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Les déterminants de la structure financière des PME familiales marocaines

 
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• Type de document : Article académique
• Nombre de pages : 22
• Format : .Pdf
• Taille du fichier : 595.7 KB
Extraits et sommaire de ce document
La problématique de financement des entreprises familiales constitue un enjeu majeur pour le Maroc dont l’économie nationale est largement accaparée par ce type d’entreprise. Et l’efficacité de processus de prise des décisions financières reste vitale pour l’entreprise. Toutefois, ce processus est influencé par de nombreux facteurs identifiés dans la littérature sous différentes facettes, organisationnelles, financières, relationnelles, émotionnelles, culturelles, etc.
Et récemment, des recherches récentes déclarent l’incapacité des caractéristiques traditionnelles des firmes (Taille, rentabilité, liquidité, opportunité de croissance, fiscalité, etc.) dans l’explication des niveaux de la dette des entreprises (Graham Leary & Roberts, 2015). Dans cette acception, Graham et Leary (2011) corroborent que la dynamique de la structure de la financière n’a pas été bien prise en compte à proprement parlant, aussi, Frank et Goyal (2009) stipulent à ce sujet également que les différents modèles théoriques de la structure financière s’adaptent aux firmes dans des conditions spécifiques et chaque déterminant trouvé prépondérant pour une catégorie d’entreprises ou dans certaines conditions, se trouve sans portée ailleurs.
Et le problème s’intensifie encore plus quand il s’agit de l’étude de la structure financière des entreprises familiales, où de nombreux paramètres doivent être mis en jeu, en raison de la particularité notamment de ce type d’entreprise et de même de l’inapplicabilité de certaines théories à ce type de firme notamment, la théorie d’agence (Ang Col et Lin, 2000 ; Anderson et Reeb, 2003), dans la mesure où la propriété et le contrôle pour lesdites firmes sont assurés par une même personne. Et la théorie de compromis, dans la mesure où elles cherchent à éviter le risque et de compromettre l’autonomie financière de la société afin de garder le capital entre les mains de la famille fondatrice.
Ainsi, l’étude des facteurs qui impactent le niveau de la dette desdites firmes passe par l’examen bien entendu des facteurs qui sont bel et bien financiers et non financiers tout en prenant en compte également les aspects particuliers aux entreprises familiales (Daskalakis et Psillaki, 2007), à son environnement macroéconomique notamment sa culture, sa religion (Petersen et Rajan 1994, Berger et Udell (1995) ; Bancel et Mittoo (2004) ; Pescetto et al. (2004) ; De Jong, Kabir & Thu Nguyen, (2008) ; A. Jahanzeb et al. (2015)), voire même des caractéristiques relatives au comportement du dirigeant-propriétaire (Barton et al., 1988 et Thompson et al., 1993).
En fait, parmi les limites qui sont adressées aux théories financières traditionnelles qui cherchent à expliquer la structure financière des firmes (Théorie d’agence, Théorie de préférence hiérarchique, théorie de compromis) sont comme suit :
Premièrement, ces théories sont basées sur le principe de maximisation de la richesse des firmes à proprement parlant, en admettant que les décisions financières sont dictées principalement par des déterminants purement financiers (coût de la dette, économie d’impôt, conflits d’intérêts, asymétrie informationnelle, etc.), pourtant ceci ne correspond pas toujours aux comportements financiers des entreprises familiales, et surtout quand l’influence familiale est de forte intense et les facteurs socio-psychologiques sont prédominants, alors la richesse des associés bien entendu ne se réduit plus au seul objectif de la maximisation de la valeur de marché des actions, mais comporte aussi bien la richesse socio-émotionnelle (le respect des normes, des valeurs familiales et religieuses, etc.) (Berrone, Cruz et Gomez Mejia 2012).
Deuxièmement, les choix financiers des entreprises familiales sont conditionnés également par des facteurs non financiers tels que la prise (et ou l’aversion) au risque, les émotions, la culture, notamment la religion, le système de valeur, la famille, etc. et qui impactent en une grande partie le processus décisionnel des propriétaires dirigeants desdites firmes à proprement parlant.
Troisièmement, c’est que les théories traditionnelles des firmes, dans leur étude de la structure financière, elles ne différencient pas bel et bien entre l’offre et la demande de financement. A titre d’exemple, lorsqu’on trouve un résultat négatif entre le niveau de la dette et l’un des déterminants classiques de la structure financière, il ne suffit pas de faire une simple interprétation statistique basée sur le signe ainsi trouvé, mais, il faut aller au-delà, en précisant si cette relation négative est due à un accès limité à l’endettement (côté de l’offre), ou bien il s’agit notamment d’une politique restrictive de désendettement pratiquée par la firme. Et durant l’étape de formulation des hypothèses, il est crucial de prendre en compte ces deux aspects.
Et d’après ce qui précède et vu les spécificités de la firme familiale, les théories traditionnelles de la détermination de la structure de capital basées uniquement sur les aspects financiers de la firme se trouvent à elles seules incapables de cerner en mieux les comportements financiers des firmes. Et comme le dit De Bondt et Thaler (1985) les théories traditionnelles de la structure de capital peuvent être rejetées car elles souffrent des insuffisances et des lacunes, et pour les améliorer il faut analyser le comportement des investisseurs sous ses différentes facettes (financières, non financières, comportementales, etc.).
Désormais, il est judicieux de remettre en cause les présentes théories et de chercher des nouvelles pistes d’analyse pour mieux cerner les décisions financières des firmes familiales. Et compte tenu de la spécificité de ce type de firme et du contexte marocain qui est bien entendu un pays musulman nous avons bien réfléchi sur une nouvelle variable susceptible d’expliquer davantage les choix financiers prises par lesdites firmes et qui est rarement testée autant que variable déterminante des comportements financiers des firmes dans la région MENA et plus particulièrement au Maroc, à savoir la variable socioculturelle qui est bel et bien la religion, qui a fait récemment l’objet des recherches de modélisation des décisions financières des firmes.
Alors, le présent travail discute bel et bien des influences de la religion sur la structure financière des firmes, et ce en testant empiriquement cet impact via un questionnaire qui a porté sur 70 PME familiales marocaines.
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