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Causes et dynamique de l’économie informelle au Maroc
Extraits et sommaire de ce document
L’importance de l’économie informelle au Maroc n’est plus à démontrer. Selon une étude menée par la confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) en 2018, cette autre économie crée une valeur ajoutée qui s’élève à 140 milliards de dirhams et induit un manque à gagner de 40 milliards de dirhams en termes de recettes fiscales et de cotisations sociales. De même que, selon le Haut Commissariat au Plan, le nombre des unités de production informelles en 2018 s’élève à 2,65 millions contre 1,68 millions en 2014 et 1,55 en 2007, soit une augmentation moyenne annuelle de 62.500 unités entre 2018 et 2014. C’est sous l’effet conjugué de la crise de la dette, de l’impact des politiques d’ajustement structurel, de l’urbanisation accélérée et de la poussée démographique que l’économie informelle a connu une croissance spectaculaire et devient une solution miracle pour des millions d’appauvris en raison de l’hyperinflation qui sévit dans les années 80. La dynamique et l’extension des activités informelles révèlent une complexification de l’emploi : montée du chômage, nouvelles formes d’activités féminines, mobilité sectorielle des actifs, etc. Ce qui nous amène à constater que ces petites unités, ayant choisi d’opérer dans l’informalité, se heurtaient à des obstacles important et à des politiques restrictives de l’Etat qui les empêchaient de réaliser pleinement leur potentiel de croissance. Ainsi, la problématique de cet article est de déterminer les causes et la dynamique de l’économie informelle au Maroc. De cette problématique, plusieurs interrogations peuvent être soulevées à savoir : quelles sont les causes d’émergence de l’économie informelle au Maroc ? Quelles sont les raisons de continuité de ces activités informelles ? Quelle est l’ampleur de l’économie informelle? Quels sont les aspects de cette économie souterraine ? Quelles sont les politiques publiques mises en place pour lutter contre l’informalité ? D’où, cet article est composé de 5 sections qui examinent le sujet de l’économie informelle au Maroc. La première section aborde les causes d’émergence de l’économie informelle où nous mettons le point sur les incidences sociales des politiques d’ajustement structurelles, sur la faiblesse de l’industrialisation dans les années 80 et sur l’explosion urbaine et la marginalisation de la population au Maroc. La deuxième section analyse les raisons de continuité de cette autre économie des années 80 jusqu’à aujourd’hui. La troisième section souligne la dynamique de l’économie informelle au Maroc à travers les caractéristiques des unités de production informelles, sa contribution à la création d’emploi, les modes de financement de ces activités et sa valeur ajoutée. La quatrième section, présente quelques aspects des activités informelles au Maroc. Enfin, la dernière section met l’accent sur les politiques publiques mises en place pour lutter contre l’informalité au Maroc. […] Cet article a été consacré à l’analyse des causes et dynamique de l’économie informelle au Maroc. En effet, la crise déchirante qui a frappé le Maroc depuis les années 80 et l’adoption des programmes d’ajustement structurel, ont forcé le déclenchement de l’économie informelle comme un modèle alternative à une économie essoufflé par le poids de la dette et les faiblesses d’industrialisations. Ces crises ont eu des retombées négatives sur l’emploi, la distribution des revenus et le niveau de vie des populations. L’incapacité de l’Etat à payer les salaires des fonctionnaires, et la suppression des emplois dans le secteur industriel privé et dans le secteur public ont conduit à la prolifération de la pauvreté qui s’est aggravé davantage avec la succession des sécheresses et l’explosion urbaine. Devant l’incapacité du secteur moderne à absorber ce flux de main d’oeuvre d’origine rurale, le refuge de ces derniers dans le secteur informel pour subvenir à leurs besoins est tout à fait logique et évident. Dès lors, la contribution de l’économie informelle à la création d’emploi et de valeur ajoutée, n’est plus à démontrer. Les diverses enquêtes nationales réalisés dans ce sens par le haut commissariat au plan et par la confédération générale des entreprises confirment d’un côté son poids significatif dans la concrétisation d’un certain équilibre du marché du travail, mais d’un autre côté dénoncent la concurrence déloyale exercée par ces activités, l’absence de protection sociale pour les acteurs de ces unités de production informelles et les manques à gagner en matière de cotisations fiscales et sociales. Toutefois, les diverses aspects de l’informalité rend de plus en plus difficiles la mise en place d’une stratégie globale d’intégration du secteur. Pour soutenir le développement du secteur privé, le Maroc a déjà mis en place plusieurs réformes, dont les programmes d’insertion à l’emploi et d’appui aux activités informelles en vue d’améliorer le climat économique et social. Ces réformes portent également sur le lancement du statut de l’auto-entrepreneur qui est plus bénéfique en matière d’impôts et sur la promotion du microcrédit et l’encouragement de l’entreprenariat pour générer des emplois et atténuer les déséquilibres du marché du travail. Ces micro-entreprises informelles sont généralement les plus bénéficiaires des soutiens des programmes étatiques parce qu’elles pourraient être plus facilement intégrés dans la sphère formelle alors que les petits métiers de rue, sont les plus délaissés et les moins tolérés par les autorités locales. D’où, des études approfondies sur le secteur informel non localisé sont nécessaires pour comprendre ses caractéristiques et ses modes d’actions afin de mettre en place des stratégies adéquates d’intégration de ce type d’informalité. Autres documents qui pourraient vous intéresser !
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