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La responsabilité sociale des entreprises (RSE) au Maroc
Extraits et sommaire de ce document
Responsabilité sociale, entreprise citoyenne sont des expressions ou plutôt des notions qui véhiculent ce nouveau concept dans lequel les institutions intergouvernementales, les autorités nationales et locales ainsi que le secteur privé concourent vigoureusement à l’apparition d’une nouvelle éthique globale. L’universalisation de l’économie, les complications écologiques inévitables tels que le changement climatique, et les récents événements tels que l’effondrement de certaines grandes entreprises (tel que Enron) bouleversent la manière dont nous imaginons le rôle et la responsabilité des entreprises dans la société. Le système de responsabilité sociale des entreprises n’est pas un état en soi. C’est un non sens de qualifier tel état, telle entreprise ou telle collectivité territoriale “d’être” ou “de ne pas être” engagé. Il s’agit alors d’un processus qui permet de progresser en s’améliorant sans cesse et qui ne peut être réduit à une mode de management. Le concept de développement durable d’une manière générale et de la responsabilité sociale des entreprises d’une manière plus précise, que l’on pourrait définir comme étant les relations qu’une entreprise entretient avec l’ensemble des parties prenantes (salariés, actionnaires, clients, fournisseurs et société civile, etc.), commence à connaître actuellement une popularité en Afrique subsaharienne (10e Sommet de la Francophonie) ainsi qu’au Maroc (Programme du BIT: projet “Développement Durable” financé par la coopération italienne1). Il s’est écrit beaucoup de choses sur ce sujet, mais peu d’études empiriques ont été réalisées au niveau du Maroc. La question centrale que nous entendons débattre est: Quelle place occupe la Responsabilité Sociale au sein des Entreprises Marocaines et quel rôle occupe les pouvoirs publics dans ce contexte ? Ce thème majeur et les sous-thèmes qui en découlent devront évidemment faire place à des questions plus précises, plus pratiques, pouvant guider les décideurs privés et publics. À cet effet, les expériences étrangères peuvent sûrement être un point de départ intéressant à la réflexion. Notre contribution vise deux objectifs: le premier consiste à élaborer une grille de lecture qui permet d’approfondir nos connaissances, de saisir les éléments pertinents de cette problématique et d’apporter une compréhension théorique de ce concept permettant de clarifier les débats entre les acteurs concernés ; le second est d’explorer et d’analyser le portrait social de la RSE de certaines entreprises marocaines qui forment un échantillon représentatif de secteurs. Durant cette enquête, nous n’avons pas cherché à évaluer ou à juger la performance des entreprises participantes, mais nous avons essayé de dresser un portrait fidèle de la réalité, de préciser le rôle que peuvent jouer les pouvoirs publics dans ce contexte et enfin de proposer une démarche innovante pour associer développement du capital humain et réussite économique. […] Ce travail pose la problématique de la responsabilité sociale des entreprises. Il s’agit d’une exploration théorique visant à élaborer une grille de lecture pour les observations empiriques en cours. Les éléments recensés sont encore très fragmentés. Ceci est dû à la minorité de grandes entreprises Marocaines capables de construire une vraie stratégie sur ce plan. Pour les autres, l’exigence de responsabilité vis-à-vis de la société apparaît comme une contrainte qui accroît le degré de complexité du management des grands groupes. Pourtant, des priorités ciblées selon l’environnement propre à chaque entreprise, sont en mesure d’ouvrir des opportunités intéressantes, à condition d’être construites avec cohérence, en programmant les coûts de ces investissements et en visant un horizon plus large que celui de la communication sur le développement durable. Des activités nouvelles ou réorientées peuvent naître du développement durable, Il s’agit de se positionner sur les marchés porteurs, notamment dans l’environnement, mais aussi de réorienter le portefeuille stratégique, ce qui peut aller jusqu’à renoncer à des activités ou des zones d’implantations, trop risquées au regard de la responsabilité sociétale. La présente étude a été réalisée sur fond de perception changeante du rôle de l’entreprise dans la société. D’après les études de cas, les parties prenantes ont une conception plus large de la responsabilité sociale des entreprises. Elles ne la voient plus seulement sous l’angle des résultats économiques, mais aussi sous l’angle de l’environnement et, de plus en plus, de la performance sociale. De récentes faillites d’entreprises ont aussi mis en lumière l’importance des pratiques de gestion des entreprises. On notera par ailleurs que les moyens, les outils et les concepts de responsabilité sociale ont de plus en plus d’importance pour les entreprises désireuses de maintenir ou d’accroître leur compétitivité sur le marché national. Il y a eu une explosion du nombre de définitions du concept de responsabilité sociale des entreprises et de conseils sur la façon de le mettre en oeuvre. Même si bon nombre d’entreprises, de gouvernements et autres corps publics adoptent des approches proactives à l’égard de la RSE, il est clair d’après la présente étude que la mise en oeuvre de ce concept dans les entreprises constitue un important défi pour la direction. L’argument économique se précise peut-être, mais la mise en oeuvre du concept de RSE a besoin d’être étudiée de façon plus poussée. Les facteurs incitatifs à la mise en oeuvre de la RSE que les entreprises ont cité dans la présente étude fournissent d’importantes informations qui permettront de déterminer la meilleure approche à adopter par le Maroc en matière de RSE. Cela dit, les études de cas ont également illustré que des divergences subsistaient sur ce qu’est exactement la RSE. Différentes expressions, telles que croissance durable, responsabilité de l’entreprise et entreprises citoyennes, sont employées pour décrire les activités qui entrent dans le champ d’application de la RSE, selon la définition qui en est donnée dans la présente étude. Il faut s’employer à adopter une conception plus large de la RSE, et à dégager un certain consensus sur ce qu’est le champ d’application de la RSE. Des organismes, se sont consacrés à dégager un certain consensus sur la signification et le champ d’application de la RSE, lequel contribuera à définir les rôles que les différents secteurs de la société devraient assumer pour donner une impulsion au concept de RSE. Les recommandations que les entreprises ayant fait l’objet de l’étude ont formulé, soulignent l’importance du rôle de l’État, son implication et la voie à suivre pour promouvoir la RSE au Maroc. Les études de cas donnent des exemples éloquents de l’importance de l’adoption du concept de RSE et des avantages qu’il procure. On peut utiliser l’information recueillie pour donner suite à certaines des recommandations formulées sur le rôle de l’État à l’égard de la RSE. Les études de cas permettent notamment de faire connaître les meilleures pratiques et d’élaborer des arguments économiques en faveur de la RSE. Enfin, il y a lieu de noter que la présente étude porte exclusivement sur les aspects positifs de la RSE. Les études de cas faisaient plutôt ressortir les bonnes mesures que les entreprises estimaient avoir mis en place. D’après les expériences marocaines en RSE, l’expression responsabilité sociale de l’entreprise n’est pas très utilisée dans les discours de la direction ni dans les documents de l’entreprise. Toutefois, des concepts plus vastes que la responsabilité sociale des entreprises sont connus par les dirigeants marocains, mais avec une terminologie différente. Autres documents qui pourraient vous intéresser !
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