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Organisation d’une émission obligataire socialement responsable : La perception du gestionnaire d’actifs

 
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• Type de document : Thèse de doctorat
• Nombre de pages : 237
• Format : .Pdf
• Taille du fichier : 7.89 MB
Extraits et sommaire de ce document
[…] « Un projet de recherche constitue un système permettant de passer d’une intention générale à des éléments de réponse » (Koening, 2002, p.1). « L’objet de recherche ou encore ‘research topic’ tient dans la question générale ‘qu’est-ce que je cherche ?’ » (Saunders et al. 2003, p.13). La construction de l’objet de recherche constitue une phase très importante dans notre travail de recherche. Objet innovant, l’organisation d’une transaction financière socialement responsable, semble susciter un grand intérêt de la part des chercheurs et des praticiens de la finance.
Longtemps limité aux différents acteurs publics et supranationaux, ce secteur s’est ouvert aux entreprises. Un marché de finance responsable est en train de naître, ce qui ouvre la voie à de nouveaux modes organisationnels des transactions financières.
L’objectif étant de diversifier les sources de financement et d’attirer de nouveaux investisseurs. Les émissions d’obligations ISR sont rares et celles qui ont réussies ont fait beaucoup parler d’elles. L’obligation ISR représente un nouvel outil de financement de l’économie. La communauté des scientifiques et des professionnels observe et s’interroge sur l’utilisation de ces instruments sur les marchés financiers.
Une obligation ISR représente un « titre de créance » émis sur le marché financier, dont le but est de financer des projets à vocation sociale ou environnementale. En contrepartie, les investisseurs reçoivent un intérêt annuel appelé « coupon » et, sont remboursés au terme de l’emprunt « échéance ».
Nous avons identifié plusieurs dimensions qui montrent l’intérêt que peut susciter l’étude du mode d’organisation d’une transaction responsable sur le marché financier : L’investissement socialement responsable français est en train de changer et de se transformer.
D’après une étude de Novethic réalisée en mai 2016, longtemps centré sur une croissance des encours des fonds ISR qui se sont multipliés par 40 en une décennie, l’investissement socialement responsable est en train de se développer sous d’autres formes.
[…]
Les débats sur le financement de l’économie et le social, sur la finance responsable et sur sa mise en oeuvre, dans le mode s’élargissent et intéressent de plus en plus la communauté de recherche scientifique. La finance responsable permet de réconcilier les pratiques financières des entreprises et les pratiques sociales et environnementales. Elle est intéressante parce qu’elle questionne la place de la finance et des acteurs financiers dans notre société à travers ce qu’on appelle « la finance utile » (Cadiou, 2014).
En effet, une émergence « d’innovations sociales » dans le secteur financier (Gendron, Gilles, 2003) vient apporter appui à cette dynamique autour du financement de l’économie dont les pratiques ont évoluées (on parle de micro-financement, de crowfounding, etc.), en donnant lieu à des architectures organisationnelles innovantes, ouvrant la porte à des « approches partenariales originales » (Cadiou, 2014) et mettant en relation plusieurs acteurs à l’échelle locale mais aussi au niveau international tout en contribuant à une « dynamique d’hybridation des ressources » (Guérin, Servet, 2005).
Du coté des investisseurs, des actionnaires d’actifs, certains praticiens de la finance veulent intégrer aujourd’hui dans le choix de sélection de leurs placements, des critères extra-financiers qui leurs permettront de mesurer les risques liés aux investissements ou alors d’avoir des indicateurs de performance future de leurs placements afin d’assurer la rentabilité et la sécurité de leurs placements à moyen et à long terme.
En ce sens, nous assistons aussi à l’introduction de l’extra financier dans le marché financier à travers des opérations dites responsables dont le but est de toucher un segment d’investisseurs responsables et d’abaisser les coûts liés aux risques environnementaux, sociaux et de gouvernance.
Notre recherche s’intéresse à ces opérations financières dites responsables. Nous sommes au début de la réflexion sur ce sujet encore très sensible qui commence à susciter l’intérêt des chercheurs et de la communauté financière. L’étude de « l’innovation est définie comme un processus long terme nécessitant des intrants et ayant pour finalité la production et la commercialisation d’extrants innovants » (Dutta et al., 2005). « Celle-ci est très spécifique au regard notamment du risque et de l’asymétrie informationnelle qu’elle engendre » (Djama, Dumas, Martinez, 2014).
L’objet de recherche se concentre sur « le mode d’organisation d’une émission d’obligation ISR » qui représente une innovation sur le marché de l’investissement socialement responsable. L’intérêt est majeur pour comprendre la dynamique des pratiques responsables dans le marché financier et les interactions entre les différents acteurs ayant des intérêts différents.
Nous avons choisi d’étudier deux cas pionniers en France, qui nous semblent très importants pour comprendre l’enjeu de ces opérations et, tirer des enseignements très utiles afin de mieux appréhender ces innovations dans le futur. Etudier le phénomène en soi est intéressant, mais faire une comparaison entre deux cas différents qui représentent deux modes d’organisations différents d’une émission d’obligation ISR à destinations des investisseurs ISR nous semble très riche pour nous apporter plus d’éclairage.
[…]
Cette remarque est très importante dans notre problématique. Elle nous a permis de poser notre question de recherche qui s’intéresse au comportement des investisseurs sur le marché financier. Plusieurs recherches s’intéressent à l’étude du comportement des investisseurs sur le marché financier, l’originalité de notre recherche c’est qu’elle s’intéresse aux comportements des gérants des fonds sur le processus d’investissement, dans un contexte d’investissement socialement responsable. La question de recherche peut être ainsi formulée : Pourquoi un gérant de fonds n’est-il pas indifférent à une émission d’obligation ISR ?
En ce sens, au fur et à mesure de l’avancement de nos recherches, des interrogations ont émergé quant à la confiance et l’intérêt des investisseurs envers ces nouveaux modes organisationnels qualifiés souvent de « complexes » du fait de l’implication de plusieurs partenaires. Ainsi, notre problématique de recherche s’intéresse à l’étude de l’attractivité des gestionnaires d’actifs face à des mécanismes différenciés d’Economie Sociale et Solidaire. Notre démarche de recherche est exploratoire, car nous sommes au début de réflexion sur ces questions. Nous assistons aux deux cas pionniers en France dans ce cadre.
La méthodologie de recherche utilisée est mixte (donnés qualitatives et quantitatives). « Mixed methods research is the type of research in which a researcher or team of researchers combines elements of qualitative and quantitative research approaches (e.g., use of qualitative and quantitative viewpoints, data collection, analysis, inference techniques) for the purpose of breadth and depth of understanding and corroboration. » Burke Johnson, Onwuegbuzie et Turner, 2007, p.123).
L’utilisation de cette méthodologie mixte se justifie par rapport à notre problématique et du caractère innovant des cas étudiés. « La méthode de cas vise l’étude en profondeur d’un ou plusieurs cas qui exemplifient un phénomène que l’on veut étudier » (Giroux, 2003, p.45).
L’approche théorique qui est développée s’intéresse à l’étude des modes d’organisation, des architectures transactionnelles et au processus d’hybridation partenariale. La partie empirique quant à elle s’intéresse au niveau qualitatif, à l’étude de deux cas exploratoires d’émission d’obligation ISR à destination des gérants de fonds ISR. Il s’agit, à travers cette analyse de faire une comparaison des deux cas étudiés et de ressortir les variables discriminantes.
Dans un deuxième temps nous mobilisons la théorie des coûts de transaction qui nous fournit un cadre d’analyse pour l’acheminement de notre de réflexion. Concernant le lien entre la théorie et les observations empiriques, le processus aller-retour entre les deux nous semble indispensable pour comprendre le phénomène. Enfin, l’approche qualitative se prolonge par une approche quantitative menée à partir d’un questionnaire diffusé auprès des gérants de portefeuilles ISR.

TITRE 1 : LA COMPARAISON DE DEUX EMISSIONS OBLIGATAIRES PIONNIERES
CHAPITRE 1 : ETUDE DE L’ORGANISATION DES DEUX EMISSIONS
OBLIGATAIRES SOCIALEMENT RESPONSABLES
CHAPITRE 2 : L’AFFIRMATION DE LA PROBLEMATIQUE
TITRE 2 : L’ETUDE DE LAPPETENCE DES INVESTISSEURS
CHAPITRE 1 : LE CHOIX DE LA METHODE QUANTITATIVE
CHAPITRE 2 : RESULTATS DE RECHERCHE ET DISCUSSION
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