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La gestion des risques financiers par les entreprises entre théorie et études empiriques
Extraits et sommaire de ce document
Les firmes subissent les risques auxquels les exposent leurs activités principales (industrielles, commerciales ou financières) qui résultent de l'incertitude quant à l'évolution future des taux d'intérêt, des taux de change et des prix. La couverture est mise en place par une entreprise afin de réduire parfaitement ou partiellement l'impact de cette incertitude sur la valeur de la firme. Les produits dérivés tels que les contrats à terme (forward et futures), les swaps et les options sont des instruments particulièrement bien adaptés à la gestion de ces risques. Par exemple, les entreprises interviennent massivement sur le marché des produits dérivés des taux d'intérêt et de change et le développement du marché de gré à gré ou OTC (Over The Counter) des swaps est dû, en grande partie, à l'accroissement des besoins des firmes pour couvrir leurs risques. La gestion des risques financiers présente un intérêt indéniable tant au niveau théorique que pratique. La théorie financière permet de déterminer avec précision les ratios de couverture (calcul du nombre des contrats nécessaires) et l'efficacité de la couverture (diminution du risque de la position après mise en place de la couverture). En revanche, les modèles développés et les tests empiriques effectués sont peu nombreux et ne fournissent que des réponses partielles à un certain nombre de questions préalables à toute stratégie de couverture. Pourquoi les firmes cherchent-elles à se couvrir contre les risques financiers ? Quels sont les déterminants de la couverture des risques ? Quels types de risque devraient être couverts ? Quels instruments financiers doivent être utilisés ? En raison d'un paradoxe théorique, la réponse à ces questions s'avère difficile. Le même raisonnement d'arbitrage qui permet de déterminer le ratio et l'efficacité de la couverture peut conduire une firme à ne pas gérer ses risques financiers. En effet, d'après le théorème dit de neutralité de la structure financière de Modigliani et Miller (1958) (MM par la suite), dans le cadre d'hypothèses d'un marché parfait (absence d'impôts, de coûts de faillite et de coûts de transaction notamment), pour une politique d'investissement donnée, la structure de financement n'exerce aucune influence sur la valeur de la firme. En d'autres termes, dans ce cadre d'analyse, les décisions financières de l'entreprise, parmi lesquelles la gestion des risques, n'affectent pas sa valeur. L'achat ou la vente des contrats d'options n'aura aucun impact sur la valeur de la firme puisque les actionnaires de l'entreprise peuvent individuellement acheter ou vendre de tels contrats afin de se couvrir contre les risques induits par les variations du prix de l’actif sous-jacent. Cependant, en relâchant les hypothèses de marché parfait mentionnées ci-dessus, il est possible de montrer que les décisions de financement et donc les activités de couverture deviennent pertinentes. Dans leur cadre d'analyse, MM supposent implicitement l'existence de deux types d'agents qui ont accès à la même information : les actionnaires et les créanciers. Les dirigeants gèrent l'entreprise dans l'unique intérêt des actionnaires et maximisent la richesse de ces derniers. La théorie de l'agence (Jensen et Meckling (1976)) et la théorie du signal (Ross (1977)) reposent sur la remise en cause de plusieurs hypothèses et principes du paradigme de MM. Ces théories se fondent sur l'asymétrie d'information et sur les conflits d'intérêt qui peuvent exister entre les partenaires principaux qui participent à la vie de l'entreprise : dirigeants, actionnaires et créanciers. Les conflits entre les trois types d'agents génèrent des coûts, appelés coûts d'agence. Elles se proposent de réexaminer plusieurs problèmes financiers parmi lesquels celui de la structure financière. Contrairement au résultat établi par MM, les décisions d'investissement ne sont pas indépendantes des décisions de financement. Autrement dit, le mode de financement d'un investissement peut conduire au rejet ou à l'acceptation de cet investissement. Il est alors possible de montrer que la couverture des risques financiers joue un rôle important dans la politique financière de l'entreprise. De plus, elle permet à l'entreprise de coordonner optimalement ses politiques de financement et d'investissement. Dans le cadre de la théorie financière, il existe une relation entre la gestion des risques financiers et la valeur de la firme. En effet, l’objectif de la firme est la maximisation de sa valeur actuelle. La couverture des risques financiers sera mise en oeuvre tant qu’elle a accroît cette valeur, autrement dit, tant qu’elle contribue à la création de valeur. La valeur de la firme est égale aux flux futurs attendus actualisés augmentée des opportunités de croissance (flux futurs attendus actualisés de la réalisation des nouvelles activités). […] Ainsi, la couverture des risques ne permet pas de réduire le taux d’actualisation. La gestion des risques n’a un impact sur la valeur de la firme que par l’intérmediaire d’une augmentation des flux futurs résulatnt de la réduction des coûts liés aux imperfections des marchés financiers (impôts, coûts de faillite, coûts d’asymétrie d’information, coûts d’agence). Ces coûts sont associés à une plus grande volatilité des flux générés par l’entreprise. La gestion des risques financiers en réduisant cette volatilité permet de diminuer les coûts liés à ces imperfections et d’augmenter ainsi les flux futurs. Nous présentons et discutons dans cet article les différentes tentatives d'explications théoriques et les résultats empiriques concernant la demande de couverture émanant des entreprises non-financières. La première partie montrera que la présence d'impôts, de coûts de faillite et de coûts de transaction a un impact sur la décision des entreprises de se couvrir contre les risques financiers. L'objectif de la deuxième partie est de dépasser le cadre du modèle de MM en tenant compte des relations entre les principaux partenaires de l'entreprise, leurs motivations et leur accès à l'information. Les explications théoriques sont confrontées aux résultats des études empiriques dans la troisième partie. Enfin, nous concluons. 1. Imperfections du marché et gestion des risques financiers dans le cadre du modèle Modigliani et Miller 1.1. L'incidence fiscale 1.2. L'incidence des coûts de faillite 1.3. Coûts de couverture des risques financiers et taille de la firme 2. Décision de couverture des risques financiers et motivations des partenaires de la firme 2.1 Les dirigeants 2.2. Les actionnaires 2.3. Les créanciers 3. Etudes empiriques et couverture des risques financiers 3.1. Enquêtes et simulations 3.2. Etudes économétriques Autres documents qui pourraient vous intéresser !
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