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Les produits financiers alternatifs au Maroc : Pratique et perspectives
Extraits et sommaire de ce document
Cet essor peut être expliqué par trois raisons : la forte demande du grand nombre de musulmans, qui recherchent des services financiers conformes à la Charia ; l’augmentation de la manne pétrolière, qui fait exploser la demande d’investissements acceptables dans la région du Golfe et la compétitivité des produits de la finance islamique, qui attire les investisseurs, musulmans ou non. (M. Qorchi, 2005). Toutefois, Les banques islamiques ne sont pas encore autorisées à opérer directement sur le territoire marocain, malgré leurs maintes tentatives. La banque centrale (Bank Al Maghrib - BAM) a néanmoins cédé aux pressions internes, en élaborant, en octobre 2006, le cadre réglementaire pour trois produits conformes à la Charia islamique : Ijara, Mourabaha et Moucharaka. L’objet de notre article est d’étudier l’expérience marocaine en la matière, notamment en analysant les contraintes de commercialisation des trois produits à travers la synthèse des études réalisées et le recueil des avis des gestionnaires bancaires et des conseillers et spécialistes en finance islamique. À ce titre, nous allons commencer par examiner le secteur bancaire marocain, les principes et avantages du banking islamique et la situation marocaine avant d’analyser les risques et les difficultés de mise en place ainsi que l’adaptation progressive du contexte. […] Malgré leur coût élevé, le manque de communication sur les produits islamiques et la faible formation des cadres bancaires, ces produits ont connu un grand succès auprès des Marocains. En effet, le nombre des dossiers du produit Mourabaha a presque doublé entre 2008 et 2009, en passant de 2 768 (soit un encours de 344 millions de dirhams) à 4 081 dossiers (soit 457 millions de dirhams). Signalons que, outre des trois produits islamiques actuellement commercialisés que sont Mourabaha, Ijara et Moucharaka, BAM et le Groupement professionnel des banques du Maroc ont décidé de mettre deux nouveaux produits destinés aux entreprises, sur le marché. Il s’agit du contrat Salam, qui convient parfaitement au financement des artisans et agriculteurs, et du contrat Al Istisnaâ, qui ressemble au leasing réservé aux professionnels et qui peut concerner autant les biens meubles que les biens immeubles. Le lancement des deux nouveaux produits ne peut être opéré avant de parfaire leur traitement fiscal en collaboration avec la Direction générale des impôts. Toutefois, le Maroc doit fournir plus d’efforts en matière de formation dans la finance islamique, la réforme fiscale et juridique. Certes, l’ouverture des structures spécialisées dans les produits islamiques ne peut que favoriser leur commercialisation et augmenter le taux de bancarisation de l’économie. Cependant, le Maroc doit revoir sa politique envers les banques islamiques. En fait, les filiales des banques traditionnelles ne peuvent remplacer les banques islamiques au sens propre du terme, parce qu’elles se limiteront à commercialiser 5 produits au plus (Mourabaha, Ijara, Moucharaka, Salam, Istina’a), alors que la gamme des produits offerts par les banques islamiques est plus large. Aussi, il y aura toujours une partie de la population qui refusera de recourir à ces filiales en raison de la mixité du système. Enfin, les banques islamiques permettront l’entrée des fonds importants entraînant l’accroissement des investissements et l’amélioration du niveau du développement du pays. Autres documents qui pourraient vous intéresser !
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