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La performance opérationnelle à long terme des fusions et acquisitions
Extraits et sommaire de ce document
Les risques d’échec sont accentués dans les opérations transfrontalières à cause des difficultés organisationnelles (Demeure, 2000 ; Habeck et al., 2001). En moyenne, on constate une baisse de la performance économique après la réalisation d’opérations de F&A ou au mieux une faible amélioration des performances (Trautwein, 1990). Suite aux opérations de F&A, les entreprises ont tendance à perdre des parts de marché. Cette tendance est d’autant plus vraie que l’on parle de F&A conglomérale. Elle est moins nette lorsqu’il s’agit d’opérations de type horizontal (Mueller, 1985 ; Baldwin et Gorecki, 1990). Par ailleurs, d’autres études montrent que la croissance interne s’avère plus rentable sur le long terme que la croissance externe (Diskerson et al., 1997). Ces résultats ont été obtenus, en analysant l’évolution de la performance avant et après une opération du rapprochement. Il faut noter que Healy et al. (1992) obtiennent des résultats différents, en comparant l’évolution de la performance opérationnelle post-fusion des entreprises ayant mené une fusion à l’évolution moyenne mesurée à partir d’un benchmark constitué d’un échantillon de firmes appartenant à des secteurs d’activités similaires. Leur étude concerne les 50 plus grandes fusions réalisées aux États Unis pendant la période 1979-1984 et montrent que les firmes fusionnées obtiennent des ratios significativement plus élevés que l’industrie dans la période post-fusion pour quatre années sur cinq. Ils concluent qu’il y a une amélioration significative de la performance des entreprises fusionnées post-acquisition. Cette amélioration significative de la performance opérationnelle des entreprises acquéreuses postérieurement à l’acquisition a été confirmée par Linn et Switzer (2001) ; Heron et Lie (2002) ; Rahman et Limmack (2004) et par Yeh et André (2010). Malgré des résultats plutôt décevants, ce type de regroupement d’entreprises suscite toujours l’engouement des marchés. L’intérêt de note étude est double. En mettre en évidence les points de convergence de ces recherches et de tenter d’expliquer les divergences observées. A notre connaissance, elle est la première à présenter une revue de littérature sur les travaux de l’impact des F&A sur la performance opérationnelle à long terme. En effet, les études précédentes (Navatte et Schier, 2008 ; Sbai, 2017) se sont surtout intéressées de présenter une synthèse des études récentes portant sur la performance boursière à court et à long terme des fusions et acquisitions. La première section de cet article explore les conséquences des F&A sur la performance opérationnelle post-acquisition et sa source d’amélioration ou de sa détérioration. La technique la plus fréquemment utilisée est celle du pairage qui consiste à comparer les résultats des entreprises ayant réalisé une opération de croissance externe avec ceux d’un échantillon de firmes comparables (en termes de secteurs d’activité, de taille et de performance passée) n’ayant pas optés pour ce choix. L’objet de ces études est d’identifier si, en moyenne, les opérations du rapprochement améliorent ou pas les résultats de la firme acquéreuse. L’analyse de la performance économique et comptable revient à comparer avant et après l’opération de F&A, à partir de l’évolution d’indicateurs de performance. Parmi les indicateurs les plus utilisés, on retrouve la rentabilité économique, la rentabilité financière, l’évolution des ventes, la productivité. La deuxième section de cet article s’intéresse aux caractéristiques de ces opérations, de l’entreprise acquéreuse et les caractéristiques de son conseil d’administration. En particulier, sont étudies les résultats récents concernant le mode de paiement, la taille relative de la cible, la similarité des secteurs d’activité, le caractère transfrontalier, l’attitude hostile des dirigeants, le niveau de liquidité et d’endettement pré-acquisition, la taille du conseil d’administration, l’indépendance de membre d’administration et le cumul des fonctions. […] De nombreuses recherches ont tenté de déterminer si les opérations des F&A sont profitables. Les résultats obtenus sont mitigés. La majorité des opérations de F&A ne trouve pas de preuve d’une amélioration de la performance opérationnelle post-acquisition. La diversité des mesures utilisées et la diversité des échantillons utilisés tant en terme de lieux, de périodes, de types d’opérations que secteurs d’activité ne permettent pas de trancher quant à la profitabilité des opérations de F&A. Les résultats des déterminants de la performance opérationnelle post-acquisition suggèrent la neutralité du mode de paiement, la proximité des secteurs d’activité et la taille relative de la cible. Cette neutralité est constatée dans les travaux Healy et al. (1992) et Sharma et Ho (2002). L’impact négatif du niveau d’encaisse excessif et les regroupements transfrontaliers, est observé dans les travaux de Harford (1999), de Moeller et Schlingemann (2004), de Martynova et al. (2006), de Yen et André (2010) et de Sbai et Sahib Eddine (2016). L’impact positif d’un endettement élevé est observé également dans les recherches de Harford (1999), Ghosh et Jain (2000), Kang et al. (2000). Enfin, il n’est pas de preuve de la relation entre les mécanises de gouvernance (taille du CA, le cumul des fonctions et la présence d’administrateurs indépendants) et la performance opérationnelle post-acquisition.Finalement, on ne peut pas se prononcer sur la profitabilité des opérations de fusions et acquisitions. Les fusions et acquisitions ne sont que des outils utilisés à des fins différentes pour les dirigeants, d’où la dispersion des résultats. Ainsi, l’étude de ces motivations d’ordre personnel est susceptible d’apporter des explications sur le paradoxe du développement des fusions-acquisitions en dépit de leurs résultats mitigés. 1. La mesure de la performance 1.1. Les résultats issus de l’étude de performance opérationnelle à long terme 1.2. L’analyse des sources du résultat 2. Les caractéristiques des opérations de F&A 2.1. La méthode de paiement 2.2. La proximité des secteurs d’activité 2.3. La taille relative de la cible 2.4. Le niveau d’endettement et de liquidité pré-acquisition 2.5. Le caractère transfrontalier 2.6. La composition du conseil d’administration Autres documents qui pourraient vous intéresser !
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