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Audit interne et gestion des risques opérationnels : Cas des établissements publics de la ville de Rabat au Maroc
Extraits et sommaire de ce document
Le Maroc n’échappe pas à cette vague de réformes, le secteur public marocain est entrain de connaitre une révolution dans sa nouvelle conception basée essentiellement sur la digitalisation, la simplification des procédures, la déconcentration administrative et la rationalisation de la dépense publique. En effet, le secteur public est appelé aujourd’hui plus que jamais à entretenir des réformes sur tous les plans afin de répondre aux exigences des citoyens. Parler du secteur public, c’est parler à la fois de trois institutions qui forment la sphère publique au Maroc qui sont : les administrations centrales (ministères principalement), les entreprises et les établissements publics (EEP), et les collectivités territoriales. L’étude que nous avons menée à travers cet article va mettre le doigt sur les EEP, vu leurs rôles majeurs dans le processus de développement socioéconomique du pays, En effet, 60% des investissements de l’Etat sont réalisés par ces institutions. De plus leurs chiffres d’affaires et investissements réalisés présentent des valeurs respectives de 252 988 MDH, soit près de du PIB, et 71 175 MDH avec un taux de réalisation de 71% en 2019. A partir de là, ils sont appelés à s’inscrire dans une démarche volontariste visant à renforcer la qualité de leurs interventions tant sur la poursuite de la réalisation des projets d’investissement que sur la fourniture des services publics de qualité. Pour répondre à cette exigence, et à l’instar des entreprises privées, plusieurs outils sont utilisés qui mènent vers la performance comme l’audit interne, point focal de notre réflexion, et donc, nous considérons que les EEP ont besoin de doter leurs organigrammes de cette fonction si importante, indépendante et rattachée directement à la direction générale, et qui aura comme mission de faire des vérification périodiques des différentes fonctions de l’organisation, là où le risque s’avère important. Le champ d’action de l’audit interne s’étend à trois processus fondamentaux qui sont : le processus de management des risques, de contrôle interne et de gouvernement d’entreprise. Aujourd’hui, la mission principale attribuée à l’audit interne est la maîtrise des risques. A ce titre, tout le travail que fait l’auditeur interne doit lui permettre à la fois d’identifier les risques et les évaluer, et d’établir des plans d’action de nature à les ramener à un niveau acceptable ou les écarter carrément. Raison pour laquelle nous allons examiner dans le présent travail la mission attribuée à l’audit interne en matière de gestion des risques opérationnels. Face à toutes ces considérations, notre préoccupation dans cet article serait de répondre à la problématique suivante : Dans quelle mesure l’audit interne contribue-t-il à la maîtrise des risques opérationnels au sein des établissements publics de la ville de Rabat ? L’étude menée porte en particulier sur un échantillon d’établissements publics marocains, elle pose trois questions spécifiques : Comment l’audit interne est au service des établissements publics ? L’audit interne est-il capable de maîtriser tous les risques et mieux les gérer ? Et finalement pour que l’auditeur mène à bien sa mission, est ce qu’il répond aux critères et aux exigences des normes internationales de l’audit interne ? La réponse à ces questions et à la problématique principale du présent article est organisée autour de deux sections majeures : une première sera réservée à une revue de littérature de la notion d’audit interne, du risque opérationnel et la relation existante entre les deux concepts, et une seconde, nous allons la consacrer à l’analyse et l’interprétation des résultats d’une enquête menée auprès d’un échantillon de 40 établissements publics. […] L’audit interne au sein des établissements publics de la ville de Rabat a connu une avancée remarquable ces dernières années. Les entités qui ont fait l’objet de notre étude ont compris que l’implantation d’une cellule d’audit interne n’est plus uniquement une obligation juridique, mais c’est une exigence du management et de la bonne gouvernance. En effet, vu que ces établissements sont considérés comme des vecteurs clés du développement économique sur tous les plans (électricité, eau, assainissement, habitat, autoroutes…), leur préoccupation majeure est centrée sur la recherche de la performance à tout prix pour relever les défis qui s’imposent à eux. Dans cette logique de performance, de renforcement de l’efficacité des établissements publics et la modernisation de leur gestion, l’audit interne s’est avéré comme l’outil le plus adapté pour aider l’organisation à atteindre ses objectifs tout en améliorant les processus de management des risques et de contrôle interne. L’étude que nous avons menée a démontré que la mise en place de l’audit interne n’est pas liée essentiellement à la contrainte de l’environnement, mais il est devenu un meilleur outil au service de la gouvernance de l’organisation (hypothèse 1), par ailleurs, la compétence de l’auditeur a une influence directe sur la performance des départements d’audit des établissements en question (hypothèse 2), et finalement la tendance de l’institution des comités spécialisés rattachés au conseil d’administration comme le comité d’audit n’a pas d’effet direct sur la qualité de l’audit interne, étant donné que les EEP disposent à peine des structures d’audit interne, les comités d’audit sont pratiquement inexistants. (Hypothèse 3). Dans un monde marqué par le progrès technique, orienté principalement vers la digitalisation et la dématérialisation des procédures, les méthodes de travail dans pas mal de métiers ont beaucoup évolué et l’audit interne en fait partie. Et donc nous considérons qu’il est dans l’obligation de changer ses méthodes vers une optique de digitalisation et d’informatisation de ses techniques. Cependant, ce changement ne pourrait se faire sans l’existence effective d’un dispositif de contrôle interne calquée sur la même logique. Ceci aura sans aucun doute un impact sur la maîtrise des risques opérationnels grâce à la traçabilité du système d’information. A ce titre : • Les établissements publics doivent suivre l’évolution qu’a connue les entreprises privées au niveau des infrastructures technologiques en adoptant un progiciel de gestion intégré (PGI) comme l’ERP (entreprise ressource planning). Grâce à l’ERP, toutes les procédures seront automatisées, du coup la probabilité qu’un risque soit survenu sera très faible. • Il faut investir dans la mise à niveau des acquis des auditeurs par l’organisation de formations périodiques et régulières. A titre d’exemple, sur le plan international, il existe des formations professionnelles en audit interne reconnue mondialement comme le CIA (certificate of internal auditors), ce type de formations va permettre aux auditeurs de s’aligner avec les exigences et les évolutions du métier à l’échelle internationale. • Il faut sensibiliser également les collaborateurs à la culture d’audit interne. En effet, l’auditeur en général ne doit plus être considéré comme un agent d’autorité, la vision doit changer de façon à le percevoir comme une personne qui aide, assiste l’établissement à maîtriser ses risques et atteindre les objectifs qu’on lui a assigné. Autres documents qui pourraient vous intéresser !
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