|
|
|
||||
Espace MembresEspace DocumentsMawarid TV |
Le Crowdfunding et les banques : Menace, complément et enjeux
Extraits et sommaire de ce document
Le crowdfunding est un mot anglo-saxon qui signifie « financement par la foule ». En France, il est aussi appelé financement participatif ou financement collaboratif. Si cette nouvelle manière d’appréhender l’économie, et en particulier la finance, se développe à cette vitesse, c’est qu’elle repose sur les grands changements qui marquent le 21e siècle. Ces bouleversements sont d’ordres sociétaux, économiques et technologiques. Sociétaux d’abord car la finance est devenue mal vue depuis la crise des Subprimes en 2008, depuis les citoyens sont méfiants des institutions financières, n’ont plus confiance et exigent plus de transparence. Economiques ensuite, car la désintermédiation bancaire a été encouragée par les évolutions des exigences prudentielles appliquées aux établissements de crédits qui ont limité leur intervention dans le financement des entreprises. Et enfin technologiques, car la digitalisation des ménages a entraîné de profonds changements dans les habitudes de consommation notamment dans la gestion de leurs comptes. C’est dans ces mutations que le crowdfunding puise sa source et devient une industrie à part entière. Le financement participatif, qui comprend plus de 670 plateformes à travers le monde1, en est encore à ses balbutiements. Mais les montants collectés par le crowdfunding auprès des internautes pour des projets, que ce soit sous forme de prêts, de dons ou d’investissement en capital ne cessent de croître. En 2015, ils ont représenté 296,8 M€ soit le double de l’année précédente et ce phénomène perdure déjà depuis plusieurs années. En effet, on note la même croissance d’année en année depuis 2012 mais ces chiffres restent bien faibles si on les compare aux 715 milliards d’euros d’encours de crédit aux entreprises3 et aux 4400 milliards d’euros d’épargne financière des ménages français4. Ce mode de financement tire avant tout sa force des possibilités qu’offre internet et principalement des médias sociaux. Cela lui permet de mettre en relation directe les offreurs et les demandeurs. Mais son développement est aussi dû à la crise financière mondiale qui a ébranlé la confiance des consommateurs envers les banques. Les individus sont désormais plus avenants d’investissements locaux, en France. Le financement participatif se décline en quatre modèles bien distincts. Le financement par les dons sans contreparties, « donation-based crowdfunding », est le modèle le plus ancien, dans lequel des personnes vont investir dans un projet sans rien attendre en retour. Le financement par don avec contreparties, « reward-based crowdfunding », est le modèle le plus répandu, dans lequel des personnes vont investir et recevoir une récompense en retour mais qui n’est généralement pas équivalente au montant investi, et peut prendre la forme de la livraison d’un bien ou d’un service, ou également des remerciements ou l’inscription du nom de l’investisseur dans le projet. Le financement par le prêt, « peer-to-peer lending crowdfunding », où des investisseurs peuvent attribuer des prêts de faible montant à des projets, soit sous forme de prêt sans rémunération, dans ce cas l’investisseur n’attend aucune rémunération financière et ne récupère que son capital, soit sous forme de prêts rémunérés avec un taux d’intérêt fixé à l’avance. La dernière forme de financement, «equity-based crowdfunding », correspond à de la prise de participation dans une entreprise. Ce modèle est le plus récent. Le porteur de projet fait appel aux investisseurs dans le cadre d’une augmentation de capital en définissant son besoin et fixe un pourcentage. Les investisseurs détiennent alors un droit de propriété sur l’entreprise. Ces quatre modèles peuvent être schématisés comme cela : Au vu de son importance grandissante dans le financement de l’économie, quelle place occupe aujourd’hui le financement participatif ? Ainsi, entre substitut et complément des banques traditionnelles, quels enjeux constituent le financement participatif pour les banques commerciales ? Pour répondre à cela, nous allons analyser dans une première partie la place grandissante du financement participatif dans la finance en détaillant d’abord les différences entre la finance participative et les banques commerciales puis ensuite en examinant la concurrence qui se joue entre ces deux acteurs. Dans la deuxième partie, nous verrons que les banques intègrent désormais ce marché du financement participatif. Pour cela, nous exposerons leur rôle dans la finance participative puis nous mettrons en lumière les enjeux qui les ont poussés à intégrer ce marché. PARTIE 1 - LA PLACE GRANDISSANTE DU FINANCEMENT PARTICIPATIF DANS LA FINANCE A. Les différences entre la finance participative et les banques commerciales B. La concurrence entre ces deux acteurs PARTIE 2 - LES BANQUES INTEGRENT LE NOUVEAU MARCHE DU FINANCEMENT PARTICIPATIF A. Le rôle des banques dans la finance participative B. Les enjeux des banques dans l’intégration de ce marché Autres documents qui pourraient vous intéresser !
|
|||