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Economie sociale et solidaire dans un contexte de mondialisation
Extraits et sommaire de ce document
Comme on le sait, les expositions universelles de 1867 et de 1889 comprenaient une section réservée à l’économie sociale (Gueslin, 1998; Desroche, 1983). Tout au long de la seconde moitié du XXe siècle, il est possible d’identifier de nombreuses expériences de coopération dans le domaine de l’économie sociale, principalement dans la direction du Nord vers le Sud mais également du Sud vers le Nord. Depuis quelques années, nous assistons vraisemblablement à l’émergence de nouvelles formes de coopération et de solidarité, à partir entre autres d’une « réinvention » de l’économie sociale, un mouvement qui ne se limite pas aux États-nations mais qui est souvent porté par une société civile ouverte sur le monde, un mouvement inspiré par une autre vision du monde, ici qualifiée de globalisation de la solidarité et dont les deux pieds sont la résistance et la construction (Defourny, Develtere et Fonteneau, 1999; Moreels, 1999). Des formes de coopération de plus en plus multilatérales et des résistances non plus à des capitalismes sauvages à prédominance nationale comme c’était le cas au XIXe siècle, mais à un capitalisme sauvage à l’échelle mondiale; des expérimentations visant à construire non pas d’une république coopérative mais un autre modèle de développement inspiré entre autres par une nouvelle économie sociale et solidaire, un modèle qui pourrait s’imposer à la faveur d’une nouvelle grande transformation pour reprendre l’expression de Polanyi (Lévesque, Bourque et Forgues, 2001). Le terme de globalisation qui est distinct en français de celui de mondialisation (Rocher, 2001) nous permet d’insister sur le fait que la globalisation représente une étape et un espace nouveau dans l’histoire du monde. Si la mondialisation tend à désigner quelque chose de beaucoup plus intégrée que la seule internationalisation, soit l’extension des relations internationales à l’échelle du monde que rendent maintenant possible les moyens de transport et de communication, la globalisation ferait référence à une réalité allant au-delà de la mondialisation, un fait social total nouveau. En effet, si le mondial concerne le monde, le global fait référence à « un ensemble possédant alors des propriétés que ses composantes n’ont pas » (Crochet cité par Rocher, 2001 : 19), donc à un nouvel espace et un nouveau système monde où les « interconnexions seraient de plus en plus étroites entre tous les éléments » de ce système. Par conséquent, la globalisation ainsi entendue représenterait un processus qui ne fait que débuter (Boyer, 2001) et dont le point d’arrivée représente un des enjeux principaux du siècle qui débute : une économie mondiale autorégulée par le marché comme le veulent les néolibéraux ou une autre mondialisation selon un modèle de développement misant sur la démocratie et la solidarité entre les individus et les sociétés. Autres documents qui pourraient vous intéresser !
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