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L’influence de l’usage des outils numériques sur le travail : Cas du cabinet Altedia
Extraits et sommaire de ce document
En modifiant le contenu du travail, le numérique redessine les contours du marché de l’emploi, l’information et la connaissance devenant les actifs de la société d’information dans laquelle nous vivons, société basée sur la dématérialisation aussi bien des services que des biens (Ibid). Cela vient bouleverser le modèle de la société salariale qui s’est construit à la seconde révolution industrielle. Ensuite, la crise économique et sociale de 2008 a confronté la société à la désindustrialisation, aux délocalisations, à la numérisation de l’économie, venant impacter la notion de travail. Par travail, nous nous référons à la définition de Favereau et al., (2016, page 79) : « [..] au travail, dans sa réalité la plus immédiate qui implique l’action d’un homme mobilisant ses capacités corporelles et spirituelles et qui contribue à leur développement. » Dit autrement, le travail est une activité produite par l’homme, il est situé dans le temps et dans l’espace et fait appel à des connaissances et/ou compétences spécifiques pour sa réalisation en contrepartie d’une rémunération. Le travail salarié relève d’un contrat qui définit le lien de subordination entre l’employeur et le salarié. Au sein de l’entreprise, le travail sollicite de fait l’individu dans ses capacités de production, ses capacités de coopération et enfin ses capacités d’innovation, (Favereau et al., 2016, page 17). Travailler apporte également aux individus une dimension normative tout en étant porteur de sens : « Ce qui se trouve en jeu dans le travail est le type de personne que nous aimerions être, le type d’espace auquel nous aimerions appartenir, et ce que nous pensons mériter », Ibid, page 75). Seulement le numérique et sa progression fulgurante viennent rebattre les cartes du jeu de l’activité travail. Nous ne produisons plus de la même manière, nous ne recherchons plus l’information de la même manière, nous ne nous formons plus de la même manière. Le travail tend à s’intensifier, à se parcelliser et à s’externaliser. Nous ne pouvons que constater l’émergence de nouveaux acteurs qui se sont affirmés sur le marché et ont pris le pouvoir, les « GAFA ». Qui sont-ils ? Des géants du numériques qui en quelques années avec la démocratisation d’internet sont venus imposer une nouvelle culture, de nouvelles manières de faire, de nouvelles manières de penser le travail. La question se pose quant à la modification du concept même du travail si bien ancré depuis des décennies dans notre modèle sociétal par le numérique et notamment dans un possible bouleversement de nos représentations. Une première partie de réponse réside dans le faible investissement en capital qu’il nécessite, le numérique a la particularité de ne pas avoir besoin d’infrastructures aussi lourdes et onéreuses que nos modèles de production traditionnels. Une deuxième partie de réponse se situe dans la relation contractuelle, le travail via le numérique se compartimentant, se parcellisant, ne fait plus appel à une relation de long terme entrainant ainsi une baisse de l’emploi contractuel et augmentant le nombre de statut de travailleur indépendant. Si l’association de l’évolution du numérique réfère le plus souvent à la destruction d’emplois, ce sujet d’actualité pose la question de la place du numérique de manière générale dans tous les secteurs d’activité, auprès de toutes les catégories socio-professionnelles. Un questionnement représenté généralement sous la forme de sous questions telles que : « quels seront les nouveaux métiers ? Comment accompagner les entreprises dans la transformation digitale ? Quelles sont les pratiques du numérique ? ». […] Nous nous sommes interrogés sur la période que nous vivons actuellement en nous posant la question de savoir si ce que nous vivons renvoie à une situation de crise ou bien s’il s’agit d’une métamorphose, soit une installation pérenne dans un environnement peut-être mal ou peu maitrisé. Force est de constater que les rythmes de travail tout comme l’accès à l’information se sont accélérés, que le numérique au sein de l’activité travail renvoie à une notion de temps – une notion de lieu – une notion d’action (De Gaulejac et al., 2015), qu’il a la particularité d’annuler des barrières géographiques, culturelles, et de construire des réseaux transverses de communication (De Gaulejac et al., 2015, page 35). Aussi, dans le cadre de la rédaction de ce mémoire de recherche, en qualité également de salariée d’un cabinet de ressources humaines, nous nous sommes intéressés à l’usage des outils numériques auprès des consultants. Si la mobilité et la flexibilité deviennent les nouvelles normes de l’activité de travail, qu’en est-il pour les professions relevant des métiers dits intellectuels ? Nous avons souhaité à travers ce mémoire effectuer un travail exploratoire où nous cherchons à identifier et à comprendre quels sont les usages du numérique en situation. Nous posons la question de recherche suivante : « comment l’usage du numérique influence le travail des consultants au sein d’un cabinet conseils ? ». Pour répondre à notre question de recherche, il nous semble important dans une première partie théorique de présenter le numérique et son évolution, puis de définir les caractéristiques du travail et de l’activité travail. Toujours dans le prolongement de notre réflexion et tout au long de notre investigation, nous souhaitons présenter les différentes interactions du numérique et du travail à plusieurs échelles que sont les organisations, les managers et les individus. Ce qui nous amène naturellement sur une présentation de la population étudiée et enfin pour clore cette première partie théorique présenter les effets déjà constatés du numérique sur le travail ainsi que la grille de lecture que nous adoptons dans le cadre de l’étude de cas à savoir le concept de sociomatérialité (Orlikowski, 2007). Nous développons en deuxième partie la présentation de notre cadre épistémologique ainsi que les spécificités de notre terrain d’étude où nous décrivons également notre méthodologie et notre méthode de recueil de données. La troisième partie est consacrée à la présentation de nos résultats. PARTIE 1 : THEORIE 1. LE NUMERIQUE ET SON EVOLUTION 1.1. La transformation numérique 1.2. Des TIC au Big Data 1.3. L’évolution des outils numériques dans les organisations 1.4. L’utilité des technologies dans les organisations 1.5. Les défis du numérique 2. LES CONTOURS DU TRAVAIL A L’ERE DU TOUT NUMERIQUE 3. LE TRAVAIL RELEVANT DES METIERS DU CONSEIL 4. LES EFFETS CONSTATES DU NUMERIQUE 4.1.1. Les risques et tendances 4.1.2. La surcharge informationnelle et communicationnelle 4.1.3. L’interrelation de l’évaluation – du contrôle – de l’autonomie 4.1.4. Et le stress « numérique » ? 5. DE LA THEORIE DE LA STRUCTURATION AUX APPORTS DE LA SOCIOMATERIALITE 5.1. Les approches déterministes 5.2. La coordination sous l’angle de la théorie de la structuration et ses limites 5.3. La technologie en pratique 5.4. Les apports de la sociomatérialité PARTIE 2 : METHODOLOGIE ET TERRAIN DE RECHERCHE 6. POSITIONNEMENT EPISTEMOLOGIQUE ET METHODOLOGIE DE RECHERCHE 7. LA METHODOLOGIE DE RECHERCHE – LE TERRAIN 8. LA METHODE DE RECUEIL DES DONNEES PARTIE 3 : RESULTATS 9. LES RESULTATS 9.1. La prescription par les outils numériques : une organisation du travail autour des outils numériques 9.2. L’usage des outils numériques en situation 9.3. Les mésusages : entre dysfonctionnements matériels et manque de formation 9.4. Les effets constatés 10. SYNTHESE DES RESULTATS Autres documents qui pourraient vous intéresser !
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