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Droits de propriété intellectuelle, Cloud Computing et e-performances des entreprises

 
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• Type de document : Thèse de doctorat
• Nombre de pages : 289
• Format : .Pdf
• Taille du fichier : 7.15 MB
Extraits et sommaire de ce document
Notre problématique cherche à analyser de quelle manière l’usage du CC, présenté comme une nouvelle forme DPI, peut modifier l’intensité et l’usage des TIC au sein des entreprises. Cette question s’insère, de manière générale, dans la théorie de la diffusion des technologies (Mansfield, 1963, Antonelli, 1985, Karshenas et Stoneman, 1995). Il s’agit de comprendre si la modification de la forme des DPI pourrait agir sur la diffusion et l’intensité d’usage de ces technologies selon les prédictions de la théorie de l’équilibre (Karshenas et Stoneman, 1993) ou la théorie de déséquilibre (Mansfield, 1963, Ben Youssef et al. 2012).
Nous avons cherché à comprendre les motivations qui poussent les firmes et les consommateurs à adopter ou ne pas adopter le CC et à clarifier les déterminants d’adoption du CC (notamment le rôle de la perception de la sécurité et la qualité offerte par les firmes). La perception des consommateurs admet un rôle dans la diffusion du CC. De manière associée, il s’agit de comprendre si les instruments de régulation sont nécessaires pour mettre en confiance les consommateurs.
Est un bien immatériel et comme tel il partage certaines caractéristiques des biens d’information ou de connaissance qui le différencient des biens tangibles. Bien immatériel, communicationnel il est d’une importance social considérable comme en témoigne par exemple le grand nombre d’utilisateur de Facebook ou de Windows, (Batsale, 2010). Ces questions revêtent un intérêt particulier dans les économies en développement compte tenu des effets de rattrapage technologique qui sont sous-jacents.
De manière parallèle, notre préoccupation a été de clarifier le lien entre l’adoption du CC et la capacité à innover. En effet, pour les pays émergents les enjeux se situent davantage dans la capacité à innover afin d’améliorer substantiellement leurs processus de production et leurs produits et services. De ce point de vue, le CC a été présenté comme la solution idéale. Nous avons cherché à répondre à ces questions et à proposer des contributions analytiques dans le contexte d’une économie des pays émergents.
Notre thèse propose une triple contribution. Dans un premier temps, la littérature économique portant sur les liens entre l’intensité d’usage des TIC et les formes de DPI est émergente et n’a pas fait l’objet d’une réflexion approfondie. Nous avons cherché dans notre thèse à utiliser le cas du CC afin de mieux saisir le lien entre un changement d’approche dans les DPI et la diffusion des TIC notamment dans le cas des pays émergents. A cet égard, notre thèse approfondit les résultats obtenus dans la théorie de l’innovation défensive (Thoenig et Verdier, 2003).
Dans un second temps, notre réflexion a mis l’accent sur le rôle des compétences numériques dans les comportements d’innovation. En effet, les changements dans les formes de droits de propriété n’ont pas été neutres sur les compétences des salariés et sur la redistribution des tâches. Ainsi, cette modification a menacé les salariés liés aux TIC qui, assez rapidement ont saisi la menace et ont freiné leur adoption. Dès lors, nous avons cherché à mieux comprendre le lien entre les compétences numériques, leurs modalités d’acquisition et la diffusion du CC.
Dans un troisième temps, notre approche a cherché à mieux comprendre les réels effets de cette technologie sur le comportement d’innovation. Pour ce faire, nous nous sommes attaché à relier les travaux existants à la notion de capacité d’absorption technologique (Bellon et al. 2006). Les efforts des firmes passés, leur accumulation des connaissances sur la mise en place des anciennes TIC a un impact sur sa capacité d’absorber de nouvelles TIC.
Mais dès lors que nous considérons le CC comme une rupture paradigmatique, avons nous un effet de la capacité d’absorption technologique comme dans les technologies passées ? Pouvons nous nous passer de cette capacité d’absorption dans le cas du CC ? Notre contribution s’est située sur cette clarification du rôle de la capacité d’absorption technologique et sur son rôle notamment dans le cas de l’innovation.
Notre travail est à la fois d’ordre analytique et empirique. Dans une première partie, nous avons cherché à remonter aux racines historiques des DPI afin de comprendre leur importance dans l’analyse de l’économie de l’innovation et les controverses sur leurs effets. Ce détour historique était nécessaire afin de comprendre où et de quelle manière les ruptures paradigmatiques se situent pour ce qui est du développement de l’Informatique en Nuage « CC» et plus généralement les TIC.
[…]
Trois parties et six chapitres constituent l’ossature de notre thèse.
Dans la première partie, nous allons dans un premier chapitre étudier les diverses formes des droits de propriété intellectuelle et l’innovation ouverte « Open Innovation ». Dans ce chapitre, nous essayons de montrer que le nombre de brevets a augmenté et a permis une augmentation de l’innovation mais que cela a entrainé une utilisation stratégique des DPI et un comportement calculateur de la part des firmes. Nous allons montrer comment les DPI permettent d’accéder à de nouvelles technologies et comment l’innovation suppose une utilisation des DPI.
Nous nous situerons plus précisément dans le cadre de l’innovation ouverte. L’innovation ouverte est à la fois un ensemble de pratiques pour profiter de l’innovation et aussi un modèle cognitif pour la création, l’interprétation et la recherche de ces pratiques (West et al. 2006). Dans un deuxième chapitre, nous allons nous intéresser à deux comportements d’innovations que sont l’innovation défensive et l’innovation par les utilisateurs (utilisateurs innovateurs « Lead Users »). En effet, ces comportements d’innovation ont également un lien avec les DPI.
Dans la deuxième partie, nous allons dans un troisième chapitre présenter le CC comme technologie générique. Nous procéderons à une description approfondie du concept à savoir les modèles de service et de déploiement du CC, les avantages et les inconvénients qui constituent une barrière à l’adoption de cette technologie. Nous présenterons également les parties prenantes et les acteurs clés du CC.
Ensuite, dans un quatrième chapitre, nous analyserons ce qui permettra aux firmes et en aval aux consommateurs d’adopter ou de ne pas adopter cette technologie. Pour cela nous commencerons par un cadre théorique dans lequel nous étudierons pourquoi et comment les TIC ont été adoptées et nous verrons à la suite de cela les théories relatives à l’adoption des TIC.
En effet, dans la théorie de l’équilibre nous nous basons sur l’investissement, les coûts de technologies et la valeur perçue de l’usage comme les principaux déterminants. Les décisions d’adoption sont déterminées par l’arbitrage des firmes entre les bénéfices espérés de l’adoption de la nouvelle technologie et les coûts prévus de changement de la technologie existante. Les bénéfices et les coûts espérés sont considérés comme étant dû à différentes caractéristiques telles que la taille de l’entreprise, le prix de ses fournisseurs ainsi que les politiques de service, son mode de gouvernance, la nature de l’environnement compétitif aussi bien que l’apprentissage et le changement de coûts.
A partir de là, nous procéderons à un inventaire des coûts et des bénéfices de la décision d’adoption du CC à travers la méthode d’analyse coûts/bénéfices. Nous nous sommes également basé sur le modèle des trois couches de Nanath et Pillai (2013). Ces couches représentent les différents niveaux auxquels les firmes se référent pour adopter le CC. Puis nous avons procédé à une comparaison des coûts en interne et en mode Cloud.
Le second volet de ce chapitre qui sera présenté sous forme de papier et qui fera l’objet d’un article par la suite est de se placer du côté du consommateur. Nous nous intéressons en effet, aux raisons qui concernent le manque d’usage du CC de la part des consommateurs en prenant en compte les perceptions de sécurité de ces derniers.
La troisième partie est constituée des chapitres cinq et six. Ils ont fait l’objet de deux articles écrits en langue anglaise. Le premier a été publié en 2015 dans la Revue Système d’Information et de Management.

Partie I : Les formes des droits de propriété intellectuelle et les comportements d’innovation
Chapitre 1 : Droits de propriété intellectuelle et Innovation : de l’Innovation fermée à « l’Open Innovation »
1.1. Introduction
1.2. Mise en perspective historique des droits de propriété intellectuelle
1.3. Les DPI comme une nouvelle arme stratégique des firmes
1.4. Le rôle stratégique des brevets sur les marchés
1.5. « L’Open Innovation » suppose une utilisation des DPI
1.6. La propriété intellectuelle : un moyen d’accéder à de nouvelles technologies et permet un déploiement large des TIC
Chapitre 2 : Innovation défensive, innovation par les utilisateurs et droits de propriété intellectuelle
2.1. Introduction
2.2. La théorie de l’innovation défensive
2.3. L’intégration du commerce dans un contexte nord-nord
2.4. L’intégration du commerce dans un contexte nord-sud
2.5. L’appropriation de l’innovation et les DPI
2.6. L’innovation par les utilisateurs et les DPI
Partie II : Adoption et Usage du Cloud Computing
Chapitre 3 : Les dynamiques d’adoption du CC comme technologie générique
3.1. Introduction
3.2. L’émergence du Cloud Computing
3.3. Les modèles de service et de déploiement du CC
3.4. Les avantages et les inconvénients du CC
3.5. Une analyse SWOT et une analyse par les parties prenantes
Chapitre 4 : La dynamique d’adoption du CC par les agents économiques
4 .1. Introduction
4.2. Un détour par la théorie de l’adoption des innovations
4.3. L’adoption des technologies de l’information : un cadre conceptuel
4.4. Une analyse des coûts et des bénéfices de l’adoption du CC
4.5. Une modélisation micro-économique de la décision d’adoption du CC de la part des consommateurs
Partie III : Les déterminants de l’adoption du CC : Le rôle de la capacité d’absorption technologique et du changement organisationnel
Chapitre 5 : L’adoption du Cloud Computing dans les pays émergents : le rôle de la capacité d’absorption
5.1. Introduction
5.2. Adoption of CC in Emerging Countries: the specific role of firms' technological absorptive capacity
5.3. Research study
5.4. Two stages estimation method
5.5. The Variables
5.6. Results and discussion
5.7. Concluding Remarks
Chapitre 6 : Les E-compétences et l’adoption du Cloud Computing
6.1. Introduction
6.2. Firms' adoption of cloud computing
6.3. Empirical study
6.4. Results and discussion
6.5. Concluding remarks and managerial implications
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