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Libéralisation du compte capital, développement financier et croissance économique : Cas de la Tunisie
Extraits et sommaire de ce document
À travers ce débat économique, le premier objectif de notre thèse est d’étudier le lien entre la libéralisation du compte capital et la croissance économique dans la région MENA (Middle East and North Africa). Afin de déterminer ce lien, notre recherche présente l'avantage de prendre en compte le degré du développement institutionnel, à savoir la représentation démocratique, le contrôle de la corruption et la qualité bureaucratique. Les entreprises des pays en voie développement (PVD) peuvent emprunter auprès des institutions financières internationales. Cela va permettre (i) la mobilisation de l’épargne mondiale, (ii) la réduction des contraintes liées à la liquidité, et (iii) une meilleure allocation du crédit. Ainsi, la libéralisation du compte capital favorise l’augmentation de la production et le développement du secteur financier. En raison de ces avantages, de nombreux PVD ont ouvert leurs marchés de capitaux, au cours années 1980 et 1990. Par ailleurs, Levine et Zervos (1998) ont démontré que l'augmentation des entrées de capitaux peut accroitre la liquidité boursière. Cette dernière réduira la prime de risque rattachée aux actions (Ahimud et al, 1986). De leurs côté, Sohinger et Horvatin (2006) ont trouvé un lien positif entre les flux de capitaux internationaux et le développement du secteur bancaire croate. Cependant, la libéralisation financière externe est susceptible de réduire l'accès des entreprises locales au crédit. Dans ce cadre, Gormley (2014) souligne que les investisseurs étrangers peuvent causer la segmentation du marché du crédit intérieur, en particulier dans les pays ayant des coûts relativement élevés d’acquisition d'information. En outre, la libéralisation croissante des flux de capitaux, et plus spécifiquement le développement rapide des flux de capitaux volatils de court terme, signifie que les événements mondiaux peuvent influencer la stabilité financière du marché domestique. Ce fut notamment le cas lors de la crise de 2007-2008. La détérioration des conditions de financement et l’augmentation de l'aversion au risque ont provoqué la chute des marchés boursiers et l'instabilité du système bancaire. Par conséquent, le second objectif de notre thèse est de déterminer la relation entre la libéralisation financière externe et le développement financier en Tunisie. Dans ce cadre, très peu de travaux ont été réalisés sur ce sujet (Chinn et Ito, 2002). De plus, à notre connaissance, aucune recherche ne s’est focalisée sur la Tunisie. En fonction des deux objectifs de notre recherche doctorale énoncés précédemment, nous organisons notre travail en trois chapitres. Dans le premier, nous présentons les principales raisons qui plaident en faveur du paradigme libéral. De même, les critiques faites à ce courant de pensée seront examinées. Etant donnée l’importance de l’intégration financière internationale, les différents flux de capitaux seront étudiés. In fine, nous évoquons les expériences des économies en matière de libéralisation financière externe. Le deuxième chapitre consiste à dresser un état des lieux de la croissance économique, du développement institutionnel et de l’ouverture du compte capital dans les pays de la région MENA. Une revue de la littérature théorique et empirique est effectuée pour bien appréhender, d’une part le lien entre libéralisation externe et croissance économique et, d’autre part, le rôle important des institutions dans ce processus. Sur le plan empirique, nous utilisons la méthode des moments généralisés (GMM). Cette méthode permet d’apporter des solutions aux problèmes de biais de simultanéité, de causalité inverse et de variables omises. De plus, elle permet d’obtenir des estimations efficientes, suite à l’application d’un modèle dynamique. Les estimations vont être réalisées sur un panel de 11 pays de la région MENA, pour la période 1986–2012. Par ailleurs, nous mobiliserons, dans l’équation dynamique de la croissance, des variables mesurant le degré d’ouverture du compte capital (de jure et de facto), des variables mesurant la qualité institutionnelle, et des termes d’interaction entre ces dernières. L’impact de l’ouverture financière de facto sur la croissance économique est vérifié à travers le lien entre libéralisation et instabilité économique. Parallèlement, l’impact de l’ouverture financière de jure sur la croissance économique est testé via l'introduction de nouvelles variables et la suppression des pays pétroliers de notre échantillon. En effet, l’une des critiques adressées aux travaux empiriques consiste à dire que l’échantillon retenu ne tient pas compte des différentes caractéristiques relatives à chaque pays, notamment celles liées aux ressources naturelles. De plus, le modèle à équations simultanées est employé pour confirmer les résultats de la méthode des moments généralisés. Le troisième chapitre est consacré à l’étude de l'influence de la libéralisation des flux de capitaux sur le développement financier en Tunisie. Pour ce faire, nous commençons par la présentation des faits stylisés relatifs au marché financier et à l’intégration financière en Tunisie. Un survol de la littérature empirique sur ce sujet est effectué dans la deuxième section. L’étude empirique, sur le lien entre ouverture et développement financier, est menée dans le cadre de la troisième section. Ainsi, nous construisons, à partir d’une analyse en composantes principales (ACP), une mesure du développement financier. Cette mesure va refléter l'intermédiation financière, le développement du secteur bancaire et la situation du marché boursier. Par la suite, afin d’estimer nos deux modèles, nous utilisons l’approche autorégressive à retards échelonnés (ARDL) de Pesaran et Yongcheol (1998). Cette méthode est appropriée pour l’étude des échantillons de petite taille (Narayan, 2005). En outre, la robustesse de nos résultats est vérifiée à travers : (i) une comparaison entre l’indicateur de développement financier développé par le FMI et notre mesure bâtie à partir de l’ACP, (ii) l’utilisation d’une mesure alternative de la libéralisation financière, et (iii) l’emploi de la technique des moindres carrés ordinaires dynamiques (DOLS) et la technique les moindres carrées ordinaires modifiés (FMOLS). Chapitre 1 : La libéralisation du compte capital : concepts et expériences I. L'approche théorique de McKinnon et Shaw (1973), ses prolongements et ses limites I.1. L'approche théorique de McKinnon et Shaw (1973) I.2. Les prolongements de l'approche McKinnon et Shaw I.3. Les critiques de la théorie de la libéralisation financière II. Les conditions préalables à la réussite de la libéralisation financière II.1. Les conditions primitives II.2. L’ordre d’adoption des réformes financières III. La libéralisation du compte capital III.1. Les investissements directs étrangers (IDE) : L’état des lieux III.2. Les investissements de portefeuille (IP) III.3. Les crédits bancaires internationaux IV. Les leçons tirées de la libéralisation du compte capital IV.1. L’expérience du Chili IV.2. L’expérience de la Corée du Sud IV.3. L’expérience de la Chine Chapitre 2 : Compte capital, qualité institutionnelle et croissance économique dans les pays de la région MENA: analyse par la méthode des moments généralisés I. Faits stylisés I.1. Croissance économique : des perspectives encore mitigées I.2. La qualité institutionnelle : des progrès à faire 1.3. La libéralisation du compte capital : Positionnement de la région MENA II. Revue de la littérature II.1. La libéralisation du compte capital et croissance économique : une revue de la littérature théorique II.2. La libéralisation du compte capital et croissance économique : une revue de la littérature empirique II.3. La libéralisation du compte capital, qualité institutionnelle et croissance économique III. Libéralisation du compte capital et croissance économique dans la région MENA : investigation empirique III.1. Méthodologie III.2. Les résultats empiriques III.3. Étude de robustesse Chapitre 3 : Compte capital et développement financier en Tunisie: analyse par l’approche autorégressive à retards échelonnés (ARDL) I. Le développement du secteur financier et l'Intégration financière en Tunisie I.1. Evolution du système financier tunisien I.2. Le développement bancaire I.3. Le développement du marché boursier I.4. L’ouverture du compte capital en Tunisie II. La relation entre la libéralisation du compte capital et le développement financier : revue de la littérature III. Libéralisation du compte capital et développement financier en Tunisie : étude économétrique III.1. Données et la méthodologie empirique III.2. Résultats empiriques et interprétations III.3. Etude de robustesse Autres documents qui pourraient vous intéresser !
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