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Les facteurs de succès de mise en oeuvre de la comptabilité par activités chez les entreprises marocaines
Extraits et sommaire de ce document
Les coûts indirects ne représentaient qu’une faible portion des coûts totaux, tandis que les coûts de la main-d’oeuvre directe en constituaient la partie la plus importante. La stratégie des entreprises était axée sur la production de masse et la principale préoccupation des gestionnaires était de suffire à la demande des consommateurs. Les structures organisationnelles se caractérisaient par une spécialisation poussée du travail, par un clivage entre les dirigeants décideurs et les employés-exécutants et par une hiérarchie pyramidale où les communications entre le sommet stratégique et les centres opérationnels s’effectuaient uniquement du haut en bas (Boisvert, 1991). Le modèle traditionnel de coût de revient, que ce soit la méthode des coûts complets ou des coûts directs, était adapté à cette approche mécaniste de l’entreprise et convenait à un environnement stable, accueillant, simple et certain (Lorino, 1989). Sur ces marchés de masse, la comptabilité de gestion se trouvait ainsi à exprimer des représentations en conformité avec le contexte (Mevellec, 1990). Depuis les années 1980, plusieurs facteurs ont modifié les conditions dans lesquelles ces systèmes traditionnels ont été utilisés, rendant désuètes les hypothèses à la base de l’application de ces méthodes (Lorino, 1991). Ainsi, la capacité des systèmes traditionnels de calcul des coûts à fournir une information pertinente pour la prise de décision a été mise en doute par un nombre important d’académiques et de praticiens. Le point de départ est sans conteste la publication en 1987 de l’ouvrage des professeurs Kaplan et Johnson qui documentent l’évolution historique des systèmes de comptabilité de gestion dans les grandes entreprises américaines et concluent à l’obsolescence des systèmes de comptabilité de gestion mis en place. Les recherches menées par ces deux auteurs ont conduit à la naissance d’une nouvelle méthode de calcul des coûts, à savoir : la comptabilité par activités. Depuis l’apparition de cette nouvelle approche, de nombreuses études ont été menées dans plusieurs pays sur les fondements théoriques (Lorino, 1991 ; Bescos et Mendoza, 1994), les déterminants d’adoption (Alcouffe et Guedri, 2008 ; Elhamma, 2010 ; Rankin, 2016 ; Nair et Tan, 2018), les facteurs de succès de mise en oeuvre (Shields, 1995 ; Foster et Swenson, 1997 ; Anderson et Young, 1999) et l’impact de cette méthode sur la performance des organisations (Bescos et Charaf, 2008 ; Pokorna, 2016 ; Albalaki et al., 2018). A travers ce travail, notre objectif est de prendre part aux travaux sur les facteurs qui affectent le succès de mise en oeuvre de la comptabilité par activités, en particulier au niveau des entreprises marocaines. Nous allons donc essayé de répondre à la question suivante : quels sont les facteurs qui affectent le succès de mise en oeuvre de la comptabilité par activités au niveau des entreprises marocaines ? Pour répondre à cette question, nous présentons d’abord une revue de littérature sur le sujet, ensuite, nous abordons la méthodologie de recherche adoptée et enfin, nous exposons les résultats trouvés dans cette étude. […] L’objectif de cette étude était l’identification des facteurs qui influencent le succès de la mise en oeuvre de la comptabilité par activités au niveau des entreprises marocaines. A travers une étude quantitative menée auprès de 11 entreprises, nous avons trouvé que, seulement, la variable « soutien de direction générale » a un effet positif et statistiquement significatif sur le succès de la mise en oeuvre de cette méthode. Notre étude constitue l’une des rares contributions réalisées dans le contexte marocain. Elle présente un apport pratique pour les entreprises marocaines, surtout celles qui cherchent à réussir la mise en place de cette nouvelle approche. Cette recherche présente également des limites. La première limite est relative à la nature de notre enquête. En effet, les informations ont été collectées via une enquête par questionnaire, chose qui ne permet pas au chercheur d’apprécier la qualité des réponses fournies. Nobre (2001) précise dans ce cadre qu’un écart important peut exister entre les déclarations et les pratiques réelles au niveau des entreprises. Il rajoute que cette limite concerne toutes les enquêtes basées sur les questionnaires. La deuxième limite est relative à la taille de notre échantillon. Cette dernière n’est pas très importante, malgré que le nombre de réponse fournis est semblable à d’autres recherches faites dans plusieurs pays sur le même sujet. Le nombre de réponses que nous avons recueilli peut-être justifié par les problèmes d’accessibilité aux données liées essentiellement à la réticence de certains dirigeants d’entreprise à divulguer certaines informations. Les résultats obtenus dans cette étude ne sont pas représentatifs. En ce qui concerne les perspectives de la recherche, nous estimons qu’il est important de conduire des recherches-intervention et des études de cas approfondies dans des contextes variés afin de mieux comprendre la relation entre les facteurs étudiés et le succès de mise en oeuvre de la comptabilité par activités. Autres documents qui pourraient vous intéresser !
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