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Le brevet comme source d'information stratégique : Cas de l'activité inventive au Maroc
Extraits et sommaire de ce document
L’émergence du paradigme centré sur les ressources a remis en cause la recherche du seul positionnement résultant d’une adaptation aux contraintes du marché. Le management stratégique s’appuie désormais sur la valorisation des ressources de l’entreprise, et ce faisant, met en avant le « primat des ressources » dans la formation de l’avantage concurrentiel (Allouche et Schmidt, 1995). Amit et Shoemaker (1993) distinguent entre deux types de ressources, les ressources tangibles et les ressources intangibles. Les organisations, dans leur quête continue de créer et soutenir un avantage compétitif durable, dû à un environnement en perpétuel changement, doivent gérer efficacement leurs ressources. Wernerfelt (1989) distingue trois catégories de ressources ; les actifs « fixes » ayant des capacités à long terme (usines, équipements, employés ayant une formation spécifique…), les « blueprints » ayant des capacités illimitées (brevets, marques, réputation, etc.) et les « effets d’équipe » ou routines. Ce sont donc les ressources « blueprints » qui seront abordées dans le cadre de cet article. En effet, il est intéressant d’avoir une réflexion théorique et empirique sur le rôle du brevet comme une source d’information stratégique. Trois parties structurent cet article. La première partie abordera la place du brevet dans le management stratégique. La deuxième partie s’intéressera aux méthodes d’analyse de brevet et enfin, la troisième partie présentera le cas de l’activité inventive au Maroc. […] L’article proposé vise à montrer, d’une part la place du brevet dans le management stratégique, et plus spécifiquement son rôle de pourvoyeur d’information stratégique. À titre d’exemple, le brevet peut jouer un rôle important dans l’identification d’un partenaire de R&D ou des partenaires potentiels de joint-venture. Le brevet a aussi pour objet de stimuler la recherche dans le secteur public et privé en permettant aux inventeurs de profiter de leurs réalisations. D’autre part, l’article se propose d’explorer les méthodes d’analyse de brevet. En effet, deux méthodes d’analyse de brevet ont été présentées, la méthode PTCM et la méthode DEA. Seule la méthode PTCM a été retenue pour l’étude empirique en raison de l’accessibilité des données. L’étude empirique s’est fondée sur des entretiens auprès des acteurs de l’activité inventive au Maroc, en l’occurrence l’Office Marocain de la Propriété Industrielle et Commerciale (OMPIC), le Ministère de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies (MICNT), et le Centre National pour la Recherche Scientifique et Technique (CNRST). Les constatations empiriques tendent à prouver que la production inventive au Maroc reste très faible, et cela malgré toutes les initiatives qui ont été lancées, et les modifications apportées aux régimes des brevets au Maroc au cours de dernières années. Par ailleurs, l’objectif de l’Initiative Maroc Innovation d’atteindre 1 000 brevets d’origine marocaine à l’horizon de 2014 est loin d’être réalisé. En 2012, seulement 196 demandes de dépôt de brevets d’origines marocaines ont été enregistrées. Conscient de ce retard, le Ministère de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies met en place un programme de 13 chantiers regroupés en 4 axes à savoir la gouvernance, l’infrastructure, le financement et la mobilisation des talents. L’analyse de ses quatre axes constitutifs montre que beaucoup reste à faire en matière de la production inventive au Maroc. Le Maroc a lancé ces dernières années des stratégies sectorielles ambitieuses. Il s’agit notamment du pacte national Emergence, le plan Rawaj, la stratégie Maroc Numeric et l’initiative Maroc Innovation. Ces stratégies sectorielles seront-elles suffisantes pour relever le défi de 1 000 brevets d’origine marocaine à l’horizon de 2014 ? Le Maroc devrait orienter ses efforts d’innovation, mesurés dans le cadre de cet article par le nombre de dépôt de brevet, sur les six Métiers Mondiaux du Maroc (Offshoring, Automobiles, Aéronautique et spatiale, électronique, Texte et Cuir, Agroalimentaire), pour lesquels le pays possède des avantages compétitifs clairs et exploitables à travers des programmes de développement dédiés. À cette fin et pour répondre à ces questions, cet article devra être complété par d’autres recherches et études sur les six Métiers Mondiaux du Maroc afin d’analyser l’impact des stratégies sectorielles sur la production inventive. Autres documents qui pourraient vous intéresser !
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