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Les déterminants de la liquidité du marché des actions au Maroc
Extraits et sommaire de ce document
Une distinction doit être soulevée entre un actif liquide et un marché liquide. La liquidité d’un titre financier, appelée également la liquidité individuelle renvoie aux nombres de transactions sur le titre, dans un délai raisonnable et à des coûts relativement faibles. Un marché est dit liquide lorsqu’il est possible de boucler des positions dans des délais très brefs. Pour Black et Kyle : « un marché de titres est réputé liquide, s’il est possible de réaliser à tout moment, (immédiateté) des transactions portant sur un nombre important de titres sans préjudice au niveau du prix d’échange (profondeur) et si toute déviation de prix occasionnée par un choc de volume non informatif est rapidement corrigée ( résilience). » (Fabrice Riva, (2012)). La liquidité des marchés financiers a intéressé bon nombre d’académiciens et de chercheurs. Divers travaux ont été réalisés en vue d’approcher les différentes dimensions de la liquidité ainsi que son rôle dans la dynamique des marchés financiers. L’importance de la liquidité réside à cet égard dans sa capacité à dynamiser le marché financier et à encourager le financement de l’économie. En effet, un manque de liquidité sur le marché secondaire impacte directement la dynamique de souscription sur le marché primaire ce qui peut mettre en péril le financement de l’économie . Le mécanisme est simple, plus un marché secondaire est liquide, plus le risque de liquidité est faible, et donc l’exigence d’une prime de liquidité par les souscripteurs au niveau du marché primaire devient faible, ce qui diminue le coût de financement. De ce fait, la liquidité est une qualité recherchée à la fois par les investisseurs (qui cherchent à détenir des actifs facilement cessibles), par les émetteurs (qui cherchent un financement moins cher) que par les régulateurs (qui cherchent à mettre en place un système financier efficace et pérenne). […] Ces travaux peuvent être divisés en deux classes. Des travaux qui ont cherché à affirmer l’hypothèse d’existence de facteurs communs de la liquidité boursière (notamment, les travaux de Chordia et al. (2000), Huberman et Halka (2001) et Amihud (2002)), et des travaux qui ont par contre infirmé l’hypothèse, pour la simple raison que l’effet des facteurs communs sur la liquidité des titres reste relativement faible (Hasbrouck & Seppi, 2001, Fabire & Frino, 2004). Il importe de signaler qu’au Maroc, le financement de l’économie demeure à dominance bancaire. La liquidité bancaire joue un rôle prépondérant dans la stabilité du système financier. (Benthami,A.,& Cherkaoui,K. 2020). De ce fait, la question de la liquidité des actions cotées à la bourse des valeurs de Casablanca a toujours alimenté les débats. Les théoriciens, autant que les praticiens ont tenté d’expliquer les raisons de l’illiquidité du marché. En effet, il est important de signaler que malgré l’ensemble des réformes engagées depuis le début des années 90, le marché des actions au Maroc continue de souffrir d’une déficience structurelle en matière de liquidité. Ces réformes ont touché divers aspects. De la dématérialisation, aux modifications techniques des modalités de cotation en passant par la baisse des commissions, le « split» des valeurs ou encore par l’augmentation du flottant, ces réformes ont principalement visé le développement de l’attractivité, l’instauration d’un dynamisme et l’amélioration de l’efficience économique et informationnelle du marché financier. A titre d’illustration, en 2018, le ratio de liquidité du marché boursier marocain s’est situé uniquement à 6.1%, inférieur à celui de la Tunisie et de l’Egypte soient respectivement 9.8% et 29.5% et bien loin de celui des bourses émergentes de l’Afrique du Sud où le ratio se situe au niveau de 37.3% et de la bourse Turque avec un taux de rotation de la capitalisation boursière de 241.7%. (World federation of exchanges, 2020). Parallèlement à cela, seules quelques valeurs du MADEX3, sont traitées de façon régulière. C’est dans cette perspective que la question des facteurs communs de liquidité sur le marché des actions marocain se pose avec acuité. Ce travail s’intègre dans cette logique, il y a lieu de de vérifier l’existence ou pas des facteurs communs de liquidité. La problématique principale s’articule donc autour de la question suivante : Existe-t-il des facteurs communs de liquidité, qui permettent le cas échéant d’améliorer la liquidité individuelle des valeurs mobilières cotées à la bourse des valeurs de Casablanca ? En d’autres termes, il s’agirait de vérifier l’hypothèse d’existence de facteurs communs de la liquidité, et d’en préciserait les variables déterminantes, le cas échéant. Pour ce faire, le présent article sera organisé autour de trois axes. Le premier axe serait réservé à l’approche conceptuelle de la liquidité avec un retour sur quelques revues de la littérature, relatives aux déterminants de la liquidité du marché des actions. Le deuxième axe serait consacré à une relecture des principaux débats théoriques et empiriques, relatifs à l’existence de facteurs communs de liquidité. Le troisième axe quant à lui s’intéressera à une approche empirique sous forme d’une régression linéaire, appliquée au marché des actions marocain, en vue d’en examiner l’existence ou non de facteurs communs de liquidité. Autres documents qui pourraient vous intéresser !
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