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La performance boursière à long terme et le paradigme de l’efficience des marchés : L’apport de la finance comportementale
Extraits et sommaire de ce document
L’efficience, élément clé de cette définition, est un concept complexe qui peut être perçu comme la somme de trois dimensions interdépendantes : l’efficience allocative, l’efficience opérationnelle (ou fonctionnelle) et l’efficience informationnelle. L’efficience allocative a trait à la répartition des capitaux sur le marché. Théoriquement, les marchés financiers font preuve d’efficience allocative lorsqu’ils sont capables d’orienter les fonds vers les investissements les plus performants (c’est-à-dire des projets ayant une VAN positive) et contribuer ainsi à un développement satisfaisant de l’économie. Cette forme d’efficience résulte de la propriété dite de « Pareto-optimalité » des marchés financiers. Quant à l’efficience opérationnelle, sa théorie précise que le marché conduit à une confrontation optimale des offreurs et demandeurs de capitaux, et que les intermédiaires prélèvent une rémunération que l’on peut qualifier de « raisonnable ». L’efficience opérationnelle est donc liée essentiellement au coût d’obtention des capitaux. Enfin, la troisième forme d’efficience des marchés financiers est l’efficience informationnelle. Elle suppose que les informations disponibles et pertinentes relatives à un titre donné sont reflétées et synthétisées dans son prix au moment même où elles sont rendues publiques. Cela implique que les titres sont échangés à un prix « juste », compte tenu des flux de revenu futurs auxquels ils donneraient droit et de l’information dont disposent les investisseurs. L’efficience informationnelle est de loin la forme d’efficience la plus explorée en finance, et ce, pour deux principales raisons. Tout d’abord, parce qu’elle constitue le socle sur lequel sont fondés, explicitement ou implicitement, plusieurs théories et modèles qui ont considérablement révolutionné le domaine de la finance, tant sur le plan théorique que pratique. Ensuite, parce qu’elle permet d’apporter des éléments de réponse sur la façon dont les informations agissent sur les cours des titres boursiers. Cela est d’une importance cruciale pour les différents intervenants sur un marché boursier, dans la mesure où elle leur permet de savoir si oui ou non ce dernier remplit parfaitement ses fonctions en envoyant un signal juste qui agrège l’ensemble des comportements des individus pour refléter, à chaque instant, la réalité la plus stricte possible. C’est à cette dernière forme d’efficience que nous allons nous intéresser dans cet article. Toutefois s’intéresser à l’efficience conduit souvent à l’analyse des imperfections du marché, prenant la forme d’anomalies informationnelles, généralement attribuées au comportement peu rationnel des investisseurs. En effet, si la théorie nous enseigne qu’il sera vain d’espérer surperformer le marché en utilisant les seules informations historiques déjà connues par tous les opérateurs sur le marché, la réalité issue des études empiriques nous montre tout autre chose. À en croire ces dernières, certains schémas d’évolution des cours remettent directement en cause l’hypothèse d’efficience. Ainsi, il semblerait que les cours ne s’ajustent que lentement à l’arrivée de nouvelles informations et que l’intégration par le marché de celles-ci ne se fait pas en quelques minutes, mais s’étale dans le temps. Dans la même veine, d’autres études ont montré que les rentabilités des titres suivent un processus de retour à la moyenne qui résulterait d’une réponse exagérée des investisseurs à l’information récente au détriment de l’information historique. Ces anomalies, qui vont à l’encontre de l’hypothèse d’efficience, ont incité quelques chercheurs à relâcher certaines hypothèses de la théorie financière classique afin d’initier un nouveau courant de recherche en finance, dit courant de la finance comportementale. Ce dernier, en acceptant que le comportement des investisseurs puisse diverger de celui attendu d’un individu - hypothétiquement - parfaitement rationnel, ouvre la voie à une meilleure compréhension des décisions financières et de leurs conséquences sur l’évolution des cours des titres sur le marché. Après avoir expliqué le concept de l’efficience informationnelle et présenté les formes qu’il peut revêtir, cet article sera particulièrement axé sur l’efficience au sens semi fort. Nous montrerons ainsi que de nombreux événements financiers entrepris par les firmes induisent une réaction à long terme, ce qui tend à invalider l’hypothèse d’efficience semi forte. Cette constatation a amené les chercheurs à reconsidérer la théorie de l’efficience et s’orienter vers la piste comportementale pour développer de nouveaux modèles permettant d’expliquer et modéliser les anomalies constatées. Autres documents qui pourraient vous intéresser !
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