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L’impact des accords de Bâle III sur les Banques Islamiques
Extraits et sommaire de ce document
Cette crise a vu nombre d’établissements ne devoir leur salut qu’à intervention de la force publique. A travers des aides financières, des fonds étatiques pour le rachat des actifs douteux, des prêts aux banques en difficulté, et même à travers la nationalisation afin d’éviter la faillite, toutes les puissances du monde économique se sont vues contraintes de mettre en place des plans afin de sauver le système bancaire et financier, largement touché. Ceci dit, la crise des subprimes a causé un montant total de perte estimé à 500 milliards de dollars de perte et à 300 milliards de dollars de recapitalisation. Le Comité de Bâle, après avoir analysé le déroulement de cette crise, a déclaré dans son rapport intitulé “Réponse du Comité de Bâle à la crise financière : Rapport au Groupe des Vingt “ : « La profondeur et l’ampleur de la crise ont été accentuées par les déficiences qui caractérisaient le secteur bancaire, comme par exemple un endettement excessif, l’inadéquation et la qualité médiocre des fonds propres ainsi que l’insuffisance des volants de liquidité »1. Et c’est dans ce sens que le comité Bâle a mis à jour ses règles prudentielles dans sa nouvelle version intitulée Bâle III, pour les fortifier encore plus, en tirant des leçons des faiblesses qui ont été observées lors de la crise de 2007. Pour les banques islamiques, l’impact est loin d’être le même: En effet, plusieurs articles et recherches démontrent le fait que les composantes islamiques ont été moins touchées par la crise financière des subprimes. C’est ce que confirme le professeur Rifaat Ahmed Abdel Karim, secrétaire général de l’IFSB, en déclarant : “… la crise mondiale a mis en évidence la force des méthodes bancaires et financières islamiques, où les règles compatibles à la Sharia régissent le modèle d’affaire, le comportement et les pratiques des banques islamiques et des sociétés financières ». Monsieur Rasheed al-Maraj gouverneur de la banque centrale d’AL BAHREIN ajoute : « Les banques islamiques ont été largement à l'abri de la crise hypothécaire américaine, ce qui peut même ouvrir les portes de l'expansion au-delà des forteresses traditionnelles des marchés arabes et asiatiques»4. Dans les lignes qui suivent, on se propose d’étudier l’impact qu’aurait l’adoption des nouvelles règles prudentielles de Bâle III sur les banques islamiques, en soulignant les points de différences avec les banques conventionnelles. Pour ceci, on réservera la première partie à introduire les accords de Bâle, ainsi que les nouveautées apportées par Bâle III. Dans la seconde partie on se focalisera sur l’impact de Bâle III sur, d’un côté, les banques conventionnelles, et d’un autre côté, les banques islamiques. Cet impact sera apprécié par rapport aux nouvelles définitions de Bâle III, des capitaux propres, aux nouveaux seuils réglementaires des différentes composantes des fonds propres, ainsi que les nouveaux ratios de liquidité à court et moyen terme, et finalement le ratio de levier. Dans la dernière partie, on évoquera quelques caractéristiques des banques islamiques, qui les caractérisent par rapport aux banques conventionnelles, afin d’analyser le gap qui existe toujours entre les accords de Bâle et les menaces auxquelles les banques islamiques sont toujours confrontées. […] Dans cet article, on a vu que Bâle III a apporté des nouveautés importantes par rapport à l’ancienne version du standard, en étant largement inspirés des faiblesses qui ont été constatés lors de la crise des subprimes. Ces nouveautés ont visé le renforcement des capitaux propres des banques, l’instauration de ratios de liquidité pour le court et le moyen terme, et finalement la mise en place d’un nouveau ratio d’effet de levier. On a vu également que ces nouvelles exigences vont priver les banques classiques d’une partie importante de leurs capitaux propres (selon l’ancienne définition de Bâle II), mais aussi vont les obliger à réserver une grande partie des bénéfices réalisés à reconstruire les fonds propres, afin d’être conformes aux nouveaux ratios de Bâle III. Pour les banques islamiques, l’impact escompté est plutôt bénéfique même s’il l’est d’une manière indirect. En effet, même si la grande partie des exigences de Bâle III n’oblige pas les banques islamiques à faire des efforts d’adaptation, les banques classiques seront obligées d’adopter des définitions des capitaux propres semblables à celles des banques islamiques d’une part, et privées d’autre part d’une partie importante de leurs bénéfices. Ce qui augmentera d’une manière considérable la compétitivité des banques islamiques. Toutefois, Bâle III en étant adapté plus pour les banques classiques, est loin d’être suffisant pour les banques islamiques, du fait des caractéristiques spéciales des risques auxquels celles-ci sont confrontées. Pour remédier à ce manque, des organismes internationaux de la finance islamique, comme l’IFSB, essaient d’adapter les mesures prudentielles des accords de Bâle aux caractéristiques des banques islamiques. Ceci reste loin d’être suffisant, mais constitue toujours un commencement, qui aura certainement un effet bénéfique sur l’avenir d’une finance jeune, mais qui a su s’imposer comme une véritable alternative. Section 1: Les accords de Bâle et la supervision Bancaire I. Accords de Bâle : historique II. Bâle III, pour une meilleure gestion des risques bancaire Section 2. L’impact des accords de Bâle sur les systèmes bancaires classique et islamiques I. Composantes des capitaux propres et ratios réglementaires : Nouveautés de Bâle III I.1. Redéfinition des composantes des capitaux propres I.2 Augmentation des niveaux des ratios de fonds propres I.3 Impact des nouvelles exigences des fonds propres I.3.1 Nouvelles composantes des fonds propres et impact sur les banques conventionnelles et les banques islamiques I.3.2 Impact de l’augmentation des niveaux des ratios de fonds propres II. Mise en place d’un ratio d’effet de levier II. 1. Ratio de levier III. Mise en place des ratios de liquidité III.1 Les ratios de liquidité LCR et NSFR Section 3: Les banques islamiques et les recommandations de Bâle I. La structure de la gestion des risques dans les banques islamiques II. L’adaptation des accords de Bâle pour les banques islamiques Autres documents qui pourraient vous intéresser !
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