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Dynamiques urbaines et développement économique au Maroc
Extraits et sommaire de ce document
Le premier volet de ce chapitre renvoie à la littérature abondante qui étudie le modèle rang-taille, afin de comprendre les hiérarchies urbaines dans les pays émergents. La comparaison des différents coefficients de hiérarchisation, nous permet de nous positionner sur le degré de concentration urbaine du pays ou de la région étudiés. Dans le deuxième volet de ce chapitre, nous menons une étude méthodologique, afin d’analyser les distributions rang-taille des villes au Maroc entre 1994 et 2010. L’absence de données complètes a exigé un grand travail de reconstitution des séries des tailles urbaines de plus de 10 000 habitants pour cette période d’étude. Nos résultats montrent que l’évolution du système urbain marocain est caractérisé non seulement par une baisse continue du degré de hiérarchisation, mais également par une diminution de la concentration urbaine. Cela signifie que nous ne sommes plus face à un système primatial contrairement à ce que nous pouvions penser. La croissance urbaine des villes marocaines est donc inversement corrélée à la taille démographique des villes, ce qui est synonyme d’un processus de convergence. Ces résultats nous montrent qu’il y a un profond changement démographique urbain avec de nouvelles dynamiques dans ce pays. Ces conclusions nous ont conduits, dans un deuxième chapitre, à nous interroger sur les autres dynamiques de ce pays émergent. Dans ce second chapitre, nous faisons une synthèse de trois approches théoriques qui traitent la question de la croissance urbaine. Nous trouvons ainsi les théories de la croissance aléatoire, qui admettent que seuls les chocs exogènes sont susceptibles d’influencer les choix de localisation des agents économiques et d’agir sur la démographie des villes. Ensuite, nous avons les théories de la croissance déterministe où la croissance démographique urbaine est fondamentalement liée aux choix de localisation de firmes et dépend des avantages naturels. Selon cette théorie, la croissance démographique urbaine dépend également des avantages qui découlent des interactions entre les agents économiques, lorsqu’ils sont spatialement concentrés. Enfin, à l’intersection de ces deux séries d’approches, nous montrons les modèles hybrides, lesquels prennent en compte à la fois les effets de taille et les chocs exogènes. C’est ainsi que, selon ces modèles, la source de la croissance urbaine réside dans les choix de localisation et relocalisation des firmes, à l’issue d’un choc exogène. De nombreux tests seront utilisés concernant la croissance urbaine, afin de voir les nouvelles dynamiques dans les villes marocaines. Les premiers tests de stationnarité valident l’hypothèse de convergence des tailles urbaines. Ensuite, ce résultat a été approfondi par des estimations, non paramétriques, de la relation entre le taux de croissance des villes et la taille urbaine, ainsi qu’avec les matrices de Markov, afin d’appréhender la dynamique de la distribution rang-taille des villes. Les résultats obtenus dans ce chapitre montrent que le mouvement de la population urbaine s’estompe pour les villes moyennes et les plus grandes agglomérations. Nous montrons ainsi, qu’à long terme, un processus de rattrapage s’opère. Le système urbain s’oriente vers une distribution caractérisée par un semis de villes, de taille relativement importante. Enfin, le dernier chapitre a pour objectif d’identifier les déterminants de l’urbanisation au Maroc. L’absence de données au niveau des villes, nous conduit à travailler sur des données régionales : nous regroupons un certain nombre de facteurs pouvant jouer un rôle dans le rattrapage des grandes villes, de la part des petites et moyennes villes. La plupart des pays développés aujourd’hui sont passés par une phase d’industrialisation, laquelle a permis la création de richesses, mais a également amené de fortes inégalités inter-régionales. Selon le postulat de Kuznets, ces inégalités finissent par s’amenuiser en suivant une courbe en cloche. D’où l’objectif de ce chapitre qui explique que la croissance urbaine explosive qu’a connue le Maroc est due en grande partie grâce aux mutations du tissu économique des nations. De nombreux chercheurs soulignent la forte liaison qui existe entre les revenus par habitants et l’urbanisation. Le but de ce chapitre est de voir s’il existe un cercle vertueux entre l’urbanisation et le développement économique. Henderson, (2010) ; Michaels et al., (2012) ; Jedwab et al., (2015) et Gollin et al., (2016) évoquent l’exode rural comme étant le principal facteur de l’urbanisation, puisque la population rurale déserte les activités agricoles en se dirigeant vers les zones urbaines qui offrent des opportunités de travail plus rémunératrices, ce qui favorise la croissance économique. A l’issu des différents tests, nous concluons que le système marocain s’apparente à une courbe en cloche, avec la présence d’un certain nombre de variables, dont certaines jouent un rôle positif dans la détermination de la croissance de la population urbaine et d’autres variables, qui affectent négativement l’urbanisation des régions marocaines. Les résultats de ce chapitre nous permettent de conclure à l’existence d’une relation stable de long terme entre la population de chacune des régions de notre échantillon et le PIB par habitant. Les différents résultats obtenus dans cette thèse s’inscrivent dans le prolongement de différentes études effectuées en sciences régionales. Ces résultats indiquent que les hiérarchies urbaines marocaines sont appelées à changer dans les décennies à venir, mais également que la croissance économique des régions du Maroc n’affecte pas immédiatement la croissance de la population urbaine. Chapitre I – Les hiérarchies urbaines marocaines I – La loi de Zipf I.1- Le modèle Rang-Taille I.2 – Questions méthodologiques II – La loi Rang-Taille en géographie II.1- Une analyse des structures hiérarchiques par les géographes II.2- Entre la loi Rang-Taille et la théorie des places centrales : le modèle de Beckmann II.3- Les approches fractales de la loi rang-taille III – Processus d’urbanisation au Maroc III.1 – Données III.2 – Résultats III.2.2 – Résultats des fractales III.2.3 – Classification hiérarchiques par rapport à la taille des villes Chapitre II – La croissance urbaine au Maroc I – Revue de littérature I.1- Les théories aléatoires de la croissance urbaine I.2 – Les théories déterministes de la croissance urbaine I.3- Les approches hybrides de la croissance urbaine II – Etude de la croissance urbaine au Maroc II.1 – Tests de stationnarité des tailles urbaines II.1.1 –Présentation des tests de stationnarité II.1.2 – Les résultats des tests II.2 – Estimation non paramétrique du lien entre croissance urbaine et taille des villes II.2.1 –Eléments de méthodologie II.2.2 – Tests et résultats II.3 – Chaines de Markov II.3.1 - Méthode II.3.2 – Résultats et analyse II.4 Analyse des politiques d’aménagement de territoire II.4.1 –L’aménagement du territoire au Maroc Chapitre III – Les déterminants de la croissance urbaine au Maroc I – Revue de littérature II – Les déterminants de la croissance de la population urbaine II.1 – Source de données II.2 – Relation de cointégration entre population urbaine et croissance économique II.2.1 –Tests de racine unitaire II.2.2 – Tests de cointégration II.3 – La croissance de la population urbaine au Maroc Autres documents qui pourraient vous intéresser !
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