites dans les législations internes de ces pays et sont souvent menées avec d'autres réformes en matière de réglementation économique, le tout dans l'objectif de doter leurs économies d'une structure juridique et fiscale à même de mobiliser l'épargne nationale et surtout d'accueillir l'investissement étranger. Sur le plan fiscal l'ensemble de ces règles applicables à l'investissement étranger dans un pays, relèvent en général de ce que l'on peut résumer dans l'expression de droit fiscal international ou encore de fiscalité internationale. De cette fiscalité internationale découlent des questions, si complexes, et qui deviennent de plus en plus incontournables avec l'internationalisation évidente des affaires et l'interdépendance grandissante des économies, au point que l'on peut même affirmer qu'elles se placent au premier plan des préoccupations des entreprises et des individus, au même titre que les questions commerciales, financières ou purement juridiques. La complexité de ces questions fiscales découle de l'intervention au moins de deux Etats, celui dit de la source et celui dit de la résidence, et du fait que leurs législations respectives doivent être combinées pour déterminer les conditions d'imposition des opérations internationales, c'est à dire, les opérations effectuées par un résident d'un Etat sur le territoire d'un autre Etat ou réalisées avec un résident d'un autre Etat. Il s'agit là de l'objet même du droit fiscal international qui intervient chaque fois qu'une opération, un revenu ou un bien sont soumis ou susceptibles d'être soumis à deux souverainetés distinctes et concurrentes. Chaque Etat conserve en effet son entière souveraineté en matière fiscale. Les seules limites au pouvoir d'imposer dont dispose chaque Etat, sont celles que ce dernier consent volontairement par le biais des traités internationaux, en particulier, les conventions fiscales. Dans ce sens, la réponse à une question de fiscalité internationale oblige à prendre en compte un très grand nombre de variables issues du droit interne des Etats et des conventions fiscales conclues entre eux. Cette réponse dépendra bien entendu de la manière dont les dispositions de ces conventions fiscales seront analysées et de savoir combiner les solutions que ces conventions indiquent avec les règles du droit interne. Ainsi, le droit fiscal international est alimenté par deux sources : Le droit interne des Etats dans ses incidences internationales et qui émane de leur entière souveraineté ; Les conventions fiscales tenant à l'élimination des doubles impositions et qui expriment le désir des Etats de limiter leurs propres pouvoirs en matière fiscale afin d'éviter qu'une même opération ou un même bien soit doublement imposé ou encore échappe à toute imposition. Les règles "à vocation internationale" que comporteraient ces deux sources, sont d'autant plus importantes que la fiscalité du pays considéré, satisfait le facteur favorable à l'investissement, consistant en une fiscalité coordonnée avec les systèmes fiscaux étrangers. En effet, l'existence de règles particulières, réservées aux intervenants étrangers, dans les dispositions de la réglementation fiscale d'un pays, l'importance ainsi que la teneur de ces règles, déterminent sa situation fiscale internationale. Cette situation est aussi largement influencée par le nombre de conventions fiscales bilatérales ou régionales qu'il aurait signées avec d'autres pays. Le Maroc comme les autres pays en développement, à connu une forte contraction de ses ressources extérieures, ce qui a conduit les pouvoirs publics à lancer une compagne en faveur des investissements, tant nationaux qu'étrangers, par la mise en place d'une panoplie de mesures d'incitation fiscale. Convaincu que l'investissement est la voie la plus sure pour un développement économique et social durable, le Maroc s'est parallèlement lancé dans un véritable chantier de réforme de tout son dispositif législatif et réglementaire régissant l'activité économique. Le Maroc a, en effet, mis en place depuis le milieu des années 80, en matière fiscale, une importante réforme, complétée chaque fois que c'est nécessaire, par des mesures introduites par les diverses lois de finances. Cette réforme s'inscrit dans l'objectif de répondre aux critères traditionnels d'efficacité, d'équité et de simplicité et aussi dans l'objectif d'élargissement de la base imposable. […] Parallèlement à cet arsenal juridique interne, le Maroc s'est engagé dans un processus fiscal conventionnel, par la signature avec d'autres pays d'un important nombre de conventions fiscales en vue d'éviter la double imposition. Toutefois, force est de constater, comme d'ailleurs dans les autres pays, notamment méditerranéens, concurrents au Maroc en matière d'attraction des investissements étrangers, l'absence d'un dispositif fiscal codifié en tant que tel et réservé aux investisseurs étrangers. […] En effet, dans la formation de la charge fiscale effective que supporte un investissement, un certain nombre d'autres facteurs interviennent que l'on peut résumer dans l' expression "modalités de détermination de la base imposable". L'application du taux nominal d'imposition au résultat avant impôt rectifié compte tenu de ces modalités permet de déterminer le taux effectif d'imposition qui constitue le meilleur indicateur de l'effet du régime fiscal sur la rentabilité d'un projet. Par conséquent, l'incidence réelle du taux officiellement affiché" de l'impôt sur les profits, dépend de nombreuses dispositions de la législation fiscale, telles que le régime de l'amortissement, les méthodes d'évaluation des stocks ou les possibilités de déduction d'impôts pour charges d'intérêts, des abattements ou crédit d'impôt..., qui peuvent alourdir ou réduire le montant de l'impôt à payer. Nous nous assignons comme objectif de répondre aux questions implicitement posées à travers les développements qui précédent et que l'on peut formuler et résumer en deux questions principales, à savoir : - Dans quelle mesure le droit fiscal Marocain intervient- il en matière de fiscalité internationale ? Cette question nous amènera, dans le cadre de la première partie, à mettre en évidence l'ensemble des règles et principes fiscaux Marocains applicables aux opérateurs étrangers, en tenant compte des dispositions du droit interne au Maroc, d'une part (chapitre I) et des principales dispositions des conventions fiscales liant le Maroc, en tant que dispositif intervenant pour compléter ou corriger le droit interne, d'autre part (chapitre II). - De quelle façon ces règles et principes sont applicables et sont-ils à même d'intéresser l'investisseur étranger ? La réponse à cette question, objet de la deuxième partie, nous permettra de mettre en évidence les difficultés pratiques d'imposition des opérateurs étrangers au Maroc et, après avoir rappelé les facteurs qui déterminent l'offre et la demande des capitaux étrangers en général, d'identifier et d'analyser les principaux facteurs pouvant influer sur la détermination de la charge fiscale d'un investissement, en mettant l'accent dans notre analyse sur la façon dont ils sont traités par la législation fiscale marocaine et en procédant à des comparaisons, chaque fois que c'est possible, avec la façon dont ces facteurs sont traités par les législations fiscales de quelques pays concurrents en matière d'attraction des investissements extérieurs. PARTIE 1 : RAPPEL DES REGLES ET PRINCIPES FISCAUX APPLICABLES AUX OPERATEURS ETRANGERS AU MAROC CHAPITRE 1 : REGLES ET PRINCIPES ISSUS DU DROIT INTERNE AU MAROC I - TERRITORIALITE 14 1.1. Impôt sur les sociétés 14 1.1.1. Dispositions légales 14 1.1.2. Commentaires 15 1.1.3. Notion d'établissement stable 15 1.2. Impôt général sur le revenu (IGR) 19 1.2.1. Rappel des dispositions légales 20 1.2.2. Commentaires 21 1.3. Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) 21 II - PRODUITS SOUMIS À LA RETENUE A LA SOURCE III - REGIME FORFAITAIRE : MARCHES DE TRAVAUX IV - IMPOSITION DES DIVIDENDES 28 Produits des actions et parts sociales Bénéfice des établissements stables V- LES PRIX DE TRANSFERT 30 Pouvoir d'appréciation en droit fiscal Marocain 5.1.1. Liens de dépendance 32 Existence d'un transfert de bénéfices Effet de redressement 34 VI- ATTENUATIONS ET/OU EXONERATIONS 35 Les codes d'investissement 36 La charte de l'investissement 37 Atténuations et exonérations 38 insérées dans le droit commun CHAPITRE 2 : LE DROIT CONVENTIONNEL I - CADRES JURIDIQUES DES CONVENTIONS FISCALES Historique 44 Procédure d'élaboration de la convention Rapport entre conventions et droit interne PRINCIPAUX ROLES DES CONVENTIONS FISCALES Elimination de la double imposition 50 Lutte contre la fraude fiscale 54 Non discrimination 57 Incitation au développement de l'investissement III - RESEAU CONVENTIONNEL MAROCAIN 59 Etablissement stable 61 Chantier 62 3.1.2 Agent dépendant 62 3.1.3 navigation maritime ou aérienne 3.1.4 Installation ne constituant pas un établissement stable 3.2. Redevances 64 3.3. Intérêts 66 3.4 Dividendes 66 3.5. Salaires 67 PARTIE 2 : PRATIQUES ET APPRECIATION DES DISPOSITIONS APPLICABLES AUX OPERATEURS ETRANGERS AU MAROC CHAPITRE I : LES MODALITES PRATIQUES D'IMPOSITION IMPOSITION D'UNE FILIALE 72 Règles d'amortissements 73 Evaluation des stocks 79 Régime fiscal des intérêts 82 Dépenses engagées à l'étranger 83 Imposition des plus values 86 Régime des reports déficitaires 87 L'existence d'impôt minimum 89 IT ETABLISSEMENTS STABLES 90 Difficultés de définition d'un établissement stable Chantier de construction ou de montage Installation présentant un caractère préparatoire ou auxiliaire Groupement. d'entreprises 92 Modalités d'imposition 93 Principe Général 93 Activités de travaux 94 Les produits imposables 94 Les études 95 Fourniture des équipements 95 Travaux de construction ou de montage Charges déductibles 97 Les amortissements 97 Les salaires 98 Frais de siège 98 Certaines charges non déductibles III - IMPOSITION PAR VOIE DE RETENUE A LA SOURCE 3.1 Domaine d'application de la retenue à la source 3.2. Liquidation de l'impôt retenu à la source 3.3 Paiement de la retenue à la source 107 CHAPITRE 2 - EFFICACITÉ DU REGIME FISCAL EN MATIERE D'ATTRACTION DES OPERATEURS ETRANGERS RAPPEL DES FACTEURS NON FISCAUX 111 Déterminants de l'offre d'investissements étrangers Déterminants de la demande 113 LES FACTEURS FISCAUX 114 Taux effectif d'imposition 115 2.1.1. Définition 115 2.1.2. Calcul simplifié du TIE 117 2.2. Les autres facteurs liés au système fiscal 2.2.1. Domaine d'application de l'impôt 121 2.2.2. L'effet des retenues à la source 122 2.2.3. Interdépendance et coordination des systèmes fiscaux 2.2.4. Les mesures d'encouragement 124 2.2.5. Importance de l'impôt sur les bénéfices des sociétés 2.2.6. Stabilité du régime fiscal 127 Autres documents qui pourraient vous intéresser !
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