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Les doctorants marocains, de la recherche scientifique à la recherche d’emploi
Extraits et sommaire de ce document
Les doctorants sont des acteurs capitaux et stratégiques de la recherche scientifique. « Ils jouent un rôle moteur dans la production scientifique et ils sont censés représenter l’avenir des systèmes nationaux d’innovation et de recherche » (Bonnard et al, 2016). Ce sont les pays les plus développés et émergents qui comptent le plus de doctorants dans le monde. Selon Bernard et al. (2019), concernant le TOP 25 des pays par doctorant, les États-Unis disposaient en 2016 de 398 814 doctorants, suivi successivement, pour la même année, par la Chine 348 996, l’Allemagne 197 000, l’Inde 132 204, l’Iran 115 201, le Royaume-Uni 113 003, la Russie 111 943, le Brésil 107 640, la Turquie 86 094, la Corée du sud 74 215, le Japon 74 090, la France 67 679 etc. Davantage, ces pays déploient des stratégies pertinentes d’attractivité pour accueillir les doctorants. Selon les chiffres clés de la mobilité étudiante dans le monde (Khaiat, 2021), les 10 pays les plus attractifs des doctorants au niveau mondial en 20181 sont successivement : les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, l’Australie, le Canada, le Japon, l’Espagne, la Suisse et la Corée du sud. Au Maroc, les doctorants représentent plus de 71% du corps scientifique universitaire, avec un effectif de 36 850 doctorants contre 14 964 enseignants chercheurs (tout grade confondu), selon les statistiques universitaires 2019-2020 du Ministère de l'Education Nationale, de la Formation professionnelle, de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique. Cependant, la situation socio-économique des doctorants au Maroc est délicate, voire alarmante. Thèses non financées, bourse faible et sélective, marché de travail discriminant, pressions sociales, âge critique, dépression et troubles psychiques, retard de soutenance, abandon de Thèse, …et autant d’autres problèmes qu’en souffrent les doctorants au Maroc. Nous considérons dans cette recherche que le défaut d’emploi est à l’origine de toutes ces problématiques. Plus exactement, nous avons entrepris cette recherche afin de montrer que les doctorants marocains, chercheurs scientifiques, sont par l’impérieuse nécessité des chercheurs d’emploi et que la pénurie de ce dernier et les difficultés d’accès au marché du travail accentuent la fragilité du cycle doctoral, et constitue en corollaire un frein majeur de la recherche scientifique de notre pays. Avec l’absence de tout dispositif d’appui, qui soit légitime de voir le jour selon ce travail. L’objet de cette recherche est né de nos constats majeurs du terrain. En tant que doctorants, nous avons remarqué pendant nos années de recherche doctorale1, contrairement à une idée reçue, que les doctorants ne se focalisent pas uniquement sur leurs thèses, mais ils recherchent également un emploi. En théorie, le doctorant, en raison de son statut d’étudiant, fait partie de la population inactive et non pas de celle active. D’où un paradoxe théorico-empirique donnant naissance à la problématique de cette recherche : Les doctorants marocains sont-ils des chercheurs d’emploi ? (Q1) ; Conséquemment, pourquoi ? Quelles sont les difficultés qu’ils en rencontrent ? Et quel est l’impact de ceci sur leur recherche de Thèse ? (Q2). Afin de répondre à notre problématique, nous utilisons le modèle mixte séquentiel explicatif (Creswell et Clark, 2006) s’inscrivant dans la méthode inductive. Il permet premièrement le test de notre hypothèse centrale (Q1) : les doctorants marocains sont-ils des chercheurs d’emploi, et puis l’approfondissement de ses conséquences (Q2) : (Pourquoi ?) cause(s) et (Comment ?2) difficultés et impact. Pour se faire, nous précisions d’abord le Cadre Conceptuel de cette recherche (2), après, la Méthodologie adoptée (3), les Résultats obtenus (4) et en dernier ressort la Discussion des résultats (5). Autres documents qui pourraient vous intéresser !
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