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Le rôle des banques marocaines en tant que créatrices de liquidité
Extraits et sommaire de ce document
L’intérêt est devenu de plus en plus grandissant pour les chercheurs ces dernières années vis-à-vis l’estimation du montant de liquidité créée par les banques étant donné que cette dernière est considérée comme une fonction essentielle des banques. Dans ce sens, beaucoup de travaux théoriques ont tenté de mettre en avant des mesures permettant d’estimer la valeur de la liquidité créée par les banques. Certains travaux ont mis l’accent sur l’importance de la liquidité créée à partir du passif du bilan bancaire, d’autres se sont focalisées sur l’actif bancaire. (Deep & Schaefer, 2004) ont été les premiers à avancer une mesure de création de liquidité permettant d’intégrer les deux côtés du bilan (actif et passif). Mais le mérite revient au travail fondateur de (Berger & Bouwman, 2009) qui ont suggéré une nouvelle approche permettant d’estimer la création de liquidité bancaire. Ils ont créé des mesures permettant d’englober tous les éléments du bilan tels que les prêts, les dépôts, les autres actifs et passifs et les catégories des engagements hors bilan telles que les garanties, les engagements et les dérivés. En appliquant ces mesures sur secteur bancaire américain entre 1993 et 2003, ils ont montré que la création de liquidité a augmenté tout au long de la période de l’étude et que la majeure partie de la liquidité a été créée par les grandes banques, les banques de détail et les banques récemment fusionnées. Dans ce sens, ce papier cherche à répondre aux questions suivantes : Quel est le montant de liquidités qui a été créées à partir des activités bilantielles et hors bilantielles des banques marocaines durant la période 2008-2017 ? Comment la création de liquidité des banques marocaines a évolué dans le temps, par taille et par type d’actionnariat ? Pour tenter de répondre à ces questionnements, nous avons construit des mesures de création de liquidité en se basant sur l’approche de (Berger & Bouwman, 2009) à partir des données de bilan et hors bilan des banques marocaines. La période d’étude choisie s’étale sur 10 ans depuis 2008 jusqu’à 2017. Le présent papier est organisé comme suit : la première partie présente une revue de littérature, la deuxième propose la méthodologie et les données, la troisième expose les résultats et la discussion et la dernière partie conclue le papier. […] La théorie moderne de l’intermédiation financière nous a enseigné que les banques existent parce qu’elles remplissent deux rôles fondamentaux dans l’économie à savoir la création de liquidité et la transformation des risques. Un système bancaire en bon état est une condition sine qua non d’une croissance économique durable et soutenue. A travers ce papier, nous avons tenté de proposer des mesures de création de liquidité bancaire suivant l’approche proposée par (Berger & Bouwman, 2009) et en se basant sur les données annuelles des bilans et hors bilan des banques marocaines durant la période 2008- 2017. L’objectif étant d’analyser et étudier combien le secteur bancaire marocain a créé de liquidité et comment celle-ci a varié dans le temps. Nous avons essayé aussi d’analyser l’évolution de la création de liquidité par taille des banques et par leur type d’actionnariat. Les résultats trouvés ont démontré que le secteur bancaire marocain a créé 489.63 milliards de MAD de liquidité à la fin de 2017 par rapport aux 281.23 milliards de MAD créés fin 2008. En effet, l'augmentation rapide de la création de liquidité au cours de notre période d'étude est à cause de l'expansion et du développement du secteur bancaire marocain et de ses activités. Cependant, cette augmentation a décéléré durant 2010, ce qui nous laisse penser que ce ralentissement est dû aux effets de la crise financière mondiale de 2007-2009. Une autre déduction intéressante que nous avons pu tirer des résultats concerne les activités hors bilan des banques marocaines. En effet, ces dernières accaparent une part faible de 12% dans la création de liquidité totale des banques fin 2008, cette part a même régressé pour atteindre 9% du total de liquidité créée fin 2017. Ceci laisse penser que les banques marocaines sont assez frileuses et prudentes lorsqu’il s’agit des engagements hors bilan. Nous avons aussi analysé l’effet de la taille des banques sur la création de liquidité. En effet, les grandes banques ont contribué par 72% dans la liquidité globale comparativement aux banques moyennes (27%) et aux petites banques (10,49%). Ces résultats corroborent ceux avancés par (Berger & Bouwman, 2009) qui ont constaté que les grandes banques contribuent à hauteur de 81% environ à la création totale de liquidité aux États-Unis. En effet, la taille a des implications sur la création de liquidité dans la mesure où il existe des différences significatives entre les groupes. Finalement, les résultats montrent que les banques privées sont les plus contributrices dans le total de liquidité créée pendant la période 2008-2017 suivies des banques étrangères puis des banques publiques. Après avoir construit les mesures de création de liquidité, il est possible à présent d’explorer et de soulever des questions relatives au secteur bancaire marocain. Ainsi, nous pourrions étudier le point optimal auquel les banques devraient créer de la liquidité pour l’économie sans mettre en péril leur liquidité. En effet, l’excès de la création de liquidité rend les banques plus risquées et moins liquides. Par conséquent, la surveillance de la création de liquidité aidera les autorités régulatrices à prévoir la prise de risque des banques et à suggérer le niveau optimal de liquidité que les banques devraient créer pour financer l’économie. 1. Revue de littérature 2. Méthodologie et données 2.1. Méthodologie 2.2. Description des données 3. Résultats et discussion 3.1. Résultats de toutes les banques commerciales marocaines 3.2. Résultats par taille des banques 3.3. Résultats par type d’actionnariat Autres documents qui pourraient vous intéresser !
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