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La fonction achats et son statut dans l’entreprise : Revue de littérature
Extraits et sommaire de ce document
Dès lors plusieurs chercheurs et praticiens s’efforcent à revoir le rôle de la fonction achats (Burt & Soukup, 1984; Carr & Smeltzer, 1997; Ellram, 1993; Ellram & Stanley, 2008; Ellram et al., 2002; Kraljic, 1983; Monczka & Trent, 1991; L. M. E. et J. N. Pearson, 1993; Sánchez-Rodríguez, Hemsworth, & Martínez-Lorente, 2005). La littérature existante examine le rôle de la fonction achats dans l’amélioration de la performance des entreprises selon deux approches : soit en tant qu’un ensemble de pratiques ou un ensemble de capacités et compétences (González-Benito, 2007). La première approche suggère que les fonctions achats qui développent des pratiques d’achats de plus en plus sophistiquées et plus stratégiques qu’opérationnelles contribuent aux performances globales des entreprises notamment en matière d’économie des coûts (Luzzini & Ronchi, 2016; Schiele, 2006; Úbeda et al., 2015). La deuxième approche propose que la contribution des achats aux performances de l'entreprise dépend du degré auquel les capacités d'achat s'intègrent et soutiennent la stratégie commerciale (González-Benito, 2007). En revanche, nous soutenons que l’importance de la fonction d’achat ne peut être appréciée en retenant uniquement les activités dont elle est responsable ou sa capacité d’intégration dans le processus stratégique, mais également en considérant son statut au sein de l’organisation, étant donné que ce statut (formel et informel) constitue un moteur puissant pour développer des activités créatrices de la valeur. […] Le présent document a pour objectif de combler cette lacune. En effet, les différents travaux (théoriques et empiriques) qui ont abordé le statut des achats seront remis à une analyse approfondie. Cette analyse a pour objectif de suggérer (sur la base de la littérature) une conceptualisation claire pour ce terme afin de le distinguer par rapport à la maturité des achats, préciser ses différents déterminants et approches et mettre en exergue son opérationnalisation susceptible d’être retenue par les recherches futures. Cette nécessité pourrait ouvrir un débat intéressant sur le rôle d’un statut élevé de la fonction achats sur son niveau de maturité, le développement des pratiques d’achats ainsi que son impact sur la performance des entreprises. Les questions de notre recherche peuvent être présentées ainsi : En se basant sur la littérature existante, qu’est-ce qu’on entend par « statut de la fonction achats » ? Quels sont les différents déterminants et approches du statut des achats qui peuvent être déduits de la littérature ? Quelle relation existe-t-elle entre statut et maturité des achats ? Si le « statut de la fonction achat » mérite d’être considéré comme un concept important dans la recherche sur les achats et les approvisionnements, comment est-il opérationnalisé ? Pour répondre à ces questions, le reste de l'article est structuré comme suit : La première section traite de la méthodologie de la recherche et propose une analyse descriptive de la littérature sur le statut des achats. Par la suite, les déterminants du statut de la fonction achats approchés par des recherches antérieures sont présentés dans la section suivante. Puis la troisième section examine la relation entre statut et maturité des achats. La quatrième section discute des résultats de cette recherche en proposant une traduction (opérationnalisation) du concept « statut des achats ». Enfin, une conclusion clarifie les limites de la recherche et fournit des suggestions pour de futures recherches. […] Les résultats de la recherche discutés dans cet article démontrent que le « statut de la fonction achats » est un concept important dans le domaine du management des achats et des approvisionnements (PMS). Cette importance est justifiée par la possibilité d’impacter les performances des entreprises grâce à un statut élevé des achats. Ce statut élevé, favorise le développement des pratiques et des capacités d’achats pour améliorer les performances des entreprises en matière de coûts, d’innovation, de flexibilité, de rentabilité… En effet, l’analyse des principaux articles scientifiques qui traitent le statut des achats nous a permis de mettre en exergue une traduction du concept en trois dimensions (conception, caractère stratégique et contribution à la performance de l’entreprise). Pour chaque dimension, des indicateurs de mesures sont identifiés. De même, une distinction entre la maturité et le statut des achats a été démontrée et une complémentarité entre les deux concepts s’avère plus logique qu’une alternance. De ce fait, il serait intéressant de proposer un modèle de recherche qui étudie l’impact d’un statut des achats élevé sur la performance des entreprises via le développement des pratiques stratégiques (variable médiatrice) tout en prenant la maturité de la fonction achats comme variable modératrice. En outre, la littérature étudiée montre que toutes les enquêtes empiriques sur le statut des achats étaient destinées à des professionnels des achats. A ce niveau nous suggérons aux futurs chercheurs d’élargir le champ des enquêtes aux responsables des autres fonctions pour pouvoir déceler des points de vue plus objectifs et externes. Le statut de la fonction achats étant conceptualisé en ignorant la « structure sociale » du centre d'achat, les recherches futures pourraient se concentrer sur le comportement des individus et des équipes au sein de la fonction achats. (Par exemple, en adaptant un schéma conceptuel pour la recherche sur l'efficacité du leadership) ou relier les aspects comportementaux au cadre proposé. En fin, Bien que la revue de la littérature ait prêté attention à la rigueur méthodologique en appliquant un processus de sélection reproductible et transparent pour les articles pertinents, les résultats de la revue peuvent être atténués par certaines limites. Premièrement, les bases de données utilisées dans le processus de recherche peuvent ne pas contenir toutes les sources bibliographiques qui pourraient être pertinentes pour la revue. Deuxièmement, notre restriction aux revues et journaux de renommée internationale et en anglais excluait, entre autres, les autres revues, les livres et les publications non anglophones. Autres documents qui pourraient vous intéresser !
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