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Le développement économique en Afrique : La mobilisation des ressources intérieures et l’Etat développementiste
Extraits et sommaire de ce document
L’une des raisons pour lesquelles l’Afrique subsaharienne risque de manquer l’objectif de 2015 tient à son taux de croissance économique relativement bas. En effet, en dépit des avancées récentes d’un certain nombre de pays en termes de recettes d’exportation, grâce aux prix élevés de quelques grands produits de base, le taux de croissance dans la région de l’Afrique subsaharienne reste inférieur aux 7 à 8 % qui sont nécessaires pour réaliser l’objectif du Millénaire pour le développement consistant à réduire de moitié la pauvreté. Pour stimuler le taux de croissance et le maintenir à un niveau qui permettra aux pays d’Afrique de réduire de moitié la pauvreté d’ici à 2015, il faut nettement accroître le volume des ressources intérieures et extérieures consacrées au développement global en général et aux programmes de réduction de la pauvreté en particulier. De nombreuses initiatives on été prises au niveau international afin d’accroître le volume de l’aide publique au développement (APD) et son élément don aux pays pauvres. Mais, apparemment, les donateurs risquent de ne pas atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés (OXFAM, 2007; The Economist, 2007), et l’effet global de ces apports sur la réduction de la pauvreté est resté marginal. L’efficacité limitée de l’APD en termes de développement a été imputée pour partie à l’utilisation inefficiente de l’aide, ce qui signifie que seuls des montants relativement restreints ont été effectivement utilisés aux fins du développement (CNUCED, 2006a). Les flux d’investissements étrangers directs (IED) vers l’Afrique, bien qu’en hausse ces dernières années, restent trop limités sur le plan géographique et trop concentrés sur les industries extractives pour avoir un effet notable en termes de création d’emplois et d’atténuation de la pauvreté (CNUCED, 2005). En tirant parti des ressources financières intérieures, on pourrait donc aider à mobiliser un financement additionnel afin de réduire le déficit de ressources de l’Afrique et d’accélérer le processus de développement économique et de réduction de la pauvreté. En outre, une moindre dépendance vis-à-vis du financement par des donateurs, avec les conditions que celui-ci implique, favoriserait une meilleure «appropriation» du processus de développement, puisque les ressources en question pourraient être utilisées pour financer les priorités propres des pays plutôt que celles des donateurs. Il existe plusieurs sources potentielles de financement intérieur qui pourraient fournir d’importantes ressources additionnelles pour le développement s’il en était tiré parti comme il convient. Toutefois, les mesures de politique générale prises jusqu’à présent pour accroître le montant total des ressources pour le développement ne tiennent pas suffisamment compte du fait que les pays d’Afrique doivent mieux mobiliser leurs ressources intérieures. Premièrement, un certain nombre de réformes des finances publiques ont été mises en œuvre en vue d’accroître les recettes publiques, mais ces réformes ont été limitées à des mesures de base telles que l’introduction d’impôts à la consommation à large assise, essentiellement sous la forme de taxe sur la valeur ajoutée, dont l’effet sur les recettes publiques est resté limité. Deuxièmement, les efforts pour mobiliser les transferts des migrants, qui représentent pourtant une importante ressource extérieure pour certains pays africains sont restés limités. À l’heure actuelle, comme ces flux de fonds échappent en grande partie au système bancaire et sont utilisés pour des besoins de consommation ou vont, dans une certaine mesure, au secteur de l’immobilier, ils n’ont guère d’effets positifs en termes de développement. Troisièmement, il n’y a pas eu d’efforts concertés pour tirer parti des ressources disponibles pour l’investissement provenant du secteur informel malgré son importance et son dynamisme dans les pays africains. Quatrièmement, la fuite des capitaux continue à priver les économies africaines d’importantes ressources propres qui auraient permis de financer des investissements intérieurs qui créent des emplois et qui procurent un revenu aux vastes groupes de population sans emploi ou sous‑employés, ou qui leur assurent un revenu accru. Cinquièmement, les réformes dans le secteur financier ont été axées sur la libéralisation des taux d’intérêt et le démantèlement des barrières à l’entrée dans le secteur bancaire pour accroître la concurrence, afin d’améliorer la qualité des services d’intermédiation financière. Mais, jusqu’à présent, les résultats ont été mitigés. Chapitre premier. La mobilisation des ressources intérieures: les questions en jeu A. Les ressources intérieures B. Évolution de l’épargne C. L’épargne des ménages D. L’épargne des entreprises E. Les recettes publiques: l’impôt F. Marchés financiers et intermédiation financière G. Transferts des migrants H. La fuite des capitaux Chapitre 2. Augmenter l’épargne tout en stimulant les investissements productifs A. Introduction B. Augmentation de l’épargne C. Contraintes liées au crédit D. Obstacles à l’investissement en Afrique E. Incidences du climat des affaires sur la formation intérieure brute de capital Chapitre 3. Vers un «État développementiste» A. Introduction B. L’État développementiste: concept et caractéristiques C. Les réformes du secteur financier: limiter l’intervention des pouvoirs publics pour éviter la « répression financière » D. L’Afrique peut-elle engendrer des « États développementistes » ? E. Une «marge d’action» − Pour quoi faire ? Chapitre 4. Retrouver et mettre à profit une marge d’action A. Mobilisation de l’épargne intérieure B. Développement des marchés financiers et promotion des investissements productifs C. Mise en oeuvre de politiques de financement et d’investissement bien conçues: la nécessité d’un « État développementiste » Autres documents qui pourraient vous intéresser !
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