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Les limites de l’outil de notation interne appliqué par les banques aux petites et moyennes entreprises : Cas du Maroc
Extraits et sommaire de ce document
Jusqu’en 2008, ce problème a touché principalement les crédits d’investissement. En effet, « les banques ont poursuivi l’assouplissement des conditions d’octroi de crédit aux entreprises qui a davantage concerné les crédits accordés aux PME et aux TPE. Cet assouplissement a concerné plus particulièrement les prêts à court terme, ceux à moyen et long termes ont vu, en revanche, leurs conditions se resserrer » (Bank Al Maghrib, 2008). Or, pour les PME, c’est cette dernière catégorie de crédits qui est la plus importante, elle constitue pour elles le principal moyen pour fi nancer leur croissance, surtout qu’elles « ne peuvent pas recourir aux marchés de capitaux aussi facilement que les grandes entreprises pour obtenir des ressources tant en dette qu’en fonds propres » (Chertok et al., 2009). A partir de 2009, la diffi culté d’accès s’est généralisée à tous les types de crédits demandés par les PME. En effet, il s’est révélé qu’à cause de la dégradation des perspectives économiques générales et du renchérissement des coûts des ressources, les banques marocaines ont procédé au durcissement des conditions d’octroi de crédits aux PME (Bank Al Maghrib, 2009). Ainsi, pour aider les PME marocaines, il est nécessaire de leur faciliter l’accès à plus de crédits, mais il faut aussi s’assurer de la bonne fi n de l’opération, car si le crédit accordé se transforme en une créance en souffrance1, la situation des PME se dégradera encore plus. Quant à la banque, elle deviendra plus réticente à l’égard de cette catégorie d’entreprises. Pour éviter d’arriver à ce stade, Bâle 2 a mis en place le système de notation interne et a préconisé son adoption en raison des avantages qu’il présente : « une diminution potentielle des besoins en fonds propres pour une banque au profil de risque moyen [et] une meilleure gestion du risque » (Ogien, 2008). Bank Al Maghrib, à son tour, a fortement recommandé aux banques marocaines l’utilisation de la notation interne, surtout que la première approche dite standard s’est révélée insuffisante. D’une part à cause de « l’impact du risque pays qui ne permet pas aux entreprises d’obtenir une note meilleure que la note souveraine ainsi que du nombre faible de notation conjugué à l’absence d’agences de notations domestiques » (Bank Al Maghrib, 2007). D’autre part, « l’application des modèles internes nécessite la construction d’une base de données complète et de qualité. Elle est soumise à la validation et à l’approbation de la commission bancaire, qui apprécie si les dispositifs de gestion du risque internes à la banque sont d’une qualité suffi sante » (Ogien, 2008). Mais sur le plan pratique, l’application par les banques du système de notation interne implique-t-elle une meilleure appréciation de la clientèle des PME ? Car seul un jugement approprié et objectif est de nature à sauvegarder les intérêts des différentes parties et atteindre le développement escompté. Pour y répondre, nous allons, dans un premier temps, présenter les outils de management du risque de crédit appliqués par les banques en nous focalisant sur les raisons de passage d’un outil à l’autre. Dans un deuxième temps, nous allons mettre l’accent sur les apports de l’outil de notation interne appliqué aux PME en nous basant sur l’étude du cas de la Banque Populaire qui gère, à elle seule, environ 50 % des PME marocaines, soit 10 000 entreprises (Belghazi, 2009) et en procédant à une étude comparative entre l’ancienne technique de cotation que cette banque utilisait et son actuel système de notation interne. Dans un troisième temps, nous allons préciser que malgré tous ses apports, l’outil de notation interne reste d’une qualité insuffisante. Autres documents qui pourraient vous intéresser !
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