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Face aux externalités climatiques, démographiques et économiques, comment serons-nous en mesure d'assumer la pérennité de l'alimentation et de l'agriculture en 2050 ?
 
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• Type de document : Mémoire/PFE
• Nombre de pages : 75
• Format : .Pdf
• Taille du fichier : 2.39 MB
Extraits et sommaire de ce document
L’humanité consomme déjà à elle seule l’équivalent durable de la production d’une planète terre et demie. Que se passerait-t-il si la surexploitation des ressources planétaires accélérait le dérèglement climatique ? Le scénario ou nous connaitrions une pénurie de ressources ne serait pas à exclure, en conséquence de quoi l’insécurité alimentaire globale engendrerait la déstabilisation des équilibres mondiaux, voir la violence ou le chaos.
La notion d’équilibre mondial tel que cité plus haut renvoie à trois principes fondamentaux : la possession, l’usage et la valeur des biens matériels, immatériels, privés ou publics. La distribution de ces ressources fut tout d’abord arbitraire jusqu’à ce que l’Homme ait entrevu la classification par valeur de celles-ci, grâce notamment à la création des marchés et la prise de conscience des mécanismes de l’offre et de la demande.
De manière tout à fait déraisonnée, le premier besoin auquel est heurté l’être humain, c’est-à-dire se nourrir, semble se confronter à un paradoxe : l’offre est tout à fait abondante, mais l’intégralité de la demande ne peut être satisfaite à cause de la valeur innée de cette offre puisque dépend directement d’elle la survie de notre espèce.
Bien que les inégalités face à la nutrition s’estompent peu à peu grâce notamment à l’institution du droit à l’alimentation et à l’eau dans le pacte international sur les droits économiques et socio-culturels (adopté en 1966, ratifié par 163 Etats en 2015), la consommation alimentaire demeure excessive dans les pays industrialisés.
Les habitants d’une zone géographique comme l’Europe ou les Etats-Unis consomment en moyenne 3380 Kcal par jour tandis que la plupart des pays en voie de développement stagnent à des valeurs moyennes de 2195Kcal par jour et par habitant2, soit le seuil minimum pour assurer les fonctions vitales du corps humain. Les nutritionnistes recommandent, eux, une consommation énergétique journalière de 2800 Kcal par personne.
Pourtant la surabondance de l’offre alimentaire ne permet pas l’alimentation correcte de l’ensemble des êtres humains. L’offre ne semble pas se diriger là où la demande se trouve mais là où l’argent permet d’acheter. Pourrait-on affirmer comme Bruno Parmentier, Ancien directeur général du groupe ESA, Ecole Supérieure d’Agriculture d’Angers (2002) qu’« il n’y a plus aucune fatalité à la faim » ? Que « la faim est une construction de l’homme »4 ?
Depuis le début du XXe siècle, 800 Millions de personnes souffrent de la faim. Ce nombre semble figé dans le temps indépendamment de la croissance démographique. Autrefois réparti sur l’ensemble de la planète, ces 800 Millions de personnes se concentrent aujourd’hui majoritairement sur seulement 2 continents : L’Afrique et l’Inde (en dépit du fait qu’ils aient un programme spatial ou une démocratie parlementaire). Cela peut aussi signifier que les techniques agricoles et l’optimisation des échanges internationaux ont permis de nourrir depuis 100 ans 5,5 Milliards de nouvelles bouches. Mais ce progrès à un prix.
Outre la redistribution des richesses, la question environnementale se pose indubitablement et de manière générale lorsqu’il est question des perspectives d’avenir de l’Homme. Le facteur climatique est en lien direct avec notre capacité à produire des ressources alimentaires. Tous les modèles productifs confondus conçus jusqu’alors n’ont pas été pensés pour faire face à des enjeux climatiques qui dépassent largement le pouvoir de l’homme.
Qu’impliquerait le réchauffement climatique, si minime soit-il (de quelques degrés) ? La prise de conscience de ces paramètres est de plus en plus au coeur des débats. Mais l’action quant à elle remet en cause un grand nombre de facteurs de croissance économique. Changer le cours de l’histoire semble devoir être rentable économiquement, sinon rien. Face aux externalités climatiques, démographiques et économiques, comment serons-nous en mesure d'assumer la pérennité de l'alimentation et de l'agriculture en 2050 ?
L’implication de cette préoccupation est universelle : je, vous, chaque être humain, civilisation, société, groupe ethnique, collectivité, entreprise, famille, êtres vivants et enfin notre planète est concerné par la nécessité d’apporter des éléments de réponse à cette problématique.
Ce travail de recherche s’articulera autour des hypothèses suivantes : Hypothèse Alpha : L'aide internationale permettra de sauver les vies de plus en plus efficacement en cas d’urgence. Peut-être que la pression des opinions publiques généralisera progressivement les programmes de soutien aux revenus des populations les plus marginalisées, de façon à éradiquer la faim via des programmes du type « Faim zéro ». A l’inverse l’arme alimentaire sera de plus en plus utilisée en cas de conflit comme moyen de contrôle démographique. Mais tout cela, à quel prix pour l’environnement ? Hypothèse Beta : L’eau deviendra un enjeu majeur, tant dans les pays secs que dans les pays inondés, les deux phénomènes étant fortement aggravés par le réchauffement climatique. Contrairement à la théorie5 fondée par Ester Boserup en 1965 « Évolution agraire et pression créatrice », la nécessité ne sera pas mère d’invention mais d’exode, provoquant un grand nombre de réfugiés climatiques qui déstabiliseront de nombreux pays. Des conflits et des guerres à tous les niveaux vont apparaître. Les inégalités face à l’alimentation se creuseront d’avantage entre les pays disposant d’eau et ceux qui dépendent de l’approvisionnement extérieur.
Hypothèse Gamma : Les (maigres [à l’échelle de la planète]) efforts mis en place par l'action collective (COP21, Kyoto...) seront largement insuffisants puisqu’ils se réfèrent à un modèle productif et de consommation puisant deux fois plus de ressources que n’en possède la planète terre. Un tout nouveau modèle, cette fois durable et écologiquement intensif, est à concevoir dès aujourd’hui. Répartition des ressources, réajustement de ce dont nous avons réellement besoin (limiter la consommation de viande et produits lactés et le gaspillage) et mutualisation des technologies (complétées ou non par des OGM). Mais il n’est pas sûr que ces politiques se développent suffisamment rapidement.
Nous répondrons au fur et à mesure de la lecture à ces hypothèses de départ. Le terrain de recherche est vaste, il comprend l’ensemble des pays et l’ensemble des populations. Pour simplifier la lecture et la compréhension des données, il est nécessaire de scinder en deux catégories : les pays en développement et les pays développés. Puisqu’une approche expérimentale nécessiterait une équipe de chercheurs sur l’ensemble de la planète, nous répondrons à cette problématique par une méthode observatoire, par analyse et factorisation de données et par le biais d’un entretien.
Cette lecture sera cadencée en 3 parties. La première expose les liens entre notre plus bel instrument productif, la terre, confrontée à nos outils de production, les Hommes. La seconde partie est une analyse des fondements de l’agriculture telle que nous la connaissons aujourd’hui au XXIe siècle sous l’angle de ses points forts et limites. La dernière partie répondra plus précisément à la question posée dans cet ouvrage, tentera donc d’apporter des solutions durables à l’enjeu de l’alimentation face à l’environnement et à la croissance démographique.

1. La croissance démographique, l’alimentation et l’environnement
1.1. Nous allons bientôt fêter les 10 Milliards d’êtres humains
1.2. Qui mange et qui ne mange pas
1.3. La nature parle et le genre humain n'écoute pas (V. Hugo)
2. Le monde agricole moderne
2.1. Le marché agricole mondial
2.2. Produire plus avec quatre fois moins
2.3. Des solutions accessibles, Oui mais pas pour tous
3. La nouvelle (?) agriculture
3.1. Trouver des solutions dans le passé
3.3. L'agriculture urbaine
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