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La contribution du rapport d'audit au renforcement de la sécurité financière

 
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• Type de document : Article académique
• Nombre de pages : 21
• Format : .Pdf
• Taille du fichier : 390.63 KB
Extraits et sommaire de ce document
Une certaine pensée critique à l’encontre de l’audit légal de l’information comptable a pu connaître ces dernières années un nouvel essor de légitimité. Les événements économiques de ces dernières années et les différents scandales ainsi que l’évolution erratique des marchés financiers ont pu contribuer à accroître voire à généraliser une profonde crise de confiance. Celle-ci affecterait à la fois les entreprises, les dirigeants et tous ceux qui interviennent dans la production, le contrôle, et l’analyse de l’information d’entreprise.
En même temps, outre la satisfaction des obligations légales et réglementaires, l’information comptable et financière a de plus en plus pour objectif de faire connaître l’entreprise, son activité, sa situation financière et ses résultats aux principales parties intéressées. Dépassant de toute évidence ses objectifs de conformité, elle est devenue un véritable outil de communication stratégique. Il en résulte que les entreprises doivent être très attentives à la qualité des informations qu’elles diffusent.
L’auditeur (dans notre étude le commissaire aux comptes) apparaît comme l’acteur clé dans la réalisation de cet objectif de qualité. On pourrait ainsi légitiment le placer au coeur du doute que l’on peut formuler à l’encontre de la qualité du processus d’audit légal. En formulant une opinion sur les comptes et les états financiers des entreprises ainsi que sur les diverses informations fournies aux actionnaires, l’auditeur est en effet le garant de la régularité et de la sincérité des informations dont il atteste qu’elles sont présentées conformément aux normes édictées par la profession. L’auditeur constitue bien de ce fait un « régulateur » de la qualité de l’information comptable et financière.
Le rôle exact de l’auditeur fait l’objet d’un débat régulier qui redouble d’intensité lors des crises financières ou des grands scandales comptables. Depuis 1974, on évoque régulièrement un « Expectation gap » qui est l'écart entre les attentes du public à son égard et les assurances apportées par l'auditeur lors de la certification annuelle des comptes.
La perception par les utilisateurs de l’information comptable et financière de l’indépendance de l’auditeur, ainsi que celle de son travail, se fonde essentiellement sur le rapport produit par les commissaires aux comptes. Autrement dit, la communication de la qualité d’audit peut être analysée par l’étude du rapport d’audit.
Le fondement même de l’utilité du rapport d’audit a été abordé dans des recherches relatives à l’utilisation faite par les investisseurs des différentes sources d’information mises à leurs dispositions. Celles-ci ont généralement indiqué que les utilisateurs d’informations financières n’accordent qu’une très faible attention aux rapports publiés par les auditeurs (Lee & Tweedie, 1975). Ce constat a motivé de nombreuses destinées à explorer les raisons de ce manque d’intérêt et dont le but est de mesurer l’information perçue au travers des rapports d’audit (Gonthier-Besacier,1996).
C’est dans ce contexte que nous nous intéressons à évaluer l’Expectation gap des actionnaires afin d’en identifier l’éventuel impact sur leur perception du rapport du commissaire aux comptes.
La problématique de notre recherche est ainsi la suivante : Comment est perçu le rapport d’audit légal1 par les actionnaires, principaux acteurs de la communauté financière ? Puis donnant lieu ainsi à trois sous questions : Comment est perçu le rapport d’audit légal par les actionnaires ? Quelles sont les réactions des actionnaires face à la nature de l’opinion émise dans le rapport d’audit ? Et qu’attendent les actionnaires du rapport d’audit ?
Il en découle trois principaux objectifs : Tout d’abord, comprendre comment les actionnaires perçoivent le rapport d’audit ; Ensuite, recenser les perceptions des actionnaires selon la nature de l’opinion ; Et enfin, de recueillir auprès des actionnaires des éventuelles propositions d’amélioration.
[…]
L’adoption de la démarche hypothético-déductive et de la méthode des matrices nous ont permis de répondre à la question de notre étude d’une manière, que nous estimons, structurée.
Les résultats de cette étude soulignent que la communication instaurée entre auditeurs et actionnaires reste imparfaite, et témoignent de l’existence d’un « Expectation Gap » qui se traduit par les faiblesses de la communication établie au travers du rapport standard pour rendre compte de l’opinion du commissaire aux comptes. Ils peuvent être résumés ainsi : Les auditeurs remettent en cause la compétence de l’auditeur. Ceci s’explique principalement par leur méconnaissance de la « façon de travailler » des auditeurs et les moyens de contrôle et de supervision entre auditeurs ; Le refus de certifier et la seule et unique « sonnette d’alarme » pour les actionnaires ; Les actionnaires veulent mieux comprendre le business model de l’entreprise, les principaux risques identifiés et la façon dont ils sont traités, ainsi qu’avis sur la politique de gestion de l’entreprise.
A partir des résultats recueillis lors de cette enquête, basée sur des entretiens menés auprès de six actionnaires, nous avons tenté de proposer certains axes d’améliorations éventuelles au rapport d’audit afin de contribuer à la réduction de l’expectation gap existant entre les actionnaires et leur perception du rapport du commissaire aux comptes.
Nous proposons d’apporter plus de détail et d’explication aux actionnaires dans une note jointe au rapport d’audit. La note que nous proposons devrait traiter les sujets suivants : Les travaux réalisés pour auditer les principales zones de risques de la société ; Les travaux réalisés et leurs conclusions pour déceler les fraudes et leurs sources ; Les conclusions des travaux effectués lors du contrôle interne ; Se prononcer sur la pertinence des indicateurs retenus par le management ainsi que sur les hypothèses de la gestion d’entreprise tout en respectant la limite de non-immixtion dans la gestion de l’entreprise et le secret professionnel.
Et pour répondre à la remise en cause de la compétence du commissaire aux comptes, nous proposons, que la section du rapport qui souligne l’approche par sondage des modalités du déroulement de la mission et du travail, soit plus adaptée au langage du lecteur du rapport d’audit. Afin de mieux éclairer le lecteur sur les aspects essentiels du caractère non exhaustif des contrôles pratiqués par les commissaires aux comptes.
Nous reconnaissons à cet article des limites d’ordre général. Eu égard à la sensibilité du sujet, disposer d’entretiens avec des actionnaires, n’a pas été chose évidente. Face à la réticence de ces derniers, la taille de notre échantillon s’est réduite. En effet, nous avons visé initialement un échantillon de quinze personnes, uniquement six ont répondu favorablement à notre demande d’entretien.
D’autre part, les actionnaires que nous avons interviewés sont des actionnaires de PME, dont le chiffre d’affaire varie entre 50 et 345 millions de dirhams, le discours des actionnaires de grandes sociétés aurait été certainement différent et aurait donc influencé, de manière significative, nos résultats.
Pour conclure notre article, nous avons pensé à proposer des pistes d’étude qui se rapprochent de près ou de loin de notre étude : Le contenu des rapports annuels : faut-il être plus détaillé sur le risque et le business model et l’auditeur peut-il apporter plus de confort sur ces éléments ? Les réactions des marchés financiers à la publication de différentes formulations de rapports d’audit ; Le sens accordé par différents groupes professionnels aux diverses formulations d’opinion d’audit, voire l’objet même de la mission d’audit : « une valeur ajoutée » !

1. Revue de la littérature
1.1. Le rapport d’audit, un contenu formalisé
1.2. Diffusion et utilisation du rapport d’audit
1.3. Le rapport d’audit, support de la perception de la qualité d’audit
2. Analyse et résultats
2.1. La perception du rapport du CAC par les actionnaires
2.2. La réaction des actionnaires suite à la nature de l’opinion
2.3. Les attentes des actionnaires du rapport du commissaire aux comptes
2.4. Résultats et propositions
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