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Travail de la femme marocaine entre inégalité et protection sociale
Extraits et sommaire de ce document
Selon le rapport de l’ONG britannique Oxfam de 2017 sur l’inégalité mondiale, huit milliardaires, dont six américains, possèdent autant de richesses que la moitié inférieure de la population mondiale, soit environ 3,6 milliards de personnes ; ce qui représente 0.2% de la richesse mondiale totale. Oxfam confirme dans son rapport que l’écart de revenus et de richesse entre une minuscule élite financière et le reste du monde s’élargit à un rythme accéléré. Depuis 2015, le 1 (un) pour cent le plus riche de la population mondiale possède plus que le reste du monde dans sa totalité, et au cours du dernier quart de siècle, le premier 1 (un) pour cent a davantage augmenté son revenu que la moitié inférieure de l’humanité ; confirmant, ainsi, que les revenus des 10 % les plus pauvres ont augmenté de moins de 3 dollars par an entre 1988 et 2011, tandis que l'augmentation des revenus des 1% les plus riches était 182 fois supérieure, (Oxfam, 2017, p.2). Ce contexte de l’inégalité de la répartition de richesses, de l’instabilité politique et de renforcement des idées islamiques radicalisées spécialement dans les sociétés maghrébines, africaines et moyen-orientales a détérioré la situation de la femme ; renforçant ainsi les mentalités de discrimination et des préjugés à l’égard des femmes. De ce fait, les femmes dans ces sociétés continueront, avec de degrés de différences, de souffrir de la discrimination à tous les niveaux : culturel, politique, social, juridique et économique. Le Maroc ne s’échappe pas de cette réalité. Malgré les reformes juridiques et règlementaires mises en place durant cette dernière décennie, elles restent insuffisantes et incomplètes. Elles ne garantissent pas la dignité des femmes et l’égalité entre homme et femme. […] En 2004, le Maroc a reformé le code du travail comme un cadre règlementaire qui vise à protéger les travailleurs et les travailleuses, précisant de son préambule que le travail est l'un des moyens essentiels pour le développement du pays, la préservation de la dignité de l'homme et l'amélioration de son niveau de vie ainsi que pour la réalisation des conditions appropriées pour sa stabilité familiale et son développement social, (Code du travail marocain, 2004, p.4). Dans ces articles, il a interdit à l'encontre des salariés, toute forme de discrimination (race, couleur, sexe,…) ou de licencier la femme durant son congés de maternité ou durant la prorogation de son congés justifiés par un certificat médical ou d’employer la femme durant les sept semaines qui suivent l’accouchement et dans des travaux de peinture industrielle comportant l'usage de la céruse, du sulfate de plomb et de tous produits contenant ces pigments. Le code du travail oblige les employeurs de disposer d’une salle d’allaitement et de gardiennage pour les entreprises qui emploient plus de 50 salariés. Cependant, l’application de ces mesures de protection a été toujours considérée par les employeurs comme des sources de dépenses inutiles d’où leur résistance à les faire appliquer avec un faible contrôle et inspection Etatique, ce qui engendre une énorme souffrance surtout pour les femmes-mariées-travailleuses et des mamans-travailleuses. En outre, différentes formes de discrimination par genre persistent encore dans le monde du travail au niveau de salaires, l’avancement dans la carrière, la nomination dans les postes de responsabilité et le licenciement à cause de grossesse surtout dans le secteur agricole, et le harcèlement sexuel qui reste un sujet tabou et rarement dénoncé ou reconnu. Pour atteindre un développement économique, social, politique, culturel et environnemental, il est nécessaire et fondamental de zoomer sur l’humain. Cette idée est ancienne, elle remonte dans le temps avec les premiers travaux des années 60 et 70, surtout les travaux de Becker (1962), Schultz (1961, 1962), Mincer (1958, 1962), Kiker (1966) et Blaug (1976). Pour produire et consommer les biens et services, gérer et préserver les ressources, développer et créer les idées et les nouveaux produits, nous avons besoin de l’homme et de la femme. Ainsi donc, la participation de la femme dans la société doit être sur un pied de l’égalité, de la dignité et de l’équité. Mais il faut signaler que le bilan de la femme marocaine n’est pas nul ou négatif, son rôle dans sa participation à l'activité politique, à la formulation du capital et au travail -même s’il est insatisfaisant et déplaisant- a engendré des effets positifs sur plusieurs aspects dans la société. […] Le travail de la femme est devenu une réalité. Mais les conditions et les types de travail qu’elle exerce montrent les écarts qui persistent encore dans les pays moins développés dont le Maroc. Cette présentation essaye d’analyser la situation du travail de la femme au Maroc et de savoir les types de protection dont elle est entourée, s’ils existent. Le plan se présente comme suit. La deuxième section décrit la situation économique au Maroc en comparaison avec d’autres pays d’Afrique en indiquant que le PIB ne mesure pas la vraie situation économique du pays. La troisième section expose les caractéristiques du marché du travail dans le secteur formel. La quatrième section décrit les caractéristiques du secteur informel. La cinquième section montre les différentes discriminations qui existent dans le système de protection et prestations sociales au Maroc. La dernière section sera consacrée à la conclusion. Autres documents qui pourraient vous intéresser !
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