Logo
Memoires et Projets de fin d'Etudes

Espace Membres

Identifiant :

Mot de passe :

Mot de passe oublié ?

Accumulation du capital humain et employabilité : Cas du Maroc et de la Tunisie
accéder au document
Type de document : Thèse de doctorat
Nombre de pages : 355
Format : .Pdf
Taille du fichier : 5.15 MB
Note : note (0 votes)
Extraits et sommaire de ce document
[…] Cette relation entre capital humain et insertion professionnelle est clairement démontrée d’un point de vue théorique comme montré dans le premier chapitre. Ce chapitre présente ainsi une revue de la littérature théorique de l’insertion professionnelle des jeunes à travers deux grands axes. Nous considérons dans un premier temps une approche microéconomique dans laquelle nous présentons la théorie du capital humain ainsi que les principales théories rattachées à la recherche d’emploi dans un contexte d’information imparfaite.
Nous présentons également les principales théories relatives aux interactions entre discriminations et emploi. En effet, les difficultés d’insertion de certains jeunes, à diplôme identique, révèlent que d’autres facteurs que l’accumulation de capital humain interviennent dans le processus de décision des employeurs.
Parmi ces facteurs susceptibles de contrarier l’insertion professionnelle, les caractéristiques subjectives rattachées aux individus (genre, origine…) sont révélatrices de discriminations et expliquent, en partie, les difficultés d’insertion professionnelle.
On distingue ainsi les discriminations en terme de goût (Becker, 1957) et les discriminations en termes de croyances (Phelps, 1972). Celles-ci peuvent se manifester dans l’accès à l’emploi des individus mais également lorsque ceux-ci sont déjà en emploi avec notamment les discriminations salariales. Nous nous interrogeons sur l’existence d’éventuelles discriminations à l’encontre des jeunes avec une origine étrangère concernant ces deux aspects afin de déterminer si ces individus font face à une double discrimination sur le marché du travail.
Les difficultés d’insertion des jeunes avec un niveau d’éducation supérieur sur le marché du travail soulèvent de nombreuses problématiques. Tout d’abord, se pose la question de la capacité d’absorption par le système productif de la main d’oeuvre qualifiée additionnelle. Autrement dit, la croissance économique est-elle suffisamment riche en emplois qualifiés pour offrir du travail aux nouveaux diplômés ? Cette question est d’autant plus impérative que l’enseignement supérieur a tendance à se démocratiser rapidement.
Cette problématique renvoie ainsi principalement au modèle de croissance des pays et notamment aux gains de progrès technologiques, à la spécialisation productive et la place du pays dans la chaîne de valeur mondiale ou encore à la politique d’innovation. Ensuite, la correspondance qualitative entre les formations suivies par les jeunes et les compétences demandées sur le marché du travail peut être questionnée.
Cette problématique renvoie au contenu des formations proposées à l’université notamment au regard des compétences demandées par le système productif. Enfin, la qualité de l’éducation pourrait également être un facteur explicatif des taux de chômage particulièrement élevés pour ces jeunes dans les pays MENA.
En cas de mauvaise qualité, réelle ou perçue, de la formation, les employeurs auront un doute sur le niveau de la productivité des jeunes diplômés relativement aux jeunes non diplômés et ne souhaiteront pas employer un jeune diplômé à un niveau de salaire correspondant à son niveau d’éducation générant une situation de déclassement.
Les interrogations sur la qualité de la formation ou de la correspondance entre formations et compétences recherchées sur le marché du travail remettent en cause l’idée selon laquelle le diplôme est un révélateur du niveau de productivité des jeunes ainsi que le propose la théorie du signal (Spence, 1973 ; Arrow, 1973 ; Blaug, 1985…).
En effet, indépendamment de l’accumulation du capital humain, d’autres éléments peuvent être la cause des difficultés d’insertion des jeunes. Les difficultés structurelles du système d’éducation peuvent notamment être en cause. Notre second chapitre vise à étudier le cas particulier du Maroc et de la Tunisie où d’importantes réformes concernant l’éducation ont été mises en place vers la fin des années 1980.
Dans ce cadre, nous commençons par étudier les progrès accomplis en termes d’éducation depuis les années 1990 dans ces pays ainsi que les limites du système éducatif actuel afin de mettre en évidence d’éventuelles carences dans le processus d’accumulation du capital humain qui expliqueraient les difficultés d’insertion professionnelle.
La seconde section du Chapitre II, à partir des données de l’enquête originale OCEMO (2013) sur un échantillon de jeunes de la région de Marrakech, vise à apporter un éclairage quant à la relation entre le niveau d’éducation des jeunes (15-34 ans) et la probabilité d’être dans un parcours emploi rémunéré.
Cette section souligne l’importance de l’accès à l’enseignement secondaire pour les jeunes de la région de Marrakech qui est une région à forte composante rurale. Ainsi, malgré les difficultés du système d’éducation du pays, l’étude démontre que la généralisation de l’accès à l’éducation de base est un élément déterminant de l’avenir professionnel des jeunes.
Le chapitre III se base sur une enquête de plus grande ampleur qui a été menée en France en 2008. Il s’agit de l’enquête Trajectoires et Origines (INED et INSEE, 2008) qui nous permet d’étudier le poids des origines sur l’insertion professionnelle. En effet, les immigrés connaissent d’importants taux de chômage en France : 17% contre 9,8% pour l’ensemble de la population (INSEE, 2013).
Les jeunes d’origine étrangère et plus particulièrement maghrébine lorsqu’ils sont diplômés du supérieur devraient, dans une certaine mesure, être protégés du chômage et donc accéder tout aussi facilement à un emploi que les français diplômés du supérieur.
L’enquête TeO permet de distinguer les individus avec une ascendance migratoire (immigrés ou descendants) ; ce qui nous permet de déterminer si ces derniers ont plus de difficultés d’accès à l’emploi que les français mais également, s’ils sont concernés, une fois en emploi, par des différentiels salariaux.
À l’aide, notamment de la méthode basée sur la décomposition de Oaxaca et Blinder (1973), nous cherchons également à expliquer dans quelles mesures les éventuels écarts d’accès à l’emploi ou les écarts salariaux seraient liés d’une part à des différences de caractéristiques observables et d’autre part à une composante non expliquée a priori, pouvant notamment être rattachée à un phénomène de discrimination.
Ce chapitre démontre que si la relation capital humain-employabilité fonctionne, elle ne protège pas les jeunes avec une origine étrangère des considérations négatives non liées à leur productivité individuelle mais se rapprochant de la discrimination. Ainsi, si le niveau de diplôme améliore leur employabilité, il ne suffit pas à compenser le différentiel d’accès à l’emploi et de salaire par rapport à la population majoritaire.
Enfin, le Chapitre IV vise à affiner l’analyse précédente en tenant compte des parcours scolaires des jeunes afin d’évaluer leur impact sur l’accès à l’emploi. L’étude est menée à partir des données des trois vagues (2007, 2009 et 2011) de l’enquête longitudinale Génération 2004 (Céreq). Nous focalisons notre attention sur l’effet des parcours scolaires des jeunes français et des jeunes d’origine maghrébine sur leur insertion professionnelle afin d’en dégager les éventuelles spécificités.
Ce chapitre montre comment l’orientation précoce (au collège et lycée) des jeunes d’origine maghrébine vers des filières professionnelles ou technologiques est un handicap sérieux pour l’obtention de diplômes de l’enseignement supérieur qui assurent une meilleure insertion professionnelle.

Chapitre I - L’insertion professionnelle : approches théoriques
Section 1 : Une approche microéconomique de l’insertion professionnelle
1.1 L’investissement en capital humain
1.1.1 Hétérogénéité des investissements en capital humain
1.2 La recherche d'emploi dans un contexte d'information imparfaite
1.2.1 Théorie de la quête
1.2.2 Sélection à l'embauche en concurrence imparfaite
1.3 Interactions entre discrimination et emploi
Section 2 : Les modes de régulation du marché du travail
2.1 Segmentation du marché du travail et accès à l’emploi des jeunes
2.1.1 Principaux segments du marché du travail
2.1.2 Le cas particulier des pays en développement
Chapitre II - La problématique de l’insertion professionnelle des jeunes dans les pays MENA du sud de la méditerranée : cas du Maroc et de la Tunisie
Section 1 : La situation des jeunes depuis les années 1990 : le cas du Maroc et de la Tunisie
1.1 Une jeunesse de plus en plus éduquée
1.2 Mais des difficultés persistantes
1.2.1 Une orientation déséquilibrée
1.2.2 La qualité de la formation remise en question
1.2.3 La problématique de la langue d’apprentissage
1.3 Des freins à l’insertion professionnelle des jeunes
1.3.1 Une transition professionnelle bloquée : la situation particulièrement difficile des diplômés du supérieur
1.3.2 Les formations professionnelles peinent à s’imposer
1.4 Politiques actives d’emplois ciblant les jeunes
Section 2 : Les difficultés d’insertion des jeunes marocains
1.1 Présentation de l’enquête sur les attentes de la jeunesse marocaine
1.2 Méthodologie : modèle probit bivarié
1.3 Niveau d’éducation et parcours en emploi rémunéré
Chapitre III - Le poids des origines sur l’insertion professionnelle des jeunes en France
Section 1 : Définitions et mesures de la discrimination
Section 2 : Données et champ de l’étude
2.1 Principales caractéristiques des jeunes avec une origine étrangère
2.1.1 Distribution selon le pays d’origine
2.1.2 Taux d’activité, taux d’emploi et taux de chômage
2.1.3 Les salaires horaires
Section 3 : Approches économétriques de la discrimination à l’emploi et sur les salaires
3.1 Probabilité d’accès à l’emploi et écarts de probabilité d’accès à l’emploi
3.1.1 Probabilité d’accès à l’emploi et correction du biais de sélection
3.1.2 Les écarts de probabilité d’accès à l’emploi
3.2 Équation de salaire et décomposition du différentiel salarial
Section 4 : Applications et résultats
4.1 Les variables explicatives du modèle
4.2 Le poids des origines sur l’accès à l’emploi
4.3 Le poids de l’origine sur le salaire
Chapitre IV - Le rôle des parcours scolaires dans l’insertion professionnelle des jeunes issus de l’immigration
Section 1 : L’enquête génération 2004
1.1 L’enquête Génération 2004 (Céreq) : statistiques descriptives
1.2 Les parcours scolaires
Section 2 : Méthodologie
2.1 Modèle Probit à effets aléatoires équicorrélés
2.2 Une alternative de pondération (clones)
Section 3 : L’incidence des parcours scolaires sur la probabilité d’accès à l’emploi des jeunes selon leur origine
3.1 Les variables explicatives des modèles
3.2 Probabilité d’accès à l’emploi des jeunes qui n’ont pas effectués d’études supérieure
3.3 Probabilité d’accès à l’emploi des jeunes qui ont poursuivi leurs études dans le supérieur
Ces documents peuvent également vous intéresser !

Contact
Contact