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A la recherche des facteurs d’intelligence collective, quelle place pour l’environnement de travail : Cas de Photowatt

 
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• Type de document : Mémoire/PFE
• Nombre de pages : 64
• Format : .Pdf
• Taille du fichier : 1.32 MB
Extraits et sommaire de ce document
De nombreuses recherches ont été menées sur ce sujet dans ces dernières décennies, et face à un environnement concurrentiel de plus en plus complexe, beaucoup d’entreprises s’intéressent à ce concept et recherchent les facteurs permettant de voir émerger de l’intelligence collective dans leur organisation.
De son côté, l’environnement de travail a beaucoup évolué. Les réflexions autour du bien-être et de la qualité de vie au travail, la digitalisation, la demande croissante des salariés d’obtenir plus d’autonomie dans leur travail et d’évoluer dans des espaces de travail adaptés aux différentes activités ont conduit notamment les entreprises spécialisées dans les aménagements d’espaces de travail à créer des cellules R&D regroupant des chercheurs en neurosciences, des ergonomes, des architectes et à mener des recherches pour pouvoir proposer à leurs clients l’environnement de travail le plus adapté à leurs problématiques.
Le croisement de ces recherches nous pousse à nous poser la question suivante : dans quelle mesure l’environnement de travail a un impact sur l’intelligence collective ?
Afin de répondre à cette interrogation, nous avons réalisé une revue de littérature sur les concepts d’intelligence collective et d’environnement de travail, que nous avons complétée par une enquête terrain menée principalement dans notre entreprise et qui a consisté en la conduite d’entretien semi-directifs.
En effet, nous l’avons vu en avant-propos, Photowatt a été profondément bouleversée ces deux dernières années. Le projet de transformation industrielle a modifié l’environnement de travail d’un grand nombre de salariés, et les nombreux départs qui ont suivi ont conduit les équipes à réfléchir à de nouvelles façons de travailler.
Nous ferons dans un premier temps l’état des lieux de la recherche sur l’intelligence collective, son impact sur la performance des entreprises et les facteurs et freins à son émergence (Partie 1). Nous explorerons ensuite l’environnement de travail et les différentes formes qu’il peut prendre, ainsi que la manière dont il a pu être impacté par la crise sanitaire (Partie 2).
Enfin, nous étudierons la perception de l’intelligence collective et de l’environnement de travail au sein de Photowatt, le lien qui peut être fait entre ces concepts et les préconisations qui peuvent être proposées pour l’entreprise (Partie 3).
[…]
Ce travail de recherche avait pour ambition de définir si l’environnement de travail pouvait être un facteur d’intelligence collective. Nous l’avons vu dans la première partie, l’intelligence collective nécessite différents facteurs pour émerger. Etant définie comme « l’intelligence des groupes de travail » (LEVY, 1997), elle nécessite tout d’abord la présence d’un collectif de travail. N’étant activée que lorsque les individus font face à une situation inédite nécessitant des solutions innovantes, la présence d’une situation complexe est indispensable.
Enfin, l’organisation doit favoriser son émergence en réunissant les conditions nécessaires et en créant un environnement favorable. Le management doit donner confiance, doit laisser suffisamment d’autonomie aux équipes de travail pour que celles-ci puissent donner le meilleur d’elles-mêmes et faire émerger une intelligence qui leur est propre, bien plus que la simple addition des intelligences individuelles des membres de l’équipe.
Nous l’avons vu dans la deuxième partie, l’environnement de travail est multifactoriel. Il s’agit du cadre de travail qui doit être confortable et favoriser la qualité de vie au travail. Il s’agit également des éléments matériels (aménagement des espaces, mobilier, outils informatiques) qui contribuent à favoriser les interactions entre les individus en leur proposant des espaces adaptés aux différentes tâches à réaliser.
Il peut être dématérialisé et digitalisé et proposer aux salariés les outils informatiques et de communication leur permettant de travailler de n’importe quel endroit, y compris à l’extérieur de l’entreprise, notamment en télétravail comme cela a été le cas pour des millions de travailleurs pendant la période de confinement.
Enfin, le croisement de ces recherches avec notre étude qualitative réalisée au sein de Photowatt et étendue à quelques personnes en dehors de notre organisation nous a permis de démontrer que l’environnement de travail, s’il est adapté aux activités des organisations, est un préalable à l’émergence de l’intelligence collective.
En effet, le confort, le sentiment de sécurité qu’il apporte donnent envie aux salariés de venir travailler et de collaborer. L’aménagement des espaces de travail basé sur les nouveaux modes de travail facilite le partage des connaissances et de l’information et favorise les interactions entre les individus, permettant par-là, par une « fertilisation croisée des différentes intelligences d’un groupe » (DEFELIX) « de faire face à une situation qui ne pourrait être assumée par chacun de ses membres seuls » (BATAILLE).
Pour conclure, l’environnement de travail est un facteur nécessaire pour l’émergence de l’intelligence collective. Pour une organisation souhaitant se lancer dans une démarche d’intelligence collective, l’environnement de travail doit pouvoir être un point d’appui, l’image de son souhait de se transformer. Il doit favoriser l’épanouissement de ses salariés et leurs interactions.
Mais sans volonté forte de la Direction de transformer en profondeur son organisation, de mettre la confiance au coeur de son management et de sortir d’une logique individualiste pour mettre le collectif au centre de son action, l’environnement de travail ne sera qu’une coquille vide et sans âme.
Il sera intéressant de prendre du recul sur la crise sanitaire pour identifier ses impacts à long terme sur le fonctionnement des organisations et sur leur perception de l’environnement de travail. Ce que nous avons pu observer pour l’instant, c’est que cette crise a vu émerger beaucoup d’intelligence collective dans différents domaines. Nous pouvons prendre pour exemple la création de plateformes collaboratives de recherche où des chercheurs du monde entier venaient déposer leurs résultats pour que ceux-ci puissent être utilisés par d’autres équipes de recherche.
Nous pensons également au masque de plongée de Décathlon qui a été utilisé pour pallier le manque de pièces de respirateurs, aidé en cela par la marque elle-même qui a mis gratuitement à disposition les plans 3D de son masque pour permettre la fabrication de valves permettant de les adapter sur les respirateurs.
L’environnement de travail a également été profondément bouleversé. Le confinement et le télétravail massif ont permis d’accélérer la transformation digitale des entreprises et ont fait découvrir à de nombreux salariés de nouvelles façons de travailler.
Reste à savoir comment ces nouveaux modes de travail vont être pérennisés. Malgré une forte demande des salariés de pouvoir continuer à télétravail de manière régulière, le nombre de télétravailleurs a diminué de moitié après le déconfinement. Des discussions sont actuellement en cours entre les organisations patronales et syndicales pour l’ouverture d’une renégociation sur le télétravail.
Pour terminer, nous pouvons nous interroger sur l’impact des « gestes barrière » sur l’intelligence collective. Cette dernière se nourrissant des interactions entre les individus, il va falloir trouver de nouvelles façons de faire émerger cette intelligence collective tout en respectant la distanciation sociale et le port du masque qui prive les interlocuteurs d’une partie de la communication non-verbale.

PARTIE 1 : - L’INTELLIGENCE COLLECTIVE
CHAPITRE 1 – DEFINITIONS ET ENJEUX DE L’INTELLIGENCE COLLECTIVE
I. La notion de collaboration des individus
II. La notion d’intelligence collective
III. Intelligence collective et performance
IV. Les freins au développement de l’intelligence collective
CHAPITRE 2 – FACTEURS D’INTELLIGENCE COLLECTIVE
I. L’existence d’un collectif de travail
II. La présence d’une situation complexe
III. Un environnement favorable
PARTIE 2 - L’ENVIRONNEMENT DE TRAVAIL
CHAPITRE 3 – ENVIRONNEMENT DE TRAVAIL PHYSIQUE
I. Le confort
II. Les différents types d’espace de travail
CHAPITRE 4 – TRAVAIL A DISTANCE
I. Les outils informatiques et collaboratifs
II. Le télétravail
CHAPITRE 5 – IMPACT DE LA CRISE SANITAIRE
I. Le recours massif et brutal au télétravail
II. L’impact sur le management des équipes
III. Quel sera l’environnement de travail de demain ?
PARTIE 3 - LE CAS DE PHOTOWATT
CHAPITRE 6 – METHODOLOGIE DE L’ENQUETE TERRAIN
I. Le terrain de recherche
II. La sélection de l’échantillonnage
III. Le guide d’entretien
CHAPITRE 7 – RESULTATS ET ANALYSES
I. Perception de l’intelligence collective
II. Perception de l’environnement de travail
III. Lien entre intelligence collective et environnement de travail
IV. Impact de la crise sanitaire
CHAPITRE 8 – CONCLUSION SUR LE TRAVAIL DE RECHERCHE ET PRECONISATIONS POUR PHOTOWATT
I. Conclusion sur le travail de recherche
II. Limites de ce travail
III. Préconisations pour Photowatt
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