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Evaluation du risque de crédit des PME françaises internationalisées
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Type de document : Thèse de doctorat
Nombre de pages : 320
Format : .Pdf
Taille du fichier : 4.2 MB
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Extraits et sommaire de ce document
[…] Pour les banques, la prévision du risque de crédit des entreprises est également essentielle dans la mesure où les règles prudentielles élaborées par le Comité de Bâle les obligent à se doter d’un système d’évaluation de risque de crédit, afin de juger la qualité de chaque ligne de crédit (par l’attribution d’une note individuelle) et d’évaluer les probabilités de pertes engendrées par la détention d’un portefeuille de crédits. Elles déterminent ensuite les fonds propres à constituer en fonctions de la quantité des pertes prévues.
L’objectif du régulateur est de s’assurer que les banques sont suffisamment capitalisées par rapport aux risques portés. Même s’il est impossible d’éliminer complètement le risque de crédit à travers ce type de règlementation prudentielle (ce qui ne peut d'ailleurs être un objectif micro ou macroéconomique), les banques, en adoptant de bons modèles de prévision adaptés aux particularités de leurs segments de clients, notamment les PME, réduisent au minimum leur propre risque de défaut, permettant ainsi, de créer un environnement économique stable, caractérisé par un niveau de confiance élevé des individus et des entreprises.
La nécessité de se doter d’un système d’évaluation de risque est également justifiée en raison du fait que la survenance brutale des défaillances est un événement plutôt rare. Mais par ailleurs, la défaillance est généralement visible plusieurs années à l’avance. D'une manière générale, ces défaillances se manifestent plutôt à la suite d’une dégradation successive de la notation (De Servigny et al., 2003 ; 2006). Ainsi, la banque peut prendre par avance les mesures nécessaires pour pouvoir récupérer son capital emprunté, décider de refuser de renouveler ou octroyer de nouvelles lignes de crédits.
Ces systèmes d’évaluation se présentent sous la forme de modèles de scoring qui visent à prédire la vulnérabilité éventuelle d’une entreprise à l’aide des informations financières et des méthodes statistiques. L’objectif des banques est donc de détenir des modèles de scoring performants qui permettent de grouper les entreprises dans des classes de risques afin d’améliorer la capacité de distinguer entre les bons et les mauvais emprunteurs.
De ce fait, l’adoption d’instruments de détection précoce des défaillances d’entreprises peut permettre aux banques de mieux répertorier les PME disposant d’une assise financière robuste, et ainsi de réduire les problèmes d’asymétrie d’information susceptibles de conduire à un rationnement du crédit qui serait de nature à pénaliser les investissements et la croissance économique.
En mettant en place un modèle de risque de crédit, les banques peuvent également palier aux problèmes de tarification des crédits, puisque le coût de l’endettement (taux d’intérêt appliqué) est fonction du risque de défaillance, lui-même étroitement lié à l’appréciation de la qualité des emprunteurs.
Bon nombre de travaux théoriques et de vérifications empiriques (Edmister, 1972 ; Bates et Nucci (1989), Van Caillie (1989, 2006), Pompe et Bilderbeek (2005), Altman et Sabato, 2007 ; etc) ont fait émerger différents modèles de prédiction du risque de crédit des PME, permettant d’en évaluer son ampleur et d’être en mesure de le prévoir. Ces méthodes sont adoptées par les banques lors la construction de leurs systèmes de scoring internes.
Cette thèse s’inscrit dans le prolongement des travaux de recherche sur les déterminants de la défaillance des PME, en particulier celles ayant une activité internationale. Le terrain expérimental est celui des PME françaises. Elle vise d’une part à mieux cerner les facteurs macroéconomiques susceptibles d’expliquer la défaillance et, d’autre part, à proposer une analyse exploratoire et comparative proposant un modèle de prédiction du risque de crédit.
La revue de la littérature permet de constater que même s'il existe une multitude de travaux dans le domaine du risque crédit des entreprises, proposant une certaine richesse des résultats, très peu de ces recherches ont été menées sur une population (les PME) doublement caractérisée par sa taille et son activité (en l'occurrence l'ouverture vers les marchés étrangers).
Or nous avons pourtant vu que le financement de cette catégorie d'entreprise est un enjeu de taille, pour leur développement et plus généralement pour l'emploi et les échanges extérieurs. La majeure partie de la littérature existante traite la question du risque de crédit en ayant recours à des indicateurs financiers, donc en se concentrant sur des indicateurs internes. Elle intègre rarement les variables relatives à la conjoncture économique et ne s’intéresse pas à la question de l’internationalisation.
Ainsi, la thèse analyse le risque de crédit des PME en évaluant empiriquement plusieurs questions liées à ce risque. Plus précisément, elle répond aux questions suivantes :
1- De quelle manière le risque de crédit des PME françaises internationalisées est-il influencé par l'environnement macroéconomique ?
2- Un degré élevé d'internationalisation permet-il de diminuer le risque de crédit des PME françaises ?
3- Doit-on traiter de manière spécifique la modélisation du risque de crédit des PME françaises internationalisées ?
En répondant à ces questions, la thèse examine les hypothèses suivantes :
- Hypothèse 1 : Les variables macroéconomiques ont des répercussions importantes sur le risque de crédit des PME françaises internationalisées.
Les conditions économiques jouent un rôle important dans la détermination du risque de crédit des PME. Ces conditions capturent par exemple l’effet d’un retournement défavorable de l’environnement économique, susceptible d’affecter la santé financière des PME, caractérisées par une fragilité et une capacité limitée à faire face aux crises conjoncturelles, comparativement aux entreprises de plus grande taille.
Ainsi, en cas de fluctuations économiques négatives, les PME n’auront pas de sources de financement suffisantes. De plus, les PME ayant une activité moins diversifiée à l'international ont plus de difficultés de compenser l’érosion de marges sur les marchés domestiques.
- Hypothèse 2 : L'internationalisation réduit la probabilité de défaillance des PME.
L'internationalisation a plusieurs avantages qui influencent positivement la performance des entreprises et donc la santé financière. Tout d'abord, le développement à l’international est un véritable levier de croissance car il permet d’augmenter le chiffre d’affaires sur de nouveaux marchés et compenser l’érosion des marges sur les marchés domestiques, ce qui permet d’améliorer la rentabilité.
Deuxièmement, l'internationalisation renforce la stabilité des gains en diversifiant les sources de revenus et en réduisant les risques de l'entreprise grâce à l'intégration des marchés étrangers (Caves, 2007). Enfin, l'internationalisation, parce qu'elle conduit à une hausse du volume des affaires, peut améliorer le système de production, augmenter les économies d'échelle, et conduire à une plus grande efficacité en termes des coûts (Hout et al., 1982).
D'un autre côté, l'internationalisation présente quelques inconvénients qui peuvent avoir un impact négatif sur les performances de l’entreprise. Par exemple l'internationalisation expose l’entreprise au risque de change et à des coûts de transaction importants (Thomas et Eden, 2004 ; Gupta et al., 2014). Il reste à savoir si les avantages de l'internationalisation peuvent l'emporter sur les inconvénients.
- Hypothèses 3 : la modélisation du risque de crédit des PME doit tenir compte de l’internationalisation.
Bien qu'il existe de nombreux facteurs communs qui peuvent affecter tous les types entreprises, qu'elles aient une activité strictement domestique ou qu'elles soient ouvertes à l'international, il existe aussi des facteurs qui peuvent influencer différemment ces deux catégories d’entreprises.
Plus précisément, au-delà d'un environnement économique différencié (hypothèse 1), les avantages et les inconvénients de l'internationalisation, mentionnés ci-dessus dans l'hypothèse 2, peuvent nécessiter une prise en compte différente des variables financières dans l'évaluation de la probabilité de défaut. Cela suggère que les petites et moyennes entreprises domestiques et internationales devraient être considérées séparément lors de la modélisation de leur risque de crédit.
Nous tentons d’apporter notre contribution à ces questions et vérifier les hypothèses à travers les deux parties qui composent cette thèse :
- La première partie intitulée « Exploration théorique et empirique du risque de crédit des PME internationalisées » est divisée en trois chapitres. Nous examinons tout d'abord la littérature existante sur la question des déterminants du risque de crédit des entreprises et particulièrement des PME. Nous étudions ensuite le processus d’internationalisation des PME, pour en comprendre les avantages et les risques encourus. Ceci permet de détecter les facteurs qui seront testés économétriquement pour vérifier l’influence de l’internationalisation sur la probabilité de défaillance des PME ;
- La deuxième partie intitulée « Modélisation du risque de crédit des PME internationalisées » est répartie en deux chapitres. Dans le chapitre quatre nous réalisons un audit des différentes méthodologies adoptées pour l’évaluation du risque de crédit. Nous en extrayons les principaux indicateurs financiers qui pourront être utilisés pour la modélisation du risque de crédit spécifique aux entreprises internationalisées réalisée dans le chapitre cinq.

PARTIE 1. EXPLORATION THEORIQUE ET EMPIRIQUE DU RISQUE DE CREDIT DES PME INTERNATIONALISÉES
CHAPITRE 1. LE RISQUE DE CREDIT DES PME : UNE REVUE DE LITTERATUR
CHAPITRE 2. L’INTERNATIONALISATION DES PME
CHAPITRE 3. L’INFLUENCE DE L’INTERNATIONALISATION SUR LA PROBABILITÉ DE DEFAUT DES PME FRANÇAISES : UNE ANALYSE EN DONNÉES DE PANEL
PARTIE 2. MODELISATION DU RISQUE DE CREDIT DES PME INTERNATIONALISÉE
CHAPITRE 4. METHODES D’EVALUATION DU RISQUE DE CREDIT DES PME
CHAPITRE 5. CONSEQUENCES DE L’INTERNATIONALISATION SUR LA MODELISATION DU RISQUE DE CREDIT DES PME
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