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La gestion des risques entre l’approche prudentielle et l’approche opérationnelle : Cas des banques marocaines

 
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• Type de document : Article académique
• Nombre de pages : 30
• Format : .Pdf
• Taille du fichier : 488.28 KB
Extraits et sommaire de ce document
Les banques, en tant qu’intermédiaires financiers exercent plusieurs métiers, ayant comme variable commune le Risque : le fondement même de l’activité des banques est la prise de risque. En effet, cette affirmation s’explique principalement par le fait que l’émergence de l’activité bancaire se justifie par l’existence d’un risque au niveau de la relation directe entre les agents à capacité de financement et ceux à besoin de financement. Ce dysfonctionnement sur le marché a été à l’origine de l’apparition de nouveaux agents économiques, ayant pour mission principale de mettre indirectement ces deux agents en relation. Pour y parvenir, ces agents économiques doivent jouer le rôle d’intermédiaire financier. Ainsi, l’activité d’intermédiation financière a pour vocation la gestion des risques.
Ce travail de gestion des risques se base sur un exercice de transformation des actifs financiers émis par les agents à besoin de financement et acquis par ceux à capacité de financement en des actifs secondaires, permettant de mieux répondre à l’ensemble des besoins des agents économiques quelle que soit leur nature. Dans ce sens, le travail de gestion du risque se basait principalement sur la gestion du bilan de ces intermédiaires. Il s’agissait d’une gestion actif-passif implicite.
Néanmoins malgré l’intervention des intermédiaires financiers, des problèmes persistaient au niveau du système financier et pouvaient l’amener vers des situations de crise. Les intermédiaires financiers sont devenus eux-mêmes source de problème et de dysfonctionnements. En effet, les intermédiaires financiers, en tant qu’agents économiques rationnel à la recherche d’une maximisation de profit, ont développé un comportement spéculatif, matérialisé par une prise de risque excessive. Ainsi, l’intermédiaire financier est devenu source de problème, et à travers son comportement des crises financières ont pu émerger dans le temps. D’où, l’intervention de l’Etat en tant qu’acteur au niveau du système financier ayant pour souci d’assurer sa stabilité et ce en cherchant à orienter le comportement des intermédiaires financiers.
L’intervention de l’Etat a été matérialisée par la mise en place d’une réglementation financière dont l’objectif principal reste l’harmonisation des conditions d’exercice de l’activité de l’intermédiation financière et la recherche de plus de transparence. Toutefois, même avec cette réglementation financière, les crises se sont multipliées dans le temps et les intermédiaires financiers ont toujours été considéré à l’origine de ces crises. Cette situation va s’amplifier avec le phénomène d’internationalisation de l’activité des intermédiaires
financiers et les politiques de libéralisation financière, adoptées par l’ensemble des économies de marché, ayant favorisé la concurrence dans un environnement d’asymétrie d’information et engendré un comportement spéculatif des banques par une prise de risque excessive.
Suite à l’internationalisation de l’activité et la probabilité de contagion en termes de crise, les pays développés ont mis en place un comité, connu sous le nom du Comité de Bâle, qui a été à l’origine des accords de Bâle. Ces derniers précisent la conduite à tenir par les établissements de crédit ex-ante à leur action. Les accords de Bâle sont par la suite transposés au niveau de la réglementation de chaque pays. La principale mesure prise suite aux accords de Bâle est l’instauration des ratios prudentiels. Cet arsenal prudentiel représente la base d’une gestion prudentielle des risques bancaires.
Ainsi, les organisations bancaires se sont vues obligées de respecter les différentes mesures imposées par le législateur dans le cadre de leur travail de gestion opérationnelle de risques. Il s’agit des stratégies de gestion du risque élaborées par les banques et dont l’un de leurs déterminants est la gestion prudentielle. D’où le dilemme de la gestion des risques bancaires entre la gestion prudentielle et celle opérationnelle.
Dans ce sens, cet article aura pour finalité de comprendre et d’analyser ce dilemme à travers la problématique suivante : "Comment les entités bancaires doivent procéder lors de l’élaboration de leurs stratégies de gestion des risques en prenant en considération la relation entre l’approche prudentielle, à caractère macro-économique, et l’approche opérationnelle, à caractère micro-économique ?".
Pour traiter cette problématique, on va se baser principalement sur une approche conciliant la logique inductive et la logique analytique. La première approche consistera à analyser le phénomène dans une logique normative et conceptuelle, et par la suite, en se référant au cas du système bancaire marocain, on analysera le comportement des banques marocaines en termes de gestion de risque et de performance.
Ainsi, ce travail sera scindé en trois axes : Le premier traitera l’émergence de l’activité de l’intermédiation financière et la gestion du risque ; Le deuxième sera réservé à l’analyse de la relation entre la gestion prudentielle et la gestion opérationnelle des risques bancaires ; Le troisième axe consistera en une analyse de la performance du secteur bancaire marocain par rapport à la gestion des risques.
[…]
Ce travail avait pour objectif d’approcher la relation entre la gestion prudentielle et la gestion opérationnelle des risques afin de montrer que les entités bancaires, dans le cadre de l’élaboration de leurs stratégies spécifiques, doivent se référer à une gestion globale du système bancaire dans sa globalité à caractère prudentiel. Aussi, il était question d’étudier les comportements des banques marocaines en termes de performance eu égard de l’effort préventif fourni pour respecter les normes imposées par la logique prudentielle.
Ainsi, il ressort de cette étude que le comportement des banques (en termes de prise de risque) et l’inadéquation des normes prudentielles représentent les causes principales à l’origine de l’émergence des crises. Les innovations financières ont permis aux banques de contourner les normes prudentielles, mais aussi de détenir moins de capital tout en prenant
des risques excessifs. Les modèles internes de gestion des risques des banques se basent sur des hypothèses irréalistes et, dans les faits, sous-estiment largement les risques encourus. Des recommandations et propositions sont en permanence faites par le comité de Bâle afin de renforcer le dispositif prudentiel et de garantir la solidité financière des banques.
Les crises répétitives et les conséquences des innovations financières sur les normes prudentielles ont été à l’origine de la mise en place des accords de Bâle II et III. Ces accords ont eu pour objectif de prévenir les faillites bancaires par une meilleure adéquation entre fonds propres et risques encourus en vue d’assurer une meilleure stabilité bancaire et de promouvoir la croissance économique. Ces accords imposent aux banques la transparence et la communication au grand public de toutes les informations relatives aux risques encourus. Les normes prudentielles sont ainsi conçues pour réglementer les banques et éviter des crises bancaires récurrentes.
Une nouvelle évolution des normes prudentielles tente de pallier les insuffisances des normes précédentes pour permettre aux banques une meilleure résilience et l’instauration de la stabilité financière. Néanmoins, tout dépendra des stratégies effectives qui seront adoptées par les intermédiaires financiers afin de répondre aux exigences de l’approche prudentielle. Cela nous amène donc vers le paradoxe de la gestion prudentielle et opérationnelle des risques.

1. La gestion du risque financier et l’émergence de l’intermédiation financière
1.1. L’intermédiation financière de bilan et les risques de transformation
1.2. Le passage de l’intermédiation financière de bilan à l’intermédiation financière de marché : éclosion de nouveaux risques
2. La gestion des risques bancaires entre l’approche prudentielle et l’approche opérationnelle
3. Le secteur bancaire marocain et la gestion des risques : la transposition de l’approche prudentielle au niveau de l’approche opérationnelle
3.1. Les banques marocaines et les techniques préventives de gestion des risques
3.2. Les banques marocaines et les techniques de gestion ex-post des risques
3.3. La gestion du risque et la performance des banques marocaines
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