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L’entrepreneuriat social, une théorie en cours de construction et une opportunité pour les sans-emplois
Extraits et sommaire de ce document
Par ailleurs, la crise économique a remis en question «le mythe de l'autorégulation spontanée des marchés et a pointé les limites du modèle de gouvernance fondé sur la valeur actionnariale » (Petrella, et al., 2010). Un constat nous conduira à soulever de nombreux questionnements quant à la viabilité du système du marché sur le long terme. Des voix en nombre croissant s'interrogent sur la possibilité de concevoir une économie qui soit moins inégalitaire et destructrice (Drapery, 2011). Dans ce contexte vient apparaitre le rôle de l’économie sociale et solidaire, un espoir qui dispose d’innovantes capacités leur permettant de créer de la richesse et de l’emploi dans tous les territoires dont profite tout le monde. En outre, elle offre à l’Etat des possibilités d’optimiser ses dépenses sociales et faire de précieuses économies. Il s’agit de nouvelles façons de faire de l'économie, qui n’aurait pas pour but la réalisation de profits, mais de satisfaire les besoins de la société. Au sein des structures de l’économie sociale, à savoir les entreprises sociales, l'humain passe avant le profit et 1'efficacité économique est mise au service de l'intérêt général (MOUVES, 2012). Il s’agit là d’un mouvement où les entreprises sociales et l’entrepreneuriat sont en pleine expansion. Ce mouvement a connu une attention particulière comme moyen de lutte contre la pauvreté, le chômage et l’exclusion sociale. Alors l’entrepreneuriat s’appuie sur des modèles d’affaires plus équitables et une cohésion sociale comme en témoignent les modèles des écoles anglo-saxonnes (l’école des ressources marchands et l’école de l’innovation sociale) et le réseau européen de chercheurs (l’EMES) qu’on verra par la suite. Cet entrepreneuriat social, qui représente un processus de mise en oeuvre des politiques de l’économie sociale, connait un essor important. Ces dernières années à l’issue des crises engendrées par le système de marché accusé d’avoir été par nos concitoyens synonymes de lucre et de la spéculation. L’entrepreneuriat social constitue une alternative pour les personnes qui ne disposent pas de garantie et qui sont en situation non solvable. Il est considéré comme étant une réelle occasion pour les jeunes sans emplois de devenir entrepreneurs, il les aide en même temps à créer leurs propres projets. Le développement de l’économie sociale est possible à travers l’entreprenariat social, c’est avant tout une entreprise, caractérisée par une initiative privée dont la finalité sociale est supérieure à la finalité économique. En effet, « l’entrepreneur social a pour objectif de créer de la valeur sociale dans des domaines aussi variés que l’accessibilité aux ressources, le développement durable, ou encore la précarité et il doit réunir des ressources pour conduire des changements sociétaux » (Dees & Anderson, 2006). De là, on peut déduire que l’idée de valeur sociale constitue la clé de l’entrepreneuriat social et fait la distinction entre l’entrepreneuriat qui pourrait être qualifié de classique, économique (Dacin, et al., 2010) et l’entrepreneuriat social. Nous sommes, alors, face à une nouvelle économie plus solidaire qui vient combler les lacunes du modèle « classique » incapable d’intégrer les sans-emplois et garantir aux couches sociales leur bien-être. La question qui se pose, alors : Est-il possible que l’acteur de l’économie sociale ait des capacités de répondre au paradoxe suivant : Dégager un profit et assurer la viabilité de ses services, sachant que la finalité pour laquelle est créée, est de résoudre des problèmes sociaux qui ne sont satisfaits ni par l’Etat ni par le marché ? Est-ce que le financement des besoins sociaux ne se fera que par la réalisation des activités à but de lucre ? Nous avons ici, affaire à un paradoxe : création simultanée de valeur économique et sociale, chose à explorer mais qui peut engendrer des tensions à la suite de l’hybridité de cette forme d’entrepreneuriat (entreprenariat social) qui doit jongler entre les objectifs sociaux et les moyens à disposition (Doherty, et al., 2014). L’association de ces deux objectifs engendrera des tensions et des challenges managériaux spécifiques (Doherty, et al., 2014) qui peuvent conduire à des situations paradoxales (Brouard, et al., 2012). Au contraire, l’entrepreneuriat social veut « ré-encastrer » l’un dans l’autre, du fait que c’est possible qu’ils se complètent : pas de projet social fort sans projet économique fort : les deux se nourrissent de manière vertueuse (Mouves, 2012). Pour élaborer cette réflexion de l’entrepreneuriat social, il convient de délimiter dans une première partie de notre travail, le champ de son étude, par l’identification de différents courants de pensés qui accompagnent son émergence. Nous allons voir comment les courants de pensé ; artisans de la théorie de l’entrepreneuriat social, partagent certaines convictions sur le concept, mais ne cachent pas la présence de certaines perceptions qui engendrent parfois de la confusion. Nous serons alors amenés à étudier les différentes propositions pour relever les points qui font ou non l’unanimité. Dans une deuxième partie nous allons identifier le rôle ainsi que les mesures d’accompagnement entreprises pour encourager l’entrepreneuriat social à aider les sans-emplois à réaliser leurs propres projets. Une mission qui n’est pas facile du fait que les sans-emplois sont peu expérimentés, peu qualifiés et peu motivés. De même nous allons analyser l’expérience du Maroc dans la réalisation des projets appuyés suivant le processus de l’entrepreneuriat social. Comme cette recherche se veut exploratoire, donc on va opter pour une approche qualitative par le biais de la recherche documentaire, rapports et études et par le biais des entretiens avec les acteurs de l’écosystème marocain. Autres documents qui pourraient vous intéresser !
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