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Le modèle du coopérativisme de plateforme, pourrait-il limiter les risques sociaux de l'économie collaborative ?

 
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• Type de document : Mémoire/PFE
• Nombre de pages : 109
• Format : .Pdf
• Taille du fichier : 969.73 KB
Extraits et sommaire de ce document
Depuis plus de trente ans, le néolibéralisme dominant a posé les « lois du marché » comme absolues et « le profit » comme seuls incitateurs efficaces de l’activité économique. Le résultat de ce capitalisme fut la création d’un environnement de concurrence permanente et exacerbée. Les évolutions du marché, la nécessité de constamment innover et la transparence grandissante des marchés (grâce aux nouvelles technologies de l'information et de la communication) ont ensuite ouvert la voie vers la création d’un nouveau modèle économique : l’économie collaborative, encore appelée l'Ubérisation.
Cette nouvelle économie, reposant sur une logique d’intermédiation numérique, vient bouleverser le modèle traditionnel et ne cesse de gagner de l'ampleur, s'étendant ainsi progressivement à tous les secteurs, de la consommation à la finance, en passant par la production et le transport, créant des raccourcis entre propriétaires et locataires, restaurants et livreurs à vélo, ménages et aide-ménagères, etc. Néanmoins, elle a ses limites et est sujette à des dérives, notamment en offrant des conditions de travail préoccupantes aux travailleurs utilisateurs de la plateforme.
En effet, cette « économie à la demande entraine un travail à la demande »2. Une inquiétude de plus en plus grande se fait ressentir car les travailleurs de cette économie sont soumis à un travail hyper-flexible qui ne leur garantit pas un revenu quotidien et qui exige qu’ils se mettent sous statut d’indépendant, ce qui leur donne une protection en matière de sécurité sociale plus faible que s’ils étaient embauchés en tant que salariés.
De plus, l’économie de plateforme s’inscrit dans un marché biface dans lequel les effets de réseaux sont prépondérants et dans lequel les structures ne sont pas stables tant que plusieurs offreurs sont en lice. Cependant, quand il n’en reste plus qu’un, les travailleurs n’ont pas d’autres choix que de travailler pour cette entreprise monopolistique, qui peut choisir à sa guise les conditions de travail car toute la concurrence a été évincée du marché. Le rapport de force entre l’employeur propriétaire de la plateforme collaborative et le travailleur est donc disproportionné et creuse progressivement des inégalités.
Par conséquent, ce sujet suscite de plus en plus l’intérêt et nécessite une réflexion quant aux solutions possibles pour protéger les droits des travailleurs au sein de ces nouveaux modèles d’entreprise. Le cadre juridique belge étant peu flexible, il pourrait être intéressant de se pencher plus en avant sur la réponse que pourraient offrir les plateformes coopératives visant à défendre les intérêts de ses membres et, par conséquent, à développer une activité plus humaine, plus solidaire et durable.
En effet, un nouveau champ d’action émerge depuis 10 à 15 ans et constitue une réelle opportunité: le modèle du coopérativisme de plateforme, la combinaison du mouvement peer-to-peer et du projet coopératif, un modèle qui fait le choix de la collaboration au lieu de la compétition et qui se situe clairement dans la volonté de mettre l'économie au service de l'homme et non du capital4.
Ces différents constats peuvent finalement donner lieu à une question de recherche : « Le modèle du coopérativisme de plateforme pourrait-il limiter les risques sociaux de l’économie collaborative? » Il s’agit d’approfondir l’éventuelle possibilité de créer une rencontre entre la forme organisationnelle de la société coopérative agréée par le Conseil National de la Coopération et les plateformes numériques que regroupe l’économie collaborative afin de mieux encadrer les travailleurs relevant de cette économie, souvent exposés à des conditions de travail médiocres.
En d’autres mots, la question est de savoir si les défaillances rencontrées en matière de droit du travail dont souffrent les travailleurs dans l’économie des plateformes peuvent être évitées grâce à la création de plateformes coopératives et si la réponse est positive, est-ce que les plateformes coopératives peuvent être une alternative profitable et viable ?
Dans la première partie de ce travail, nous commencerons par analyser théoriquement le modèle de l’économie collaborative, dans son acception la plus large ainsi que dans une acception plus restreinte, ce qui nous permettra de mettre en exergue les principales caractéristiques de l’économie collaborative d’une manière générale. Nous étudierons ensuite le contexte dans lequel l’économie collaborative est née, la place qu’elle occupe aujourd’hui sur le marché ainsi que, selon une approche juridique, les problèmes sociaux qu'elle soulève.
Dans la seconde partie de notre travail, nous nous pencherons sur le modèle coopératif. Pour débuter, la chronologie de la société coopérative du XIXè siècle à nos jours sera résumée dans une première section. Par la suite, nous explorerons la conception du modèle coopératif et les principes qui le définissent à l’échelle internationale et nationale. Nous finirons par tenter de déterminer, d’une manière générale, ce que sous-entend le concept de société coopérative.
Enfin, dans la troisième et dernière partie de notre étude, nous approfondirons la possibilité de créer une rencontre entre ces deux modèles, c’est-à-dire ce qu’on appelle le « coopérativisme de plateforme ». Afin d’atteindre cet objectif, nous interrogerons plusieurs experts en la matière afin d’avoir une vision plus empirique du sujet. Ces entretiens nous permettront de mettre en regard les ressemblances et les différences qui existent entre les 2 systèmes afin de tirer une conclusion sur la possibilité de les faire converger vers un modèle unique. Nous traiterons également des avantages que pourraient procurer le modèle coopératif à l’économie collaborative, ainsi que des inconvénients - ou plutôt des obstacles - que rencontrent les entrepreneurs intéressés de s’inscrire dans ce mouvement.
Enfin, nous tenterons d’apporter des éléments de réponse à plusieurs questions. Premièrement, dans une dimension économique : les conditions à remplir par la plateforme coopérative afin de pouvoir subsister durablement et économiquement. Et deuxièmement, dans une dimension juridique : la possibilité de mettre en place le modèle du salariat au sein d’une plateforme coopérative.
Nous terminerons par déterminer la mission qui incombe aux pouvoirs publics afin de promouvoir ce coopérativisme de plateforme et comment un intermédiaire tel que SMart peut contribuer à ce système. Nous pensons qu’une telle approche permettra de regarder le modèle coopératif dans un état d'esprit totalement différent : non plus comme une réponse à des enjeux du passé, mais comme une solution de l'avenir.

Titre 1 : L’économie collaborative
1.1. Conceptualisation
1.2. Les travailleurs au sein de l’économie collaborative
Titre 2 : Le modèle coopératif
2.1. Émergence et évolution
2.2. Définition du modèle coopératif
Titre 3 : Existe-il un match entre l’économie collaborative et le modèle coopératif ?
3.1. Le coopérativisme de plateforme
3.2. Discussion
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