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Caractéristiques des fusions et acquisitions au Maroc
Extraits et sommaire de ce document
En 2011, comme la région MENA a connu une vague de printemps arabe, le Maroc a fait une exception et a maintenu sa stabilité politique (Belghazi et Moudden, 2016). Ceci lui a permis d’attirer un grand nombre d’IDE (investissement direct à l’étranger) avec une valeur de 1,4 milliard de dollars de flux entrants de fusions et acquisitions (F&A) en représentant 10% du total de la région MENA. Le Maroc est la porte de l’Afrique dont la frontière entre lui et l’Espagne n’est que de 17 km. Accueillant une des bourses les plus actives en Afrique, son environnement des affaires ne ressemble pas à celui des autres pays africains (Tunyi et Ntim, 2016). En rejoignant l’Union africaine en 2017, le Maroc est un des pays africains les plus attractifs en termes des IDE et les plus investisseurs en Afrique. Certains chercheurs voient que le Maroc a exercé une forte diplomatie économique avec les pays africains en déployant des instruments financiers pour bien préparer son retour à l’union africaine (Larramendi et Tome, 2017). Considéré comme une puissance africaine, qualifié de marché frontière et ayant ses propres caractéristiques de gouvernance et de système réglementaire, le Maroc connait un niveau élevé de volume de F&A (Tunyi et Ntim, 2016; M. Wilson et Vencatachellum, 2016). En 2017, il s’est accaparé 22,32% des valeurs d’acquisitions, et 15,8% des valeurs de cessions dans les opérations de F&A transfrontalières en Afrique6. En dépit de tous ces chiffres, et malgré que le Maroc intègre les échantillons de plusieurs recherches sur les F&A transfrontalières dans les pays émergents (Vagenas-Nanos, 2016; Yen et André, 2019) et les pays africains (Tunyi et Ntim, 2016; Amewu et Alagidede, 2019), à notre connaissance, le phénomène des F&A au Maroc n’a jamais fait l’objet d’une étude scientifique. En effet, la majorité des études analysant les F&A se concentre davantage sur les pays développés, seulement un nombre très faible de ces études est consacré aux économies émergentes ou en voie de développement (Lebedev et al., 2015). Dans ce sens, l’étude de ce phénomène est très pauvre vu qu’il s’agit d’un phénomène récent dans la région du Maghreb à cause de l’absence d’une réelle dynamique de l’économie et l’absence de marchés financiers actifs (Ferchichi et Souam, 2015). Ce papier qui cherche à identifier les caractéristiques des opérations de F&A au Maroc et les variables les influençant, s’inscrit dans une perspective d’explication, d’analyse et de compréhension. Son intérêt réside dans trois points. Il cherche à combler le vide existant en analysant un phénomène inexploré jusqu’à présent mais qui devient de plus en plus important. Il constituera une base pour les futures recherches. Il cherche ensuite à analyser les F&A domestiques et les F&A transfrontalières In to Out et Out to In. Les typologies des F&A, les secteurs d’activités, la réglementation, les zones géographiques, le critère de cotation, les indicateurs de développement et les accords bilatéraux ont été mis en avant dans cette analyse. Il cherche enfin à permettre aux managers et chercheurs de projets d’investissements d’avoir une idée précise sur le marché des F&A au Maroc. Il leur offre une compréhension de ce phénomène dans un contexte différent de celui des pays développés. La suite de notre article est structurée comme suit. La section 1 met en exergue la revue de littérature mobilisée sur les F&A en général et sur l’Afrique en particulier. La section 2 décrit les données et la méthodologie. La section 3 examine et commente nos principaux résultats sur les F&A domestiques dans un premier point, sur les F&A transfrontalières avec un acquéreur marocain dans un deuxième point et sur les F&A transfrontalières avec une cible marocaine dans un troisième point. La section 4 propose une analyse et discussion des résultats. […] De toute évidence, la recherche sur les F&A africaines et maghrébines est récente et n’est pas riche. Si les projecteurs sont orientés vers les F&A dans les pays développés, c’est parce que leur économie est avancée et leurs systèmes sont dématérialisés permettant une disponibilité de l’information. Comme ce phénomène reste inexplorable par les scientifiques au Maroc, nous avons essayé de traduire le défi de collecte de données et d’informations en un papier scientifique exploitable par d’autres chercheurs. De cette étude nous déduisons que la majorité des F&A sont domestiques de type horizontal réalisées principalement par des entreprises non cotées. Dans les opérations transfrontalières In to Out, les F&A sont entreprises souvent dans les secteurs bancaires et d’assurances, notamment dans des pays qui ont déjà signé des accords avec le Maroc. Dans les opérations Out to In, le principal acquéreur est la France, ex-colonisateur du Maroc. Donc, cette étude a exposé des paramètres pour les institutions qui pourront les exploiter dans des études futures. Elle présente aussi un intérêt pour les investisseurs et les managers qui veulent investir en Afrique en ayant une visibilité sur la stratégie des F&A au Maroc. Nous estimons que les autorités devraient, premièrement, encourager les investissements entrants sous forme de F&A via une règlementation privilégiée et encourager d’autres pays anglophones à investir en poussant les entreprises à adopter une comptabilité universelle style IAS/IFRS. Deuxièmement, l'Agence Marocaine de Développement des Investissements et des Exportations (AMDIE) devrait épauler et encourager les entreprises à acquérir des cibles opérant dans des secteurs stratégiques en Afrique australe. Ce travail nous renseigne que la recherche sur les F&A dans un pays en voie de développement dont les PME sont majoritaires se trouve limitée par l’absence de données, la non collaboration de certains acteurs publics et privés et par l’absence d’intérêt au phénomène par les chercheurs nationaux. Cet article peut ouvrir la porte à plusieurs recherches futures vérifiant l’impact des lois sur les F&A, étudiant la liaison entre la réglementation et l’activité des F&A ou bien examinant l’association entre des variables macro-économiques propres au pays et les F&A. Autres documents qui pourraient vous intéresser !
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