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Le paiement mobile : Perspectives économiques, modèles d'affaires et enjeux concurrentiels
Extraits et sommaire de ce document
Malgré ces avantages, le paiement par téléphone mobile ou Smartphone peine à se démocratiser. Le modèle économique pertinent ne se dégage pas vraiment : les fournisseurs de services ne se limitent pas aux acteurs traditionnels du paiement dématérialisé et leur statut n’a pas encore atteint une forme stable. Les régulateurs, déjà sollicités au moment du développement du paiement en ligne, pourraient avoir un rôle important dans le développement du paiement mobile qui en enrichit certaines caractéristiques. L’objectif de cette recherche sera de mieux comprendre les enjeux économiques essentiels du m-paiement, d’analyser les causes de ses retards d’adoption et de développement, de comprendre ses chances de succès dans différentes déclinaisons et formes d’environnement, de tenter enfin de faire apparaître ses perspectives d’évolution. Malgré les fonctions innovantes apportant de nombreux services à l’utilisateur, le paiement mobile n’a pas encore sa place dans les habitudes bancaires des détenteurs de Smartphones, notamment en environnement bancarisé. Son marché n’est pas identifié et organisé de façon claire. Les différents acteurs en présence (fournisseurs de service, commerçants, régulateurs) doivent n’ont pas délimité précisément leurs droits de propriété pour ce type d’innovation dans le domaine du paiement. Nous allons mettre en évidence et tenter de traiter dans cette thèse quatre questions essentielles à l’évolution future du paiement mobile. Les cinq chapitres que constituent ce travail vont analyser les principales raisons de retard de développement et les améliorations à apporter à la situation observée. Selon, Carr (2007), le succès du paiement mobile passe en effet par le déblocage de quatre verrous : celui des standards (changement de l’environnement technologique) qui doivent définir des technologies efficaces, interopérables, faciles d’usage, simples et robustes, celui des habitudes des consommateurs (changement socio-économique), celui des modèles économiques (changement de l’environnement économique) qui, comme nous le verrons devront s’adapter à la fois aux environnements – bancaires notamment -, aux technologies et aux habitudes de paiement, enfin celui les contenus réglementaires (changement de l’environnement juridicofinancier), important puisque l’on touche à deux domaines, celui des télécommunications et surtout celui du paiement, que l’on considère comme devant faire l’objet d’une régulation nationale et internationale. Dahlberg et al., (2007) ajoute à ces aspects la modification des habitudes personnelles (changement de l’environnement social). Certains spécialistes ont utilisé le modèle des cinq forces de Porter (1998) afin de proposer des questions de recherche pertinentes pour le développement futur du paiement mobile selon chaque facteur (cf. Figure 3). Tout comme eux, nous considérons que pour se développer, le paiement mobile doit constituer un apport dans quatre environnements : l’environnement technologique, juridicofinancier, socio-économique et enfin économique. Toute technologie tentant de s’imposer doit résoudre les problèmes de standard bien connus des spécialistes d’économie de la technologie. Un standard unique augmente l’interopérabilité du système mais nécessite un accord entre tous les participants qui est relativement difficile à atteindre lorsque de trop nombreux offreurs sont sur le même marché. La technologie utilisée pour en matière de m-paiement est de deux différents types. Le premier type concerne l’échange d’informations nécessaire pour le transfert et l’acceptation du paiement, le second concerne le stockage d’informations confidentielles au sein d’un « élément sécurisé ». Ces deux composantes de la technologie de paiement engendrent des rivalités et des alliances entre les différents fournisseurs de service de paiement mobile qui tentent d’imposer leur propre standard avant de conclure des accords. Aujourd’hui l’insuffisance d’accords relatifs aux standards constitue un des problèmes les plus importants associés à l’adoption. Les services de paiement mobile utilisent des standards trop différents qui ne permettent pas d’assurer une interopérabilité suffisante. Les utilisateurs sont sans cesse sollicités pour l’utilisation de services différents avec des supports technologiques eux-mêmes différents, ce qui ne permet pas de dégager des effets de réseau suffisants pour une adoption de masse d’un système ou même d’un usage consacré de m-paiement. A un degré moindre sans doute, le paiement mobile se heurte des questions à mi-chemin entre la technologie et la finance. Comme pour tout moyen de paiement, une régulation s’impose pour sécuriser les transactions liées à une nouvelle forme de monnaie et/ou de moyen de paiement, contrôler l’éventuelle création monétaire. La réflexion juridique menée autour de la monnaie électronique et du m-paiement ne peut être ignorée de l’économiste car son issue conditionne le succès ou l’échec de la technologie. Dans une certaine mesure, c’est aussi l’économiste qui doit donner des indications sur la nature de la régulation à appliquer. La juridiction européenne a dû s’adapter à l’apparition des nouvelles technologies (Internet, téléphonie mobile) et a énormément évolué en laissant place à des statuts adaptés pour toute offre de paiement mobile et tout type d’intermédiaire. Seul un nombre d’agents limité, respectant les différentes conditions énoncées par les régulateurs bancaires (exigences de fonds propres, de capital initial) ont le droit d’émettre une forme particulière de monnaie, la monnaie électronique. D’autres acteurs, en nombre plus important, peuvent dorénavant fournir des services de paiement en toute sécurité et légalité. Cependant, il n’existe pas de législation spécifique à ce mode de paiement. Les régulateurs des télécommunications doivent-ils prendre part au processus de distribution de « licences » de paiement mobile ? Doit-il exister un lien entre la législation bancaire et la législation mobile ? C’est une des questions qui ressort de la réflexion menée à propos du m-paiement. En analysant l’évolution du marché de paiement mobile à travers le monde, nous constatons que cette technologie s’impose plus facilement dans les pays faiblement bancarisés que dans les régions bénéficiant d’une intermédiation financière totalement établie. Nous allons analyser cette réalité en deux temps : en premier lieu, nous étudierons les intentions et les actions des utilisateurs dans les pays développés afin de mieux comprendre les causes du retard d’émergence du paiement mobile ; en second lieu, nous proposerons une analyse les modèles économiques caractérisant le m-paiement et les relations entre les divers fournisseurs de service qu’associe cette technologie. Le lancement de toute nouvelle technologie part aussi de l’adoption par ses utilisateurs. La détermination des facteurs d’adoption est une phase essentielle pour comprendre leur perception face à cette nouvelle technologie. Ce nouveau mode de paiement entre en compétition avec d’autres modes de paiement dans les pays développés (carte de crédit, chèques, espèces, virements). La compréhension des besoins et des attentes des utilisateurs potentiels qui permettront son adoption est essentielle. Un des chapitres de ce travail essaie ainsi de comprendre pourquoi, du point de vue consommateur, ce mode de paiement n’est pas passé au stade d’une adoption généralisée. Enfin, la dernière partie de la thèse examinera les modèles économiques du mpaiement, en essayant de tester leur adéquation à divers environnements économiques. Les acteurs (institutions financières, opérateurs de télécommunication, sociétés de sécurité numérique), nombreux à vouloir pénétrer sur ce marché, doivent mettre en place des alliances stables leur permettant de dégager un maximum de profit. Dans les pays bancarisés, les usages du m-paiement se confondent avec les usages d’autres formes de paiement comme la carte de crédit. On peut admettre que les formules proposées aujourd’hui, de même que les alliances qui les promeuvent, continueront à ne fournir que des solutions technologiques d’appoint tant que le téléphone mobile ne sera pas en mesure de remplacer à lui seul toytes sorte de cartes numériques (carte de crédit, cartes de distributeurs, cartes de sécurité sociale, cartes de parkings, d’accès professionnel…). C’est un peu comme si le m-paiement ne pouvait se valoriser que dans la logique de bundling bien connue dans l’industrie du logiciel. En revanche, dans les pays à faible intermédiation bancaire, le paiement mobile est non seulement sans concurrent efficace mais il devient, comme nous le montrerons, le moyen essentiel de la bancarisation. Ce travail de recherche se termine ainsi par une modélisation appliquée aux pays en développement qui met les stratégies bancaires au coeur de l’analyse et permet de comprendre le double rôle du paiement mobile dans ce type d’environnement. Le paiement mobile peut alors devenir un nouveau vecteur de bancarisation, et, bien utilisé, il permet aux banques de devenir attractives pour des populations qui leur étaient réfractaires jusque-là. Chapitre 1. Les enjeux du paiement mobile Chapitre 2. L’environnement légal du paiement mobile en Europe et ses implications Chapitre 3. Facteurs d’acceptabilité et usage du paiement mobile Chapitre 4. Quel modèle économique pour le paiement mobile dans les pays développés ? Chapitre 5. Le double rôle des solutions de paiement mobile dans les pays en développement : exemple du cas Africain Autres documents qui pourraient vous intéresser !
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