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Le rôle des sociétés de capital-investissement dans la formation des alliances stratégiques
Extraits et sommaire de ce document
En partant du postulat que les sociétés de capital-investissement françaises sont impliquées dans la formation d’alliances, nous souhaitons répondre à deux questions majeures : 1) Comment les sociétés de capital-investissement françaises interviennent-elles dans la formation d’alliances pour les entreprises qu’elles accompagnent ? 2) Quelle est la raison de leur intervention ? Autrement dit, pourquoi interviennent-elles dans la formation d’alliances pour les entreprises qu’elles accompagnent ? Ces questionnements sont analysés sous deux points de vue : celui des PME formant l’alliance en présence d’une société de capital-investissement et celui de la société de capital-investissement. Par ailleurs, nous distinguons deux types d’alliances : les alliances dites « intra » et les alliances dites « extra ». Les premières concernent tous les types d’alliances formées entre entreprises accompagnées par une même société de capital-investissement. Les alliances sont donc formées à l’intérieur - en « intra » - du portefeuille d’investissement d’une société de capital-investissement. Les secondes concernent des alliances formées entre au moins une entreprise accompagnée par une société de capital-investissement et une entreprise non accompagnée par cette société de capital-investissement. Bien qu’une alliance puisse être formée entre plus de deux entreprises, nos explications se limiteront aux alliances formées entre deux entreprises. Nos propos peuvent cependant s’appliquer sans problème aux cas d’alliances formées entre plus de deux entreprises. Le traitement du problème posé se fait à l’aune de la création de valeur actionnariale. Autrement dit, l’objectif théorique de la thèse est de répondre aux questions générales posées ci-dessus sous l’angle de la création de valeur. Il en découle une troisième question à laquelle nous tentons de répondre au travers des deux premières : 3) Par quels leviers les sociétés de capital-investissement interviennent-elles dans la création de valeur, qui résulte de la formation d’alliances pour les entreprises qu’elles accompagnent ? De façon générale, la création de valeur peut passer par deux leviers stratégiques : (1) la réduction des pertes de valeurs liées à la présence de coûts stratégiques (de long terme) d’une part, et, (2) la création de valeur par la génération de gains stratégiques donc de long terme, source de rentes organisationnelles, d’autre part. Les théories contractuelles permettent une analyse du problème en termes de présence ou non de coûts (de transaction et d’agence). Ces théories sont majoritairement mobilisées dans la littérature présentée plus haut. Elles mettent ainsi en avant des rôles « passifs » des sociétés de capital-investissement en matière de formation d’alliances. Le terme « passif », qui peut sembler trop extrême, est utilisé pour illustrer l’action sur la valeur à travers les leviers de réduction de coûts (de transaction et d’agence), par opposition à une intervention plus « positive » sur la valeur à travers la création d’opportunités de croissance à laquelle nous associons le terme « actif ». […] L’analyse de notre question de recherche à l’aide des deux approches, contractuelle et cognitive, nous conduit à retenir une définition des alliances stratégiques (définies dans le point 1.2., pp. 29 ff.) assez large, qui permet une analyse tant contractuelle que cognitive. De ce fait, notre analyse s’apparente aux travaux proposant une approche synthétique ou duale (Cohendet et Llerena, 2005) des alliances et coopérations inter-entreprises (Kogut, 1988 ; Combs et Ketchen, 1999 ; Heiman et Nickerson, 2002 ; Chen et Chen, 2003 ; Oerlemans et Meeus, 2001 ; Claude-Gaudillat et Quelin, 2002). La mobilisation des différents cadres théoriques permet d’affiner le questionnement général du comment et du pourquoi les sociétés françaises de capital-investissement interviennent dans la formation d’alliances stratégiques pour les entreprises qu’elles accompagnent. Comme nous le verrons dans la partie consacrée à l’analyse théorique de la thèse (chapitre 2), la mobilisation des théories contractuelles adaptées à l’analyse du premier levier, nous conduit à des questionnements plus concrets : Les entreprises accompagnées par capital-investissement font-elles face à des coûts lors de la formation d’alliances ? Si oui, la présence d’une société de capital-investissement permet-elle de les réduire ? On peut ensuite se poser la question de savoir si les sociétés de capital-investissement sont les seuls mécanismes pouvant potentiellement réduire les coûts ou s’il existe d’autres mécanismes. Le second levier soulève des interrogations quant à l’intervention des sociétés de capital investissement dans la création même de la valeur via la formation d’alliances. Comme nous le verrons au cours de l’analyse théorique, il s’agit d’étudier si elles interviennent dans la création d’opportunités de croissance ou de compétences et de connaissances nouvelles assurant un avantage compétitif à long terme aux entreprises qu’elles accompagnent. Du point de vue de la société de capital-investissement se pose enfin la question de son intérêt dans la formation d’alliances. Peut-elle tenter d’extraire des rentes de la formation d’alliances ? Est-ce un service apporté par la société de capital-investissement pour se différencier du marché ? Ou le fait-elle par quête de légitimité sociale ? L’enjeu empirique de notre étude est triple. Il s’agit en premier lieu de tester nos hypothèses de recherche découlant de la mobilisation des théories contractuelles et cognitives complétées par les théories sociologiques des réseaux et de comparer le poids relatif des variables issues des différents cadres théoriques au sein d’une même étude (1). Comme nous appliquons notre recherche au domaine du capital-investissement en France, notre étude empirique permet également de voir si les principales conclusions avancées par la littérature actuelle, reposant essentiellement sur des arguments contractuels, se vérifient et se maintiennent en contexte français (2). Enfin, nous tenons à mettre à l’épreuve empirique non seulement le caractère général de nos hypothèses afin de voir si elles valent pour l’ensemble des sociétés françaises de capital-investissement, mais aussi de vérifier la plausibilité des mécanismes qui sous-tendent les liens de causalités avancés (3). La méthodologie à laquelle nous avons recours se base ainsi sur une étude multi-méthodes, combinant une étude de cas multiples et une étude économétrique. 1. Les notions sous-jacentes au rôle des sociétés de capital-investissement dans la formation des alliances 1.1. Le capital-investissement 1.1.1. Principales caractéristiques 1.1.2. Le marché français du capital-investissement 1.2. La notion d’alliance stratégique retenue 1.3. L’activité de formation d’alliances stratégiques des SCI françaises 1.3.1. Le CI français : un environnement favorable à la formation d’alliances 1.3.2. Premières données descriptives 2. Le rôle des sociétés de capital-investissement dans la formation d’alliances dans une perspective de création de valeur 2.1. Le rôle des SCI à la lumière des théories contractuelles 2.1.1. Quelques bases théoriques 2.1.2. Bilan des théories contractuelles 2.1.3. Application de la théorie à la question posée 2.1.4. Bilan du rôle des SCI sous l’angle des théories contractuelles 2.2. Le rôle des SCI à la lumière des théories cognitives 2.2.1. Quelques bases théoriques 2.2.2. Application de la théorie à la question posée 2.2.3. Bilan du rôle des SCI sous l’angle des théories cognitives 2.2.4. Positionnement des théories cognitives face aux théories contractuelles 2.2.5. La complémentarité des théories contractuelles et cognitives 2.3. Les théories sociologiques des réseaux : un complément à l’argumentation contractuelle et cognitive 2.3.1. Quelques bases théoriques 2.3.2. Application de la théorie à la question de recherche 2.3.3. Bilan des compléments d’arguments apportés par le recours au concept de capital social 2.4. Le rôle des SCI : une synthèse 3. Analyse empirique à visée infirmationniste du rôle des sociétés françaises de capital-investissement dans la formation d’alliances 3.1. La méthodologie : une étude multi-méthodes 3.1.1. Le concept global 3.1.2. L’utilisation conjointe et complémentaire de l’étude statistique et économétrique et de l’étude de cas 3.2. Mise à l’épreuve du cadre théorique 3.2.1. L’analyse économétrique 3.2.2. L’étude de cas multiples 3.2.3. Rapprochement de l’étude économétrique et de l’étude de cas multiples et discussion des résultats Autres documents qui pourraient vous intéresser !
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