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Financement du cycle d’exploitation des Très Petites Entreprises

 
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• Type de document : Article académique
• Nombre de pages : 26
• Format : .Pdf
• Taille du fichier : 874.02 KB
Extraits et sommaire de ce document
Le financement du cycle d’exploitation des TPE constitue un véritable débat, surtout lorsqu’il s’inscrit dans une approche contingente des sciences sociales. En effet, la perception de la TPE diffère selon les contextes et cette dernière l’est autant sur la logique de financement (Dodd et Seaman,1998).
Les TPE disposent d’une structuration simple dont les mécanismes de financement sont portés sur une prédominance du cycle d’exploitation. Elles adoptent une préférence au financement du cycle d’exploitation, justifiant davantage leur faible intérêt pour un financement stratégique.
Les travaux de Torrès (2015 ; 2007) montrent à suffisance le caractère proxémique des TPE justifiant davantage un fort intérêt du développement des pratiques de gestion informelle. A cet ordre le passage de la TPE à la grande entreprise relève des intentions de l’entrepreneur. A ce titre, le financement du cycle d’exploitation doit constituer un vecteur du financement du cycle d’investissement.
La perception du financement du cycle d’exploitation relève de plusieurs déterminants parmi lesquels le profil de l’entrepreneur, l’intentionnalité de l’entrepreneur dans la transformation temporelle de la TPE, le positionnement de l’environnement socioculturel, la qualité de l’activité et bien d’autres. Toutefois un intérêt particulier sera accordé aux déterminants culturels ainsi qu’au sens et la portée à donner au financement du cycle d’exploitation.
Le véritable défi pour un entrepreneur réside dans son aptitude à faire du financement du cycle d’exploitation une expression de la croissance, voire de la transformation positive de la TPE en une multinationale. Il est même fondamental de mesurer le potentiel entrepreneurial et de sortir du joug de l’informel au travers des instruments du financement du cycle d’exploitation. A cet ordre l’entrepreneur doit conjuguer entre stratégie d’affaire et adhésion aux valeurs culturelles qui lui sont propres.
Les travaux sur la finance classique se sont davantage portés sur la finance comportementale, la finance des marchés (Modigliani et Miller, 1957 ; Myers et Majluf, 1984). Elles ont fait de la grande entreprise un véritable objet d’étude. Toutefois, il est intéressant d’inscrire les travaux portant sur le financement des TPE alliant stratégie d’affaire et obédience de l’entrepreneur aux valeurs culturelles propre à soi.
Les premiers travaux sur l’entrepreneuriat en Afrique ont essayé de comprendre la relation entre la perception culturelle des affaires et les outils de management en particulier le financement du cycle d’exploitation (Brechet et al., 2009). La posture culturelle de l’entrepreneur est déterminante dans l’explication du contenu du cycle d’exploitation.
En contexte africain, le comportement financier de l’entrepreneur épouse deux postures culturelles jouant sur le contenu et l’intention du financement du cycle d’exploitation. Soit l’entrepreneur est dominé par son réseau d’affaire, soit il le construit au travers des déterminants culturels (Badraoui et Pouwisawè 2014).
Dans la même veine, la vision entrepreneuriale et managériale des TPE est partagée entre le conservatisme des acquis et une volonté de transformation. La TPE met l’accent sur un financement informel, des réseaux dépassant une portée de conquête. Pourtant la TPE pour émerger a besoin de solidifier son cycle d’exploitation dans le souci de promouvoir un financement stratégique.
L’entrepreneur de la TPE locale est risquophobe, se focalise davantage sur un partenariat familial et de réseau d’unicité culturelle (Tounes et Assala, 2007). Tous ces éléments sont interpellateurs d’un questionnement sur l’aptitude des TPE à promouvoir un financement du cycle d’exploitation comme un levier du financement stratégique.
Quelques interrogations sont à soulever à cet ordre : En quoi le déterminisme social propre à l’entrepreneur influence-t-il la logique du financement de son cycle d’exploitation ? En quoi l’approche stratégique de l’entrepreneur caractérisée par la maitrise de son réseau culturel influence significativement le financement de son cycle d’exploitation ?
L’objectif de cet article réside dans une explication de la relation existante entre les déterminants culturels de l’entrepreneur et le financement du cycle d’exploitation. Elle s’attardera sur une revue de la littérature (section 1), un cadre méthodologique (section 2), une analyse des résultats et un état des discussions (section 3).
[…]
L’intérêt de cet article visait à montrer comment les déterminants culturels influencent le financement du cycle d’exploitation. Il a été intéressant à partir de la théorie des réseaux et celle de la dépendance des ressources de justifier la relation entre le comportement financier du dirigeant de la TPE et les facteurs culturels. Le résultat fait ressortir deux attitudes de l’entrepreneur de la TPE concernant la logique du financement.
Premièrement le caractère dual de la vision (conservatisme et conquête) de l’entrepreneur et deuxièmement le paradoxe sur le comportement financier de certains promoteurs des TPE notamment ceux ayant des activités non rentables mais qui souhaitant réinvestir davantage dans d’autre domaine d’activité et la catégorie d’entrepreneurs disposant d’une activité rentable, mais qui paradoxalement présente une aversion à un futur réinvestissement.
En effet, le financement du cycle d’exploitation contrairement à la logique classique dans nos TPE ne constitue guère un levier du financement du cycle d’investissement. Il est fondamental d’inscrire ce débat du financement sur la volonté de son promoteur à étendre son activité. L’aptitude pour un entrepreneur d’étendre son réseau d’affaire est fondamentale, dépassant la dépendance du pouvoir discrétionnaire de son environnement culturel.
Les études se sont généralement attardées sur l’entrepreneur comme acteur risquophobe sans toutefois s’intéresser au débat d’acteur agi ou acteur conscient. Les deux hypothèses confirmées montrent davantage le caractère limité de l’entrepreneur dans sa rationalité. De ce pas, le flou informationnel retrouvé dans le partenariat repose sur son caractère informel adopté par l’entrepreneur ; ce qui rend difficile une évaluation du besoin en fond de roulement. Il est intéressant de noter quelques limites au questionnement du financement du cycle d’exploitation.
Ces études gagneraient à entrer en profondeur sur une étude longitudinale, constructive, voire comparative afin de mesurer véritablement le potentiel, voire l’effet de synergie du mix déterminants culturels/financement du cycle d’exploitation. Pour autant, l’environnement culturel devra constituer un levier du développement, voire de la transformation de la TPE en une multinationale. En effet, situer le financement du cycle d’exploitation entre conservatisme et conquête à partir d’une étude comparative serait une piste de recherche prometteuse.
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