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Entrepreneuriat social : Genèse et essai de définition
Extraits et sommaire de ce document
Selon Janssen, Bacq et Brouard (2012), ces nouvelles pratiques entrepreneuriales dont l’objectif principal est la création de valeur sociale sont de plus en plus vantées par de nombreux auteurs (Dees, 1998; Sharir et Lerner, 2006). Aussi, plusieurs gouvernements européens encouragent, depuis quelques temps déjà, les initiatives d’entrepreneuriat social. Pour ce, quelques uns de ces pays ont prévu des cadres juridiques adéquats pour ces initiatives. Aussi, plusieurs organisations de soutien et de promotion de l’entrepreneuriat social comme Ashoka, Avina, Schwab et Skoll ont vu le jour. Leur mission est d’identifier les entrepreneurs sociaux et soutenir leurs activités et leur développement. Quels sont les éléments qui peuvent expliquer cet engouement croissant? Selon Janssen, Bacq et Brouard (2012), l’entrepreneuriat social génère avant tout des bienfaits et du progrès dans différents domaines tels que le domaine de santé, celui du développement durable et la livraison de biens et de services aux plus démunies. Il est reconnu pour ses capacités à résoudre d’une manière plus innovante des problèmes sociaux de plus en plus nombreux et complexes (Johnson, 2000; Thompson, Alvy et Lees, 2000) et à répondre aux problèmes de financement des organismes sans but lucratif (Dees, 1998). La formulation du phénomène de l’entrepreneuriat social est relativement récente (même si sa pratique n’est pas récente). Le terme « entrepreneuriat social » qui n’est autre que la traduction française de l’expression «social entrepreneurship», remonte aux années 1980 et est apparu pour la première fois aux États-Unis, là où de nombreuses organisations visant à soutenir des individus porteurs de changement social sont nées (Janssen, Bacq et Brouard, 2012). Largement défini comme l'utilisation d'approches non gouvernementales et axées sur le marché pour résoudre les problèmes sociaux, l'entrepreneuriat social est devenu un moyen de financement et d'approvisionnement des initiatives sociales (Kerlin, J.A. 2006). Cependant, les termes « entrepreneuriat» et «social » combinés peuvent avoir l’air contradictoires. En effet, le concept brouille les frontières traditionnelles entre le secteur public et le secteur privé et donne naissance à des entreprises hybrides (Johnson, 2000) dont l’objectif est la création de valeur double, à la fois sociale et économique. D’où vient l’entrepreneuriat social ? Comment est- il différent du secteur de non profit et pourquoi occupe-t- il de plus en plus de place dans le champ de la recherche sur l’entrepreneuriat ? Quelles sont ses notions principales et comment peut-on le définir ? L’objectif de cet article est d’essayer d’apporter des réponses à ces questions. Pour y arriver, nous allons tout d’abord essayer de comprendre comment ce nouveau type d’entrepreneuriat a émergé dans différentes régions du monde (section 1), puis nous allons parcourir les différentes notions qui lui sont liées et essayer de déterminer comment il est défini en Europe et aux Etats unis afin de tenter sortir avec une définition plus large et complète (section 2). […] De ce qui précède, on peut dire que des deux côtés de l'Atlantique, le but explicite de bénéficier à la communauté et la création de «valeur sociale», plutôt que la distribution du profit, est la mission principale de l'entrepreneuriat social et des entreprises sociales (Defourny et Nyssens, 2009) et dans les différentes définitions de l'entrepreneuriat social que nous avons trouvé, la tendance est de créer de la valeur sociale plutôt que de la richesse personnelle et actionnariale et de caractériser l'activité par l'innovation (Austin et al., 2006). Nous pouvons conclure que le moteur central de l'entrepreneuriat social est donc le problème ou le besoin social abordé et la forme organisationnelle adoptée devrait être celle qui mobiliserait le plus efficacement possible les ressources nécessaires pour répondre à ce besoin ou résoudre ce problème. L’entrepreneuriat social n'est donc pas défini par la forme juridique mais plutôt par la finalité sociale. Enfin, nous avons essayé d’apporter une définition large de l’entrepreneuriat social mais il s’avère difficile de dire qu’il existe une seule et unique définition de l’entrepreneuriat social qui peut susciter l’unanimité et des auteurs comme Martin et Osberg (2007) considèrent même que la définition de l’entrepreneuriat social est loin d’être claire et plaident en faveur d’une définition plus rigoureuse. Aussi, il existe un consensus sur le fait que toute forme d’entrepreneuriat est par nature génératrice de valeur sociale mais cela ne veut pas dire que toute activité entrepreneuriale relève de l’entrepreneuriat social ni que toute activité destinée à la création de valeur sociale n’implique nécessairement pas un comportement entrepreneurial (Janssen, Bacq et Brouard, 2012). Afin de mieux cerner le sujet, il serait également judicieux de déterminer au futur comment l’entrepreneuriat social est- il différent de l’entrepreneuriat commercial traditionnel. L’étude de ces différences entre l’entrepreneuriat traditionnel et l’entrepreneuriat social peut s’avérer primordiale afin d’arriver à une définition propre à l’Entrepreneuriat social. Autres documents qui pourraient vous intéresser !
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