Logo
Memoires et Projets de fin d'Etudes

Espace Membres

Identifiant :

Mot de passe :

Espace Echanges

Les déterminants des prêts non performants : Cas des banques marocaines

 
accéder au document
• Type de document : Article académique
• Nombre de pages : 24
• Format : .Pdf
• Taille du fichier : 474.61 KB
Extraits et sommaire de ce document
La succession des crises financières, l’incapacité à anticiper leur avènement, autant que le caractère disparate de leur déclenchement ont poussé les régulateurs à responsabiliser les banques par rapport à leur exposition aux risques bancaires et financiers. Cette responsabilisation est fondée principalement sur l’engagement des fonds propres dans la couverture des risques. Sur le plan réglementaire, toute insolvabilité responsabilise le gestionnaire de la firme bancaire, du fait qu’elle est couverte en partie par le capital de l’institution financière.
Les pertes de capital qui en résultent doivent en principe entrainer plus de discernement dans l’octroi des crédits, ce qui devrait se traduire par une faible exposition aux risques et donc une réduction des prêts non performants ou créances en souffrance. Les prêts non performants sont considérés comme toute créance, dont l’insolvabilité excède 90 jours.
La couverture des défauts de solvabilité par les fonds propres a connu plusieurs évolutions et a concerné différents types de risques. L’objectif étant d’englober dans la logique réglementaire les principaux risques auxquels sont exposées les banques. De Bâle I à Bâle III, en passant par Bâle II, la réglementation macro-prudentielle a cherché à travers une logique réactive à intégrer dans la couverture par les fonds propres l’ensemble des évolutions environnementales auxquelles sont exposées les banques. L’objectif principal des régulateurs étant d’éviter une dégradation en chaine, appelé encore effet domino, où la faillite bancaire risque d’être généralisée.
A cet égard, le risque de crédit a toujours été au centre des préoccupations des régulateurs et des académiciens. Ce risque se manifeste lorsque les emprunteurs se trouvent dans l’incapacité d’honorer leurs engagements. Ce risque de crédit est au centre de l’opération d’intermédiation bancaire et de la gestion de l’actif /passif de la banque. En effet, même si ce risque peut être diversifiable, il ne peut être annulé. Malgré l’ensemble des mesures de prévention mises en oeuvre par les banques en terme de Scoring et de notations des emprunteurs, rien de peut anticiper le devenir d’un emprunteur, sa capacité de remboursement future ou encore sa bonne foi.
L’insolvabilité des débiteurs demeure le facteur principal qui favorise l’accumulation des créances en souffrance. Les pertes en capital risquent d’impacter la solvabilité de la banque, en entrainant une crise de liquidité et une dégradation en chaine de l’ensemble des banques.
Pour anticiper et évaluer la qualité des prêts, les banques ont mis en place un arsenal de mesures, fondé tantôt sur la notation des emprunteurs, tantôt sur la capacité des banques à absorber des chocs de grande ampleur, suite à la défaillance des débiteurs. Ces tests qui visent à anticiper, à travers divers scénarios peu probables mais non impossibles, la capacité des institutions financières à surpasser des situations de crises extrêmes, permettent de mesurer les risques de pertes éventuelles ainsi que la capacité des banques à revenir à des situations normales, suite à un choc de grande ampleur.
[…]
Dans cette perspective, la littérature empirique a mis en relief deux principaux facteurs de vulnérabilité qui favorisent l’accumulation des prêts non performants. Des facteurs macroéconomiques, relevant de l’évolution de l’environnement des banques, nommés facteurs exogènes, mais également des facteurs qui concernent la gestion interne de la banque et son degré d’exposition aux risques, nommés facteurs endogènes.
Il est important de souligner à ce niveau que le secteur bancaire marocain est fortement applaudi par les organismes internationaux. Le renforcement du rôle et de la souveraineté de la banque centrale, le respect des normes prudentielles ainsi que le renforcement du ratio de solvabilité sont révélateurs à cet égard. En 2018, le ratio de solvabilité des banques marocaines s’est établi autour de 14,7%, bien au-dessus des 12% réglementaires, (Bank Al Maghrib, 2019).
Cependant, les prêts non performants ont connu une nette augmentation où ils ont atteint 69 milliards de DAM au cours de la même année, dont 85% sont considérées comme compromises. Quelque soit l’origine de cette augmentation, il n’en demeure pas moins que des créances impayés menacent la stabilité du système bancaire et financier.
Le présent article tente de détecter les déterminants des prêts non performants des banques au Maroc. L’objectif étant d’élaborer un modèle économétrique qui permette d’expliquer les facteurs qui favorisent le développement des prêts non performants. Dans ce cadre, la question principale est la suivante : « Si la littérature empirique a mis en relief, des facteurs tant endogènes, qu’exogènes responsables des prêts non performants, quels sont les principaux déterminants desdits prêts dans le cas des banques au Maroc ?
A ce niveau l’hypothèse de recherche est formulée comme suit : « Le développement des prêts non performants serait le résultat à la fois de données macroéconomiques que des variables propres à la firme bancaire. »
Pour se faire, ce travail serait scindé en deux principaux points. Un premier point, sous forme d’une relecture des principales revues de la littérature empirique, qui s’est attelée à expliquer les déterminants des prêts non performants, par rapport à des indicateurs macroéconomiques et environnementaux que par rapport à des variables propres à la gestion des risques au sein de la firme bancaire.
Le deuxième point quant à lui consistera à appliquer une méthode statistique, sous forme d’une régression linéaire multiple, en vue de détecter les principaux déterminants des prêts non performants au niveau du secteur bancaire marocain sur la période allant de 2008 à 2018.
Autres documents qui pourraient vous intéresser !
Les déterminants de la rentabilité chez les banques marocaines cotées à la Bourse de Casablanca
Quels déterminants internes pour la profitabilité des banques marocaines ?
L’ expansion des banques marocaines en Afrique : Les déterminants et l’impact sur la performance
Impact des déterminants internes sur la performance financière des banques islamiques
Les déterminants de la performance des banques islamiques
Les déterminants de l’adoption des banques participatives au Maroc
Covid-19 et test du secteur financier des pays africains : Cas des banques marocaines

Audible