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Délocalisations de services vers le Maroc : Déterminants et impact sur la croissance économique
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Type de document : Thèse de doctorat
Nombre de pages : 318
Format : .Pdf
Taille du fichier : 2.19 MB
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Extraits et sommaire de ce document
Au cours des deux dernières décennies, la volumétrie importante du flot informationnel, conjuguée aux progrès technologiques dans les domaines des communications, a favorisé la mondialisation des processus de production. Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à délocaliser leurs services là où elles peuvent en tirer profit.
Face à ces tendances, et partant des modalités d’intégration du Maroc dans l’économie mondiale, ce dernier connaît actuellement une dynamique singulière distinguée par une stratégie de développement des activités de délocalisation des services, et par de nombreux grands chantiers destinés à accueillir ces activités.
Le Maroc se positionne désormais comme une destination privilégiée et très attractive dans le domaine de l’offshoring. Il s’est fait une place de choix sur la carte internationale des destinations offshores les plus avantageuses. En effet, dans le secteur tertiaire, l’attraction des investissements liés aux services délocalisés constitue l’un des choix prioritaires des autorités marocaines.
Le secteur est désormais très structuré, avec une association professionnelle et des références parmi les entreprises mondiales les plus dynamiques. L’Etat a adopté de nombreuses mesures spécifiques pour ce secteur, avec l’objectif de s’attaquer à l’externalisation dans les technologies de l’information.
La problématique essentielle que se pose cette thèse découle directement de ce contexte, elle consiste à analyser l’impact des délocalisations des services sur la croissance économique au Maroc, de déterminer les mesures de politique économique susceptibles d’attirer ces investissements et des stratégies permettant au pays d’en tirer les meilleurs profits. D'où la nécessité d'établir la relation existant entre les flux de délocalisations des services entrants et leur impact sur la croissance économique d’une part, et d’identifier la relation entre celle-ci et les facteurs déterminants de la délocalisation d’autre part. Il s’agit donc d’une relation de double causalité à traiter.
De là, la question principale qui se dégage est la suivante : qu’est-ce qui explique les flux de délocalisations des services vers le Maroc ? Et quelle en est l’incidence pour la croissance de l’économie locale?
De manière spécifique, il s’agira d’apporter des éléments de réponses aux questions suivantes : Quels sont les déterminants des délocalisations des services vers le Maroc? Quelle politique économique le Maroc doit il adopter pour attirer les délocalisations des services? Quel sera l’impact réel de cette politique sur la croissance économique?
Ainsi, notre étude tente d’analyser les attributs des délocalisations de services en insistant sur leurs déterminants principaux tout en dégageant les rôles de ces déterminants sur le développement économique du pays.
Dans le cadre de notre recherche, il s’avère important de signaler que le débat sur les délocalisations de services et la croissance économique a été ces dernières années d’une ampleur exceptionnelle, tant dans les analyses théoriques que dans les études empiriques, qui ont donné lieu à l’importance des implications en termes économiques notamment dans les en développement.
D’un point de vue théorique, la littérature se scinde en deux approches : celle plus sectorielles et microéconomiques et celles plus agrégées. En effet, les premières montrent que les déterminants de délocalisations résultent de la combinaison entre les capacités spécifiques de la firme, en termes de compétences et d’optimisation de la chaîne de valeurs et les caractéristiques spécifiques des services. Alors que les secondes tiennent plutôt compte de l’émergence de caractéristiques nouvelles de l’échange concurrentiel international, et des avantages du pays hôte en termes d’avantages comparatifs, mais aussi de politiques publiques.
Ainsi, vu sous l’angle microéconomique et sectoriel, Mehta (2006) indique que l’approche basée sur les compétences explique la décision de délocalisation des services dans le contexte actuel. Dans le même sens Wernerfelt (1984) et Bunyaratavej (2007), indiquent que le capital humain est plus important pour les opérations de délocalisations de services, que pour le secteur manufacturier du fait de l’importance accordée au personnel. Pour Coward (2003) et Khan (2003), un seuil suffisant de travailleurs qualifiés doit être atteint, pour attirer les firmes qui cherchent à délocaliser leurs activités de services. Finlay et King (1999) montrent quant à eux, que l’accès facile à un personnel spécialisé et qualifié, contribue à la réduction des coûts. Khan (2003) et Kakabad (2005) soulignent quant à eux que la délocalisation a toujours pour vocation première la réalisation d’économies d’échelle.
Au développement d’une approche sectoriel plus détaillée, Rugman et Verbeke (2001) montre que la localisation des activités de services s’explique par la combinaison entre les avantages spécifiques de la localisation (le pays d’accueil), et la nature de l’activité de services. Dans ce sens, Coward (2003) indique que le salaire constitue un facteur clé pour un secteur dont les dépenses sont fortement liées au personnel et à la forte capacité de désintégration, tel que le secteur des services. Pour le même secteur, Bunyaratavej (2007) remplace l’infrastructure physique pour les industries manufacturières par les infrastructures de communication, et montre par la suite que la relation entre infrastructures TIC et délocalisation des activités de service, indique l’importance du potentiel de désintégration de l’activité de service. Jodice (1985), Calverly (1990) et Root (1972) soulignent quant à eux que le risque politique pourrait être le déterminant le plus important et le plus décisif pour les investisseurs.
Pour Dunning (1993) et Lewin (2008), les délocalisations sont expliquées par la combinaison entre les capacités spécifiques de la firme, les avantages spécifiques de la localisation et les avantages de l’internationalisation. Hymer (1960) souligne que la décision de délocaliser est alimentée par l’obligation pour l’entreprise de s’adapter à l’internationalisation, sous contrainte d’une concurrence essentiellement déterminée par les progrès techniques.
Dans un développement à la théorie shumpeterienne du désequilibre créateur, Michèle Rioux (2002) affirme que ce sont les firmes multinationales qui, pour l’essentiel, font jouer la concurrence sur chaque stade du processus productif. Les délocalisations, apparaissent alors, sous cet angle, comme une expression manifeste de la mise en oeuvre du principe de la concurrence et de la segmentation du marché au niveau mondial. Les avantages comparatifs de Ricardo s’entendent désormais sur des segments du cycle de production, et la fragmentation des processus de production est devenue une des caractéristiques principales de l’économie contemporaine.
Prenant en considération ces déterminants, les effets en retour de ceux-ci sur la croissance restent différents d’un pays à un autre. Cependant, il y a un consensus entre plusieurs organismes internationaux, et une large majorité des économistes concernant les effets bénéfiques des délocalisations sur la croissance des économies d’accueil. Ainsi, Bende et Al (2000) montrent que les délocalisations exercent un effet direct sur l’accumulation du capital, le commerce international, la politique gouvernementale, et le transfert de la technologie. Ces facteurs, sont liés les uns aux autres, selon une approche interrelationnelle complémentaire, et stimulent communément la croissance. Elles constituent également un important canal de propagation de la recherche et développement (Grossman et Helpman, 1991).
Romer (1990) stipule que les effets de report technologique et productif existent et expliquent qu’ils sont conditionnés par des facteurs tels que la densité des liens entre filiale des firmes étrangères et firmes locales partenaires ou concurrentes, le degré de formation et de qualification de la main d’oeuvre locale ou les capacités technologiques et organisationnelles des firmes locales.
Dans un même sens, Bhagwati, Panagariya et Srinivasan (2004) affirme les effets bénéfiques des délocalisations de services qui s’inscrivent dans un phénomène essentiellement commercial, elles devraient donc, selon eux, avoir sur l’emploi et les salaires des incidences qualitativement similaires à celles du commerce classique des biens finaux. Grossman et Rossi-Hansberg (2006), présentent un modèle de délocalisation à l’international, leur principale conclusion tient au fait que la délocalisation des tâches peut rehausser la croissance de la productivité des entreprises. Leurs résultats suggèrent que les effets de report des délocalisations de services sont susceptibles d’augmenter lorsque le tissu industriel est dense dans un secteur et lorsque ce secteur entretient des relations non contraintes et intenses avec l’extérieur. Ils suggèrent également que les capacités technologiques des acteurs productifs locaux importent mais que les délocalisations et ces dernières entretiennent probablement des relations réciproques. L’existence de capacités technologiques (qualifications, capacités d’imitation) stimule les entrées des délocalisations, mais ces dernières peuvent également avoir des effets positifs (innovations chez les partenaires locaux).
Les analyses sur données agrégées « Aitken, Harrison et Lipsey (1996), Borensztein, De Gregorio et Lee (1998), Markusen et Venables (1999), Ramos (2001), Menegaldo et Moustier (2002), Blomstrom et Kokko (2003), Andreff (2003), Mainguy et Rugruff (2003), Lipsey et Sjoholm (2004), Bergin, Feenstra et Hanson (2006) », ont cependant permis d’identifier la contribution à la croissance des facteurs qui peuvent catalyser les effets de report technologique et productif. Elles ont ainsi montré que le niveau d’éducation, le degré de développement financier, le degré d’ouverture commerciale et l’importance et la qualité des infrastructures et des institutions locales jouent un rôle de catalyseurs facilitant l’apparition d’effets de report au niveau sectoriel en interagissant avec les investissements étranger pour stimuler la croissance du PIB et de la productivité globale des facteurs.
Le but principal de ce travail est de déterminer les facteurs de délocalisations des services vers le Maroc et d’analyser leur impact sur la croissance économique du pays.
L’atteinte de ces objectifs et la discussion de la validité des résultats empiriques s’articuleront autour des hypothèses suivantes : H1 : Les délocalisations de services vers le Maroc influencent positivement et significativement sa croissance économique ; H2 : Un cadre macro-économique sein attire les délocalisations de services vers le Maroc.
Les étapes de la méthodologie feront l’objet de développements particuliers dans la deuxième partie. Nous nous contenterons ici de rendre compte brièvement d’un certain nombre de choix méthodologiques.
Dans le cadre de ce travail, la méthode utilisée pour atteindre les objectifs fixés est :
- D’une part, hypothético-déductive en ce sens que l’étude part des hypothèses théoriques et empiriques déjà formulées par différents auteurs sur les déterminants des délocalisations des services et leur impact sur la croissance, pour les appliquer sur le cas particulier du Maroc ;
- d’une autre part, historique et économétrique. Historique parce que l’étude essaie de retracer l’histoire évolutive des variables concernées par notre recherche. Econométrique parce qu’au delà d’une étude évolutive, l’analyse tente de ressortir la meilleure relation possible (du point de vue économétrique) qui existerait entre la croissance, la délocalisations des services et ses déterminants.
Ainsi, la première partie de la méthodologie fait appel à la collecte des données pour faire les analyses économétriques. La technique documentaire nous a été d’une très grande utilité pour la collecte des données. Ainsi, les données utilisées sont tirées de différentes sources notamment : la Banque Mondiale, le BIT, l’Annuaire Statistique de l’ONU, le Haut Commissariat au Plan, le Ministère de Finance, l’Office de Change et Bank Al-Maghrib.
Cependant, l’approche méthodologique de la relation croissance économique- déterminants de délocalisations des services, exige la mise en oeuvre de techniques économétriques rigoureuses. Tenant compte de la revue de la littérature théorique et empirique, et de la spécificité de l’économie marocaine, nous allons spécifié un modèle économétrique structurel à équations simultanées sur la période 1980-2010, afin d’analyser les interactions entre délocalisation des services et croissance économique ayant contrôlé les déterminants usuels de la croissance économique. Cette analyse est sous-tendue par la construction d’indicateurs d’attractivité reflétant les potentialités du pays à absorber les activités de délocalisation en provenance de l’étranger.
[…]
Dans le cadre de notre étude, nous allons utilisé la méthode des doubles moindres carrée équation par équation, car nous avons une équation juste identifiée et cinq équations sur-identifiées. Le logiciel utilisé pour l’estimation est Eviews 5. Une explication plus détaillée des critères de notre démarche méthodologique figure dans la deuxième partie de la thèse.
La structure de la thèse s’articule autour de deux parties distinctes : une partie théorique et une partie empirique.
Nous entamerons la partie théorique avec un premier chapitre qui mettra en relief de façon approfondie les concepts et les définitions relatifs à notre travail. Ainsi, une approche conceptuelle de la délocalisation de services y sera présentée, en évoquant notamment sa multiformité et sa mouvance. Ce chapitre vise en fait à clarifier les concepts de base utilisés dans ce travail, et permet également un cadrage analytique préalable éclairé contribuant à dessiner le cadre dans lequel s’inscrit le phénomène de délocalisation. Le deuxième chapitre est réservé, quant à lui, à présenter une revue de littérature sur les déterminants de la délocalisation, et son impact sur la croissance économique des pays d’accueil. Il sera en effet question d'analyser les différents travaux antérieurs aussi bien théorique qu’empirique, relatifs à notre question de recherche.
Le but de la deuxième partie est de présenter un cadre d’analyse empirique approprié à notre problématique de recherche, en se basant essentiellement sur les conclusions des apports théoriques et empiriques issus de la première partie. Le premier chapitre décrira intégralement et de façon détaillée la démarche méthodologique de recherche adoptée dans le but d’obtenir des résultats satisfaisants. Il s’agira également d’analyser l’état des lieux des délocalisations de services sur le territoire marocain. Dans le deuxième chapitre, il sera question de faire une analyse descriptive et statistique des données de recherche. Enfin et pour clore cette partie, nous allons nous intéresser à l’étude économétrique de notre modèle de recherche.

Partie I : Les délocalisations, vue d’ensemble dans l’analyse économique
Chapitre I : Approche conceptuelle de la délocalisation
Section 1 : Un phénomène complexe aux indicateurs multiples
Section 2 : L’évolution du concept : la montée en puissance des services dans les opérations de délocalisation
Chapitre 2: Recensement littéraire
Section 1 : Les déterminants de la délocalisation dans l’approche théorique
Section 2 : L’impact des délocalisations de services sur la croissance économique des territoires d’accueil
Partie II : Etude empirique et résultats de recherche
Chapitre 1 : Etat des lieux et méthodologie de recherche
Section 1 : Délocalisation des activités de services au Maroc : Etat des lieux
Section 2 : La présentation de l’approche méthodologique
Chapitre 2 : Résultats
Section 1 : Analyse bivariée : exploration statistique des données
Section 2. Analyse multivariée : vérification des hypothèses de la régression multiple
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