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Les apports potentiels du développement de la finance participative au Maroc

 
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• Type de document : Article académique
• Nombre de pages : 16
• Format : .Pdf
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Extraits et sommaire de ce document
La finance participative est une finance qui remet l’individu et la collectivité au centre d’intérêts des décideurs et des opérateurs. La finance alternative ne se contente pas d’être une éthique provisoire liée à un groupe de personnes, mais vise à présenter des solutions précises à une problématique économique qui touche une large communauté d’individus, voire des nations entières.
Le fondement théorique de la finance islamique est le Coran et la Sounna, c’est-à-dire des textes sacrés, on parle dès lors de l’homo-islamicus et non plus de l’homo economicus, avec l’équité comme pilier fondamental de l’activité financière islamique. On a donc cinq principes sur lesquels se base la finance participative, trois négatives : Interdiction du prêt à intérêt, de la spéculation, et de financements des activités illicites du point de vue lois islamiques, et deux positives : Adossement du financement participatif à un actif réel (tangible), et le partage des pertes et des profits (Principe du 3P) dans le cadre du financement participatif.
Ainsi, par opposition au capitalisme qui légitime la finalité purement financière de toute action humaine, la finance participative, en tant qu’alternative aux modes de financement traditionnels, vise à moraliser l’économie capitaliste en apportant des corrections tant sur le plan éthique qu’économique (Youssef El Hazzaouni, « Finance islamique, Fondements, Mécanismes et Apports », Avril 2014).
Dans ce cadre, le Maroc dispose d’atouts incontournables de par sa position géographique, la résilience de son économie, sa stabilité économique, et sa stratégie de servir de plate-forme financière vers l’Afrique subsaharienne. Malgré ces avantages et l’intérêt porté par les investisseurs, le Maroc a fait le choix de la modération et de l’approche progressive.
Il faut rappeler que le Maroc a mis en place les premiers produits financiers alternatifs en 2007, mais à petite échelle, accusant alors un retard certain sur la majorité des pays de la région MENA1, mais l’optimisme est donc de mise, et le Maroc, fort de ses nombreux atouts économiques, politiques et géographiques, a indéniablement une carte à jouer. Les fonds issus de la finance participative sont en mesure de constituer l'un des moteurs qui peut encourager l'accélération du développement de CFC2, sous réserve que l'industrie soit bien ancrée dans le pays.
Pour qu’une telle industrie puisse connaître un essor remarquable au Maroc, trois conditions majeures doivent être réunies : premièrement, un appui solide du gouvernement pour le développement de la finance participative. Deuxièmement, un tel essor requiert l’intérêt de la population, notamment celle qui est non bancarisée, pour les produits participatifs proposés, ce qui semble réalisable. Et troisièmement, il faut que les banques conventionnelles aient un intérêt pour l’ouverture des banques proposant des produits participatifs, ou au moins, ouvrir des «Windows », c'est-à-dire des fenêtres dédiées à la finance islamique. Ce qui est déjà acté puisque plusieurs banques de la place ont déjà lancé des filiales qui opèrent dans la finance participative.
La finance islamique pourrait être également d’un grand secours pour les PME marocaines. L’un des objectifs déclarés de la finance islamique et des banques participatives est donc de contribuer de façon plus grande au financement des PME et leur permettre un meilleur accès au capital.
Pour autant, cet optimisme fleurissant ne doit pas se muer en précipitation. L’approche prudente choisie par le Maroc est la bonne, car notre pays est un nouveau venu dans l’industrie de la finance islamique, et il a fait le choix de suivre un chemin modéré et progressif, afin de maintenir la stabilité du secteur financier du pays. Mais pour y parvenir, toutes les parties prenantes, en l’occurrence : La banque centrale, les banques, les régulateurs, les universitaires, etc… sont appelés à tirer dans la même direction pour ne pas subir les mêmes problèmes de l’année 2007.
Si tous les acteurs s’accordent sur le fort potentiel de la finance participative dans le marché national, certaines faiblesses pourraient bloquer son décollage, parmi celles-ci, citons le manque de capital humain formé et spécialisé dans la finance participative, et le manque de connaissance de la part du public des services et des produits de financement islamique, à cause d’un déficit publicitaire en la matière.
Ainsi, l’industrie financière participative dispose d’un potentiel de croissance considérable dans la région du grand Maghreb, et plus particulièrement au niveau du Maroc. Le développement, au niveau national, d’un tel secteur aura des avantages à plusieurs volets : économiques, social, individuel, et sociétaire.
On va essayer à travers le présent article de répondre à la question suivante : Quels sont les apports potentiels économiques et sociaux de la finance participative pour le Maroc ?
Pour répondre à notre problématique, on va aborder dans un premier temps les apports potentiels de la finance participative sur le plan économique pour le Maroc, et dans un deuxième temps on va mettre en exergue les apports sociaux attendus à travers l’application de cette finance au Royaume.
[…]
Nous avons essayé, à travers cet article, de citer quelques avantages qui indiquent dans quelle mesure notre pays pourrait tirer profit du développement d’une industrie financière participative et éthique, sur son territoire. C’est une opportunité pour le Maroc, qui cherche un financement accessible et peu risqué pour ses projets structurants, ses PME et même pour une classe moyenne à la recherche du logement ou d’auto-emploi.
L’objectif général de la finance islamique est non seulement l’expulsion de l’intérêt ou de l’usure, mais plus largement la participation au développement, à l’augmentation de la production des biens et services, et à la création de l’emploi. A partir des expériences des pays occidentaux et de l’Asie dans l’application de la finance participative mise dans leur système financier, on remarque que ces institutions financières peuvent augmenter le PIB du Maroc, et créer de la richesse.
Selon Umer Chapra, conseiller à la Banque Islamique de développement (BID), « il ne suffit pas de réformer le système financier, il faut aussi réformer l’être humain et les institutions socio-économiques et politiques », (CHAPRA.U, « L'économie et la finance islamique », 2015). D’où la nécessité de se focaliser sur les problèmes socio-économiques auxquels l’être humain est confronté, et exposer la voie de l’adoption d’une stratégie équilibrée et orientée moralement. Chose qui n’est pas évidente au sein d’un monde qui est généralement éloigné de l’éthique morale des religions révélées. En plus, le financement par la banque participative peut être un avantage concurrentiel substantiel pour les PME au Royaume, vu que ces entreprises manquent souvent, pendant la phase de création, de compétences et de fonds nécessaires pour leur développement.
Dans ce cadre, la banque participative ne peut être qu’un support solide et un pilier incontournable pour la coopération et le partage des responsabilités entre les bailleurs de fonds, la banque, et les PME dans la réalisation des projets d’investissement et d’exploitation. Ainsi, la banque participative constitue une forme de gestion privée et collective permettant de bénéficier des analyses fructifiées et des examens de faisabilité concernant des projets présentés aux normes sollicitées.
Dans ce sens, les banques participatives au Maroc ont commencé leurs activités dès le deuxième semestre de l’année 2017, avec la réalisation des résultats encourageants, et l’introduction progressive de certains produits participatifs en plus de la Mourabaha, tels que la Moudaraba à travers les comptes d’investissement, l’assurance islamique Takaful, les Sukuks…. , mais le chemin est encore long, et les banques participatives implantées au Maroc doivent introduire d’autres produits pour attirer plus de clients et de liquidités, avec le développement progressif de la volonté politique pour accorder à ces banques la place méritée au niveau du système financier marocain, et satisfaire une grande partie de la population marocaine ambitieuse pour cette finance éthique, qui constitue une opportunité à ne pas rater pour notre Royaume déjà en retard à ce niveau par rapport à d’autres pays de la région MENA.
Quant aux règles de la bonne concurrence, la loi bancaire 103.12, publiée en 2015, prévoit des passerelles entre les autorités de la concurrence et Bank Al Maghreb, au cas où ces autorités seraient appelées en matière de concentration de litiges concernant, de façon directe ou indirecte, un établissement de crédit ou organisme assimilé, elle devrait avoir, au préalable l’avis du BAM, qui maintient son pouvoir, et sa supervision du système bancaire Marocain.
Reste enfin à s’interroger sur le degré d’implication des autorités de tutelle au Maroc, pour encourager la concurrence loyale entre les deux types de financement participatif et conventionnel, et laisser le libre choix au client conformément à ses convictions personnelles et idéologiques, et en harmonie avec la libéralisation progressive du secteur bancaire marocain, afin de ne pas rater l’opportunité d’accueillir et de développer cette finance à fort potentiel économique et social, pour un pays en plein débat à propos d’un nouveau modèle de développement national.

1. Les apports potentiels de la finance participative sur le plan économique
1.1 Promouvoir les investissements
1.2 L’attrait et l’accompagnement des investissements arabo-musulmans au Maroc
1.3 Améliorer la bancarisation de l’économie
1.4 Mobiliser et promouvoir l’épargne nationale
1.5 Contribuer au financement des PME
1.6 Financer une partie des dépenses publiques
1.7 Atténuer le niveau d’inflation
2. Les apports potentiels de la finance participative sur le plan social
2.1 Outil de lutte contre le chômage
2.2 Outil de lutte contre la pauvreté
2.3 Outil d’équité, de justice et de solidarité sociale
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