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Transformation numérique des entreprises, innovation et Responsabilité Sociale d’Entreprise (RSE)

 
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• Type de document : Thèse de doctorat
• Nombre de pages : 186
• Format : .Pdf
• Taille du fichier : 1.81 MB
Extraits et sommaire de ce document
[…] Cette thèse s’inscrit principalement dans les champs de l’économie de l’entreprise, de la RSE et de l’économie numérique. Le souci d’ancrer cette thèse au plus près de la réalité des entreprises nous a conduit tout d’abord à réaliser une série d’entretiens avant de conduire et d’exploiter des enquêtes auprès d’entreprises. De ce fait, cette thèse s’appuie sur des discussions informelles issues d’une démarche initiée par le réseau des Dirigeants Responsables de l’Ouest (DRO) visant à promouvoir et diffuser les bonnes pratiques de la RSE (cf. tableau 0.1).
Ces échanges permettent de tirer des enseignements très instructifs sur la place du numérique et de la RSE en entreprise (TPE, PME et GE). La motivation sous-jacente à cette méthodologie est l’illustration concrète des défis auxquels sont confrontées les entreprises face au numérique et à la RSE. En d’autres termes, ces témoignages permettent de contextualiser le cadre conceptuel.
Pour étudier la relation entre la RSE et le numérique, il est nécessaire de s’inscrire dans la continuité de la théorie des parties prenantes de Freeman (1984). Cette théorie fondatrice du concept de la responsabilité sociale d’entreprise et du management (responsable) fournit un cadre conceptuel essentiel à la compréhension de la politique RSE en entreprise. Freeman définit les parties prenantes (Stakeholders) de la manière suivante : « A stakeholder in an organization is any group or individual who can affect or is affected by the achievement of the organization’s objectives. » (Freeman 1984, p. 46) 15 D’après cette théorie, le profit ne résulte pas seulement de l’activité de l’entreprise, mais aussi de la relation qu’elle entretient avec ses parties prenantes.
En effet, selon Freeman (1984), répondre aux attentes des parties prenantes permet de pérenniser les profits et de réduire les risques de faillite. Depuis, de nombreux auteurs ont contribué à enrichir la théorie de Freeman (1984) (Donaldson et Preston, 1995; Agle et al., 1999; Acquier et Aggeri, 2015). Les entreprises sont conscientes de l’intérêt des parties prenantes comme l’explique Véolia Bretagne « la RSE intègre l’Homme à l’entreprise et pousse à chercher de la cohérence dans les actions entreprises ». Cette vision de la RSE souligne l’importance accordée aux parties prenantes dans le cadre de l’activité de Véolia. Pour Bretagne Ateliers, la démarche RSE peut constituer entre autres « un facteur clé dans la fidélisation client ».
[…]
Cette thèse se compose de trois chapitres qui apportent chacun une contribution empirique sur les Très Petites Entreprises (chapitre 1), les Petites et Moyennes Entreprises (chapitre 2) et les Grandes Entreprises (chapitre 3). Le premier chapitre dépeint un ensemble de pratiques RSE ( l’écolabellisation, le tri sélectif, les plans d’économie d’énergie et de réduction des émissions polluantes, les plans d’amélioration des conditions de travail et de sécurité des salariés et enfin le management de la qualité par la norme ISO 9001) observées dans les TPE.
Très peu d’études s’attachent à analyser les TPE quand bien même ces dernières représentent 65,50 % des entreprises en France et contribuent à hauteur de 9 % au PIB 18. La méconnaissance de la RSE et un certain nombre de contraintes (financières, extérieures, etc.) peuvent souvent freiner ces démarches dans les TPE. Ce premier chapitre met en exergue l’influence du numérique (outils et compétences) dans le développement de pratiques responsables. A l’aide de données d’enquête, nous montrons que le numérique (outils et compétences) dans les entreprises artisanales influence la démarche RSE de ces dernières.
En effet, l’usage du numérique par les dirigeants et les salariés implique des réorganisations pouvant accélérer ou faciliter certaines démarches RSE. Ce chapitre contribue à mieux comprendre l’interaction qui existe entre les usages et compétences numériques et les pratiques responsables aux niveaux environnemental et social. Pour résumer, deux principaux résultats empiriques sont obtenus. Premièrement, les entreprises les plus avancées en ce qui concerne les usages numériques sont aussi celles qui ont le plus de démarches responsables (sur le plan environnemental et social). Deuxièmement, la maturité numérique d’une entreprise renforce sa démarche RSE.
Le deuxième chapitre revient sur la démarche visant à proposer le télétravail en entreprise. Ce type de démarche peut être motivée par le bien-être des salariés. En 2009, l’INSEE déclarait observer une forte progression du télétravail avec une augmentation de 6 points de pourcentage en 1 an.
Cette organisation du travail tend à se développer comme l’indique la hausse de 50 % du nombre de télétravailleurs contractuels entre 2017 et 2018 (en 2019, 30 % des salariés du secteur privé ont recourt au télétravail). La dernière réforme du code du travail (2017) 22 contribue à cette évolution en facilitant la mise en place du télétravail dans les entreprises et administrations. Ce chapitre étudie l’impact du télétravail dans les PME Luxembourgeoises
Ce choix est motivé par le positionnement des entreprises Luxembourgeoises au niveau de la RSE. En effet, plus de 50 % des PME Luxembourgeoises sont actives en matière de RSE (observatoire européen des PME, 2013). Du point de vue de la thèse, le télétravail permet d’analyser l’usage des outils numériques associés à une démarche ayant de forts enjeux RSE. Ce chapitre analyse la relation entre une politique de télétravail et l’innovation (produit et procédé) en s’appuyant sur une enquête auprès d’entreprises luxembourgeoises. Le télétravail possède un caractère innovant (socialement) et peut donc signaler une prédisposition à l’innovation.
Nous montrons qu’il existe une relation complexe entre le télétravail et l’innovation (produit et procédé). Plus précisément, le télétravail et l’innovation possèdent des déterminants communs. Il existe aussi des facteurs qui facilitent le télétravail mais freinent l’innovation et inversement. De fait, le manager a un rôle à jouer pour favoriser les synergies entre une politique de télétravail et l’innovation produit tout particulièrement.
Le troisième et dernier chapitre de cette thèse porte sur l’analyse lexicale des rapports RSE 24 des entreprises du CAC 40. Le focus sur ces entreprises s’explique par l’obligation de reporting dont elles font l’objet dans le cadre de la loi NRE25. À travers l’analyse lexicale, ce chapitre met en lumière la place allouée au numérique et les discours sur le numérique dans les rapports RSE (opportunité numérique, menace, etc.).
L’objectif dans un premier temps consiste à analyser le contenu des discours sur le numérique dans les rapports RSE (analyse empirique). Pour ce faire, divers facteurs explicatifs sont étudiés comme le secteur et les caractéristiques de la gouvernance 26 d’entreprise sont mobilisées. La prise en compte de la gouvernance permet ainsi de mettre en exergue son influence sur la rédaction des rapports RSE.
Dans un deuxième temps, l’analyse s’intéresse aux parties prenantes concernées par ce discours numérique au coeur du reporting RSE. Les résultats démontrent l’importance croissante accordée au numérique dans les rapports RSE et l’influence de la gouvernance dans la prise en considération des enjeux du numérique dans ces rapports. Enfin, l’analyse des rapports RSE montre que le numérique est principalement tourné vers les clients (aux dépens des salariés)

Chapitre 1 RSE et transformation numérique des entreprises artisanales : une étude sur données d’enquête
1 Introduction
2 Revue de littérature et proposition de recherche
2.1 Les facteurs favorables et les freins à la RSE dans les petites entreprises
2.2 Les relations entre numérique et RSE dans les petites entreprises
3 Données et méthodologie
4 Résultats
4.1 Les déterminants des pratiques RSE
4.2 États de transformation numérique des entreprises artisanales et pratiques RSE
Chapitre 2 Impact d’une démarche de télétravail sur l’innovation des entreprises : une étude sur données d’enquête
1 Introduction
2 Revue de littérature et hypothèse de recherche
2.1 Le télétravail
2.2 Les implications du télétravail
2.3 La relation entre le télétravail et l’innovation
3 Les données
4 Méthodologie
5 Résultats
5.1 Estimation de l’innovation produit, procédé et du télétravail
5.2 Déterminants de l’innovation (produit et procédé)
5.3 Déterminants d’une démarche de télétravail
5.4 Relation entre le télétravail et l’innovation (produit ; procédé)
Chapitre 3 Numérique et RSE : une analyse des rapports RSE d’entreprises du CAC 40
1 Introduction
2 Revue de littérature et questionnement de recherche
2.1 Le reporting RSE
2.2 Transformation numérique et RSE
2.3 Gouvernance d’entreprise, RSE et numérique
3 Données
4 Modèles estimés
4.1 L’Analyse des Correspondances Multiples (ACM)
4.2 Tobit univarié et multivarié
5 Résultats
5.1 Classes de rapports et exemples
5.2 Facteurs de la présence et l’intérêt pour le numérique dans les rapports RSE
5.3 Exemples des rapports
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