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Déterminants d'acceptation de technologies - Cas d'adoption des pompes solaires dans la région Marrakech-Safi au Maroc
Extraits et sommaire de ce document
L'Agence de Coopération Internationale Allemande (2016) souligne dans son document de travail que la plupart des exploitations agricoles marocaines utilisent de manière illicite le butane destiné à l'usage domestique. Cette situation risque d'augmenter la facture énergétique et semble poser une charge lourde pour L'État compte tenu de la compensation du gaz butane. Cependant, la consommation d'électricité et d'autres sources d'énergie conventionnelle dans l'irrigation implique des irrégularités d’approvisionnement ainsi que des coûts élevés sur le plan économique et environnemental (Kumar et al., 2019). Dans le domaine de l'irrigation, l'énergie joue un rôle majeur dans la mesure où 56 % de la superficie irriguée mondiale dépend de l'énergie (Agrawal et Jain, 2019). L'agriculture est l'un des secteurs qui peut et doit faire un usage intensif des sources d'énergies renouvelables (Briguglio et Formosa, 2017). Le développement des sources d'énergie renouvelable dans l'agriculture est nécessaire pour plusieurs raisons. La première raison est le besoin de réduire la dépendance de l'agriculture à l'égard des combustibles fossiles (diminution de la consommation énergétique) et la deuxième c’est d'atteindre les objectifs spécifiques liés à la réduction des émissions de CO2. C'est également une occasion d'améliorer la multifonctionnalité de l'agriculture. Ainsi, dans ce contexte, les pompes solaires d'irrigation sont apparues comme une technologie prometteuse pour la maîtrise de la consommation d'énergie. En tant qu’une technologie innovatrice, les agriculteurs qui n’ont pas l’accès au réseau de transmission d’électricité peuvent bénéficier d'une énergie propre et gratuite au lieu d'utiliser des énergies conventionnelles. Bien que les pompes solaires aient un coût d'investissement initial élevé, leur coût opérationnel est nul, de plus leur facilité d'entretien et longue durée de vie les remettent économiques par rapport aux pompes à combustible (Kelley et al., 2010). La chute drastique des prix des modules solaires dans le marché mondial (baisse de 75 % sur 2010-2015) a encore renforcé le mérite économique en faveur de l'irrigation solaire, et plusieurs pays d'Asie et d'Afrique ont mis en oeuvre des programmes pour faciliter leur adoption (Agrawal et Jain, 2019). Le Maroc est en marche dans cette voie depuis 2015 où il a supprimé le mécanisme de compensation pour le fuel industriel, l’essence et le gasoil. Certes, la subvention au gaz butane est toujours présente et ceci pour des raisons socio-économiques. L’objectif est de ne pas avoir des effets néfastes sur la couche sociale des populations les plus démunies. D'autre part, le gaz butane demeure une source d'énergie plus utilisée pour le pompage dans les petites et moyennes exploitations agricoles d'irrigation et ceci grâce à la subvention de 83 DH pour une bouteille de 12 kg, vendue à 40 DH aux agriculteurs (Ministère de l’Economie et des Finances - MEF, 2014). Dans ce cadre, pour réduire l'usage intensif du gaz butane et d'autres énergies conventionnelles, le Maroc a mis en place un programme national du pompage solaire dans l'irrigation. Ce programme a été annoncé en 2013 en partenariat avec les ministères de l’Énergie et de l’Agriculture, l’Agence Marocaine de l’Efficacité Energétique (AMEE) et le Groupe Crédit Agricole du Maroc. Le programme a pour fonction d'allouer une subvention aux petits et moyens agriculteurs utilisant le système d'irrigation goutte-à-goutte et souhaitant s’équiper en pompage solaire. Cette subvention pourrait atteindre 15 000 DH par hectare (ce qui représente la moitié du coût moyen d’installation de panneaux solaires et d’une pompe électrique pour un hectare). La subvention pour chaque exploitation agricole pourrait aller jusqu’à 75 000 DH et ne peut pas surpasser la moitié du coût d’installation. Bien que ce programme ne soit pas encore opérationnel pour des problèmes technico- financiers du délai et de la non signature du contrat programme que négocient l’AMEE et l’État (International Institute for Sustainable Development (IISD), 2018). La question d'adoption du pompage solaire dans l'irrigation est importante et vise à déterminer les variables qui influencent les décisions des agriculteurs de cette technologie renouvelable et non nocive pour l'environnement. La problématique centrale qui mènera notre processus de création de la connaissance en matière d’adoption du pompage solaire tout au long de cette étude est la suivante : quels sont les déterminants qui affectent la prise de décision, des exploitations irriguées vis-à-vis de l'adoption du pompage solaire dans la région Marrakech-Safi ? Pour trouver des éléments de réponse à cette problématique, nous avons opté pour une enquête qui nous permettra de dégager les sources d'énergies utilisées pour le pompage d'eau dans l'agriculture irriguée et de déterminer les principaux déterminants qui favorisent l'adoption du pompage solaire. Une analyse descriptive faisant un état des lieux de notre échantillon d'étude et une régression logistique binaire pour estimer les paramètres du modèle économétrique ont été réalisées pour analyser des déterminants influant la probabilité d'adoption des pompes solaires. Le reste de ce travail est organisé comme suit : la première section consiste à présenter une brève revue de littérature. La deuxième section fera le point sur les caractéristiques de la zone étudiée ainsi que la méthodologie empirique adoptée. Enfin, il sera question d’analyser et de discuter les principaux résultats obtenus portant sur l'effet des déterminants en matière d'adoption du pompage solaire au Maroc. Autres documents qui pourraient vous intéresser !
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